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Suspension par le Maroc des vols en provenance et à destination de laTurquie, de la Suisse, de l'Allemagne et des Pays-Bas pour 15 jours

Elargissement de la campagne de vaccination aux personnes atteintes de maladies chroniques



L'approvisionnement en vaccins d’AstraZeneca prendra probablement plus de temps que prévu

La suspension par le Maroc des vols en provenance et à destination de la Turquie, mais aussi de la Suisse, de l’Allemagne et des Pays-Bas pour 15 jours, à partir d’hier, dans le cadre de la lutte contre la propagation de la pandémie de Covid-19, prend des allures de rappel à l’ordre. En clair, il ne faut pas trop s’emballer, on n'est pas encore sorti d'affaire. Au vrai, le sentiment que le pire est désormais à conjuguer au passé est somme toute normal. D’autant que les motifs de satisfaction sont légion. D’abord, la campagne de vaccination suit son cours à l’image du lit d’un long fleuve tranquille. Si l’on compte les 100.000 personnes ayant reçu la première dose du vaccin et les 10.200 qui ont reçu leur deuxième dose, avant-hier, au total, ce sont 2,55 millions de citoyennes et citoyens qui ont eu droit à la 1ère dose, parmi lesquels 23.600 ont reçu deux doses du vaccin acquis auprès de CNBG Sinopharm. Ensuite, la campagne est sur d’aussi bons rails que les autorités sanitaires ont décidé d’y inclure de nouvelles catégories. Ainsi, après les frontliner et les personnes âgées de plus de 65 ans, c’est désormais autour des hommes et des femmes âgées de 60 à 64 ans de s’inscrire sur le site liqahcorona.ma ou d'appeler le 1717 pour prendre rendez-vous. Idem pour les personnes porteuses de maladies chroniques, maladies malignes comprises. Mais cette dernière catégorie devra être couverte par la CNOPS, la CNSS ou le RAMED. Sans cela, il va falloir patienter. Ces deux nouvelles catégories concernent, pour les personnes âgées de plus de 60 ans, plus de 8,1% de la population marocaine, si l’on en croit le dernier recensement général de la population et de l'habitat (2004). Pour ce qui est des maladies chroniques, les plus fréquentes au Maroc sont : les maladies cardiovasculaires, le diabète, les cancers et les affections respiratoires chroniques, des troubles psychologiques et psychiatriques. Le diabète rythme par exemple le quotidien de 4,8% de la population marocaine selon la dernière enquête nationale sur la population et la santé familiale (2018). Mais pour l’Organisation mondiale de la santé, ce pourcentage est trois fois plus élevé. En effet, selon les estimations de l'OMS, le taux de prévalence du diabète dans la population adulte est de 12,4%. Autrement dit, il est légitime de leur accorder la priorité au même titre que toute personne atteinte de maladies chroniques, à l’instar des Marocains atteints d'hypertension artérielle. Une maladie dont la prévalence a été estimée, en 2018, à 6,8% attestant une augmentation de 1,4 point par rapport à l’enquête de 2011 qui l’estimait à 5,4%. Vous l’aurez remarqué, jusqu’ici, tout va bien dans le meilleur des mondes. Mais faut-il pour autant se reposer sur ses lauriers ? Certainement pas. Pourtant, c’est bien le cas. En plus d’un relâchement de la population qui a tombé les masques, les autorités sanitaires ont elles aussi desserré leur étau et ne peuvent même plus affirmer avec certitude si la situation sanitaire est maîtrisée ou pas. En cause, un nombre de tests quotidiens plus que dérisoire. Pour preuve, les 4.890 tests réalisés entre dimanche et lundi. De prime abord, tester peut paraître moins important que de piquer. Mais en cas de difficulté en termes d’approvisionnement, le retour de bâton pourrait être douloureux avec une épidémie qui repart de plus belle. Pour l’instant, on n’en est pas encore là, mais l’hypothèse d’un souci d’approvisionnement prend petit à petit forme. En plus de CNBG Sinopharm qui livre au compte-goutte, avec notamment deux livraisons de 500.000 doses espacées de plusieurs semaines, c’est maintenant le producteur du vaccin d’AstraZeneca qui met une sérieuse épine dans le pied des autorités sanitaires. « Je vous demande humblement de bien vouloir être patient. L’Institut a été chargé de donner la priorité aux besoins énormes de l’Inde, tout en assurant les besoins du reste du monde. Nous faisons de notre mieux», a écrit dans un tweet Adar Poonawalla, le directeur général de SII qui fabrique le vaccin Covid-19 de l’Université d’Oxford/AstraZeneca. Une situation loin d'être anecdotique, car le SII fabrique l’un des deux vaccins que l’Inde utilise également. Lancée le 16 janvier dernier, la campagne de vaccination en Inde cible 300 millions de personnes. Aujourd’hui, seuls 11 millions d’Indiens ont été vaccinés. Un retard qui, de toute évidence, risque d’avoir un impact sur la campagne de vaccination au Maroc. 

Chady Chaabi
Mardi 23 Février 2021

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