Libération



Facebook
Rss
Twitter






Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Stockage de provisions, sorties limitées, les New-Yorkais s'adaptent au coronavirus




Stockage de provisions, sorties limitées, les New-Yorkais s'adaptent au coronavirus
Ils font des réserves au supermarché, se mettent à faire la cuisine au lieu de sortir et s'interrogent sur les habitudes auxquelles il faut renoncer: les New-Yorkais commençaient samedi à s'adapter aux bouleversements de la vie quotidienne précipités par le coronavirus.
Le nombre de cas recensés dans la première ville américaine, a, comme anticipé par les autorités, fortement augmenté ces derniers jours: il dépasse désormais les 200, selon le gouverneur Andrew Cuomo, et devrait franchir les 1.000 la semaine prochaine.
Pour ceux qui n'avaient pas encore eu le temps d'aller au supermarché, la journée ensoleillée de samedi était l'occasion de faire des réserves --nourriture, papier toilette, produits désinfectants-- alors que de nombreux supermarchés ont été pris d'assaut dès jeudi.
"Je fais ce métier depuis 40 ans et je n'avais jamais vu ça: pendant l'ouragan Sandy je n'avais pas vu ça, lors (des attentats) du 11 septembre 2001 non plus", déclare à l'AFP Larry Grossman, directeur d'un supermarché du sud de Manhattan, en remplissant les étagères dévalisées de son magasin, avec ses 85 employés dont il a allongé les horaires.
Nnenna Doyle et son mari Mark, 34 et 36 ans, qui télétravaillent depuis jeudi, se sont rendus dès l'ouverture au populaire Trader Joe's.
"On a acheté beaucoup de produits de base --et aussi beaucoup de bière", disent-ils en riant.
Ce couple d'origine irlandaise avait prévu de fêter la Saint-Patrick, la grande fête des Irlandais, dans un pub samedi soir. Mais comme beaucoup de New-Yorkais, même si les restaurants et bars restent ouverts, ils préfèrent éviter de sortir et ont organisé une soirée chez eux.
Ils avaient invité 17 personnes, "huit se sont décommandées", préférant s'isoler chez elles de peur d'avoir été au contact de personnes infectées, dit Nnenna.
Cette jeune cheffe de produits essaiera de saluer son entourage "en se tapant les coudes", même si elle dit être "une habituée des accolades".
Patricia Jamele, 60 ans, et son partenaire James, ont eux aussi profité du soleil pour se promener mais sont partagés: "L'un de nous pense qu'on devrait éviter complètement de sortir, l'autre est pour qu'on se balade", dit cette femme de ménage qui n'a aucune possibilité de télétravail. "Il y a une grande anxiété... on ne sait pas si elle est justifiée ou déplacée", dit-elle.
Un peu plus loin, sur la grande place de Union Square, à Greenwich Village, le marché à l'air libre du samedi bat son plein. Plusieurs vendeurs disent avoir davantage de clients que d'habitude.
A la mi-journée, "on était déjà à court de plusieurs produits alors que, d'habitude, on remballe en fin de journée," explique un fermier venu du nord de l'Etat de New York, connu localement sous le nom de Paul de Violet Hill.
"Les gens restent chez eux. De ce que je vois les restaurants sont vides donc ils restent chez eux et font la cuisine", ajoute-t-il. "Et un marché en plein air est probablement un des endroits les plus sûrs où acheter de la nourriture".
Bien que sa ferme soit dans un hameau isolé de l'Etat de New York, il n'a pas d'appréhension à venir en ville même s'il pense que les autorités qui, à New York, ont maintenu écoles publiques et métro ouverts, feraient mieux de "tout fermer".
"Je le vois avec les animaux", dit cet éleveur, "quand l'un des animaux est malade, si vous ne l'isolez pas immédiatement, ça se propage comme un feu de forêt".

Pour combattre le blues du virus, des lycéens américains chantent

Isolés ou désoeuvrés en raison de la fermetures des écoles aux Etats-Unis pour cause de coronavirus, des centaines de lycéens combattent la déprime en chantant sur internet.
La fermeture des écoles signifie en effet l'annulation des nombreux spectacles de fin d'année prévus par les lycées. Alors leurs participants postent sur Twitter des clips d'eux-mêmes ou bien des vidéos de répétitions.
Ils reprennent souvent les airs les plus connus des grandes comédies musicales qu'on ne peut plus entendre non plus dans les théâtres de Broadway, eux aussi fermés.
C'est l'actrice de Broadway Laura Benanti qui a lancé l'opération sur Twitter, demandant à ceux qui la suivent de "trouver des bons côtés" à la crise en cours.
"Si vous deviez participer à une comédie musicale avec votre lycée et que le spectacle a été annulé, alors postez une vidéo de vous-même en train de chanter", a-t-elle lancé.
Des centaines de lycéens ont répondu à l'appel, se postant sur #SunshineSongs chantant des extraits des grandes comédies musicales, comme "Phantom of the Opera" ou "Les Miserables".
"Notre classe a passé l'année à TOUT préparer pour ce spectacle", explique une lycéenne de terminale dont l'école a dû renoncer à la représentation du "Livre de la jungle". "Merci de cette chance de partager ceci", ajoute-t-elle.
En Italie ces derniers jours, pour rompre l'isolement, des milliers de gens se sont mis à chanter ou jouer de la musique à leur fenêtre ou sur leur balcon, quelques heures après avoir adressé une minute d'applaudissements aux personnels soignants.
L'épidémie de coronavirus s'est répandue plus rapidement ces derniers jours aux Etats-Unis, qui comptent actuellement près de 3.000 cas et 57 morts, selon les statistiques de l'Université Johns-Hopkins.

Lundi 16 Mars 2020

Lu 153 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Dans la même rubrique :
< >

Vendredi 23 Octobre 2020 - 19:28 Le Pays de Galles reconfiné