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Sur les hauteurs de Béni Mellal, une forêt de pins en proie à un incendie



En cette période de forte chaleur, le risque des feux de forêt est omniprésent. Il suffit d’une petite étincelle, volontaire ou accidentelle, pour déclencher une immense tragédie écologique. En témoigne la ville de Béni Mellal, où ces dernières années, les feux de forêt se multiplient comme jamais. Jeudi dernier, en fin d’après-midi, il faisait chaud (34 degrés), l’air était sec, quasiment irrespirable. Aux alentours de 17h, des flammes se sont élevées de la forêt de pins qui recouvre le versant nord de la montagne surplombant le quartier d’Ourir, à quelques encablures de la Kasbah Bel Koush.

Salutaire, l’intervention des pompiers a évité le pire à cette magnifique forêt. Un véritable joyau environnemental. Selon nos informations, l’incendie était volontaire. Un pyromane en serait à l’origine. L’épisode en rappelle tant d’autres dans l’histoire de la cité aux oliviers. Il y a sans aucun doute un pyromane incendiaire qui sévit dans la ville.

En partant du principe que la pyromanie est l’action de provoquer des feux et incendies de façon répétitive, sans motif criminel ou recherche de gain ou de récompense, le profil de la forêt visée colle assez bien avec cette définition. Et pour cause, la même zone a été incendiée volontairement et à répétition, sans qu’elle possède un quelconque potentiel économique. En tout cas, une chose est sûre, sans prévention, les incendies de forêts risquent de se multiplier à l’avenir, même si la tendance actuelle est à la baisse.

D’après le Haut-commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification (HCEFLCD), en 2018, la superficie moyenne brûlée a diminué de 13% (3.372 à 2.928 ha/an) et que la superficie moyenne consumée par le feu a, à son tour, baissé de 31% (8 à 5,5 ha/incendie).

Pourtant, un groupe de chercheurs marocains tirent la sonnette d’alarme. Ils ont indiqué par le biais d’un article intitulé «Cartographie du risque d’incendies de forêt dans la région de Chefchaouen-Ouezzane (Maroc)» qu’au cours des 50 dernières années (1960-2009), près de 12.912 incendies ont endommagé 149.292 ha de forêts, soit une moyenne de 2.986 ha par an, avec un maximum en 1983 (11.289 ha) et un minimum en 2002 (593 ha). Cette superficie moyenne annuelle représente 0,05 % de la surface totale boisée du pays.

Bilan : le nombre des incendies et les superficies incendiées en forêts marocaines sont jugés relativement élevés, en comparaison avec le taux de boisement très faible du pays, à l’aridité du climat et aux contraintes rendant extrêmement difficile la reconstitution des espaces boisés (reboisement, régénération).

A en croire certains chiffres du HCEFLCD, le couvert forestier national ne dépasse pas les 9 millions d’hectares, soit 12,7 % du territoire national et que le taux de reboisement reste limité à 8%, alors que le seuil nécessaire à l’équilibre écologique et environnemental est compris entre 15% et 20%. Et si l’on ajoute à cela le faible impact de la stratégie nationale pour la préservation, le développement des écosystèmes forestiers et la lutte contre la désertification, visant à atteindre les 60.000 hectares annuellement qui semble progresser à faible cadence, il est évident que nos forêts se meurent sans pour autant que les incendies soient volontaires.

C.C

Comment éviter le déclenchement des feux de forêt
Ne surtout pas fumer en forêt, dans les bois, ni à proximité. Et surtout ne pas jeter vos mégots par la vitre de la voiture. S’agissant des barbecues, il est recommandé de tout simplement les éviter, quand bien même vous pensez être à distance raisonnable de la forêt. En sus, il convient de souligner l’importance de respecter les interdictions d’accès dans certains massifs boisés en période de risques comme le vent et la sécheresse.

L’ attitude à avoir en cas d’incendie
Si vous êtes témoin d’un départ de feu, il faut éviter de paniquer et appeler les pompiers. D’une part, si possible, essayer d’éteindre le feu naissant avec de la terre, du sable ou de l’eau. Par contre, attention, battre le feu avec des branchages peut conduire à sa propagation. D’autre part, fuyez dos au feu à la recherche d’un abri tels un rocher, une butte de terre ou un mur, tout en respirant à travers un tissu mouillé. Pour les gens qui pourraient être surpris par un front de flamme alors qu’ils sont en voiture, ne sortez pas du véhicule. Concernant les personnes qui sont domiciliées en forêt, en cas de déclenchement du feu, n’oubliez pas que votre habitation reste votre meilleure protection. Il faudra juste penser à fermer les bouteilles de gaz, ainsi que les volets après les avoir arrosés.

Libé
Dimanche 30 Mai 2021

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