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Tahar Rahim et Stacy Martin, les atouts d'un bon film noir

"Joueurs", premier long métrage de Marie Monge




Marie Monge était à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes cette année avec "Joueurs", son premier long métrage, qui bénéficie de la présence de Tahar Rahim ("Réparer les vivants", "Un prophète") et de Stacy Martin ("Le Redoutable", "Tout l’argent du monde"). Nos confrères de CultureBox ont eu l’occasion de voir le film et mettre la lumière sur cette histoire d’amour dans le milieu des cercles de jeu privés : mouvementé.
Comme le sport, le jeu est un sujet récurrent au cinéma ("La Baie des anges", "Le Kid de Cincinnati", "L’Arnaque"…). C’est en fréquentant les cercles de jeu que Marie Monge s’est passionnée pour son sujet. Elle y a découvert la diversité des personnes qui s’y retrouvent, cosmopolites, toutes classes confondues, comme des papillons de nuit attirés par la table de jeu, alors que la ville dort. Avec une bonne intrigue, des personnages intriguants et de bons acteurs : toutes les cartes sont réunies pour un bon film noir, la french touch en plus.
Ella (Stacy Martin) prend à l’essai dans sa brasserie Abel (Tahar Rahim), très sûr de lui, et succombe à son charme. Abel semble avoir un secret. Jouant de ses atouts, il arnaque la jeune femme et s’enfuit avant d’être rattrapé. Il l’introduit alors dans le monde nocturne du jeu auquel elle accroche très vite, tout comme à lui, jusqu’à mettre sa vie en jeu…
Marie Monge réussit en tout point à dépeindre l’univers du jeu prohibé, en ouvrant les portes de cet univers fermé, interlope, voire dangereux. Si elle y parvient si bien, c’est grâce à ses personnages parfaitement campés par un couple d’acteurs totalement identifiés à leur rôle. Tahar Rahim joue à merveille de son assurance doublée de fragilité, pendant que Stacy Martin est toute en sensualité et en candeur, comme hypnotisée par cet amant qui pourrait se jouer d’elle, mais être aussi sa porte de sortie d’un monde sclérosant.
Abel est addict au jeu, et Ella à Abdel. Cette fascination à tiroirs révèle une autodestruction des deux amants pris dans une fuite en avant, dont les proches pourraient aussi faire les frais. Mais quelle importance ? Abel mène le jeu et sa vie comme un jeu. Entre ses mains, l’amour est aussi un jeu et l’on ne saura jamais vraiment la teneur de ses sentiments. Mensonge et manipulation sont ses armes, comme elles peuvent l’être dans le cercle. Ce qui compte, c’est la charge d’adrénaline. Marie Monge, au scénario et derrière la caméra, a toutes les cartes en main d’une partie subtile, à la fois psychologique et pleine de suspense. Une  réussite prometteuse.

Mercredi 25 Juillet 2018

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