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Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé

Si tout se passe comme prévu, nous pourrons faire état d’immunité collective vers le mois de juin

​Sa Majesté le Roi MohammedVI a procédé, le 28 janvier 2021, au lancement de la campagne nationale de vaccination contre le Sars Cov2, en recevant la première dose du vaccin anti-Covid-19. Depuis, en moins d’un mois, plus de 2,6 millions de personnes ont reçu la première dose du vaccin anti-Covid-19 et plus de 31.000 en ont reçu la deuxième. Cependant, diverses questions entourent la vaccination anti-Covid-19, notamment en lien avec l’apparition des nouvelles infections du variant britannique. A ce propos, le médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé,Tayeb Hamdi, répond, dans un entretien accordé à la MAP, aux principales interrogations concernant la campagne de vaccination, l’immunité collective ou encore l’efficacité du vaccin contre les nouveaux variants du virus.


Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé
Dans quelle mesure le Maroc est-il un modèle en matière de vaccination anti-Covid19 ?
Le lancement effectif de la campagne de vaccination a été donné le 28 janvier 2021 par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui a reçu la première dose du vaccin contre la Covid-19. Ce démarrage en janvier constitue à lui seul un exploit. Ce n’est pas le fruit du hasard, mais d’une stratégie réfléchie, programmée, étudiée et anticipée. En effet, le Maroc et le laboratoire chinois CNBG ont conclu, en août 2020 à Rabat, deux accords de coopération en matière d’essais cliniques du vaccin anti-Covid-19. De même, le ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb, a procédé, en septembre à Rabat, à la signature d’un mémorandum d’entente pour l’acquisition de vaccins anti-Covid-19 produits par la Société “R-Pharm”, sous licence du groupe “AstraZeneca”

Moins d’un mois après le lancement de la campagne de vaccination, le Maroc est passé par différentes catégories de la population. Il n’a cessé d’élargir la cible de sa campagne en passant des “frontliners” et des personnes âgées de plus de 75 ans, aux personnes âgées de plus de 65 ans et, plus récemment, aux personnes âgées entre 60 et 64, ainsi que celles atteintes de maladies chroniques sans limite d’âge. Au vu de ces réalisations en un temps record, le Maroc est indiscutablement un modèle en la matière.

L’immunité collective en mai, est-elle réalisable selonvous?
Au vu de sa campagne réussie, le Maroc est sur la bonne voie pour lutter efficacement contre la propagation de la Covid-19. D’autant plus que le peuple marocain a dûment adhéré à cette campagne nationale d’envergure. Il est prévu que la campagne de vaccination dure entre 3 et 4 mois. Ainsi, si tout se passe comme prévu, nous pourrons faire état d’immunité collective vers le mois de juin. A ce moment seulement, nous pourrons lever les restrictions territoriales et reprendre une vie quasi-normale. Par ailleurs, même si nous atteignons cette immunité collective, il est nécessaire de garder un œil sur l’évolution épidémiologique du virus, d’autant plus que le Maroc a des relations avec d’autres pays.

Les personnes vaccinées (2ème dose), sont-elles complètement à l’abri d’une éventuelle infection à la Covid-19 ?
A la première dose, la personne acquiert déjà une immunité. La deuxième injection, quant à elle, assure l’immunité prouvée lors des essais cliniques. Cependant, un faible taux de risque de contamination demeure possible, au vu du taux d’efficacité du vaccin. Même les personnes dont l’immunité n’a pas été acquise à 100% après la vaccination seront, en cas de contamination, atteintes de forme légère, voire bégnine de la Covid-19.

Est-ce que la vaccination protège des nouveaux variants enregistrés dernièrement au niveau national?
A ce jour, le seul variant présent sur le territoire national est celui britannique. Il y en a, cependant, plusieurs à travers le monde. En effet, les vaccins Sinopharm et Astrazeneca sont efficaces contre le variant britannique, ce qui signifie que les personnes vaccinées au Maroc sont protégées contre la souche classique ainsi que contre le variant britannique. Il convient de noter que les mutations du variant britannique au niveau de la protéine Spik n’ont pas touché l’immunité, contrairement aux variants sud-africain et brésilien qui posent problème pour l’immunité. Les vaccins disponibles ne sont, donc, pas tout aussi efficaces contre les variants brésilien et sud-africain, mais demeurent efficaces contre les formes légères.

Libé
Jeudi 25 Février 2021

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