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Stephen Orr, nouveau président de la Britcham : Le Brexit constitue une réelle opportunité pour renforcer les liens économiques maroco-britanniques




Stephen Orr, nouveau président de la Britcham : Le Brexit constitue une réelle opportunité pour  renforcer les liens économiques maroco-britanniques
L'ancien vice-président 
et directeur général 
de Bombardier Maroc, Stephen Orr, élu 
récemment nouveau 
président de la Chambre de commerce britannique pour le Maroc (BritCham) a accordé une interview 
à la MAP sur les liens économiques 
maroco-britanniques 
et les opportunités 
que présente le Brexit. 
En voici la teneur:


Quelle est votre vision pour le Maroc ? 
Tout d'abord, je tiens à faire part de ma satisfaction de cette nouvelle nomination à la tête de la Britcham, parce que j'aime vraiment le Maroc, sa culture et ses gens. Ça fait six ans que je vis ici et les Marocains sont un peuple chaleureux et généreux, à la fois travailleur et très fier de son Histoire.
Le Maroc est un pays stable politiquement, économiquement et financièrement. Durant ces quinze dernières années, l'économie marocaine a changé de visage. L'automobile, l’aéronautique, le tourisme et l’agro-alimentaire sont devenus des moteurs de croissance. Il est loin le temps où les phosphates arrivaient largement en tête des exportations marocaines.
Le Royaume a réalisé une croissance économique moyenne d'environ 4% par an au cours des cinq dernières années et le pays est régulièrement dans le Top 3 des pays africains attirant le plus d'investissements directs étrangers (IDE).
Des politiques fiscales très attrayantes ont été mises en place, notamment dans l’industrie. De plus, le climat des affaires s'améliore très significativement. Le Maroc est aujourd'hui classé 60ème au classement Doing Business et il a pour ambition de rejoindre le Top 50 d'ici 2021.
Le Royaume-Uni est aujourd'hui le 7ème partenaire commercial du Maroc et le 11ème fournisseur. Nous sommes le 5ème partenaire commercial européen après la France, l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne avec près de 2,47 milliards de dollars par an.

Quelle est votre lecture de l'essor des relations bilatérales durant le post-Brexit ? Dans quelle mesure cette sortie de l'Union européenne (UE) peut-elle constituer une réelle opportunité pour les deux Royaumes ? 
Le Brexit constitue un tournant dans les relations entre le Maroc et le Royaume-Uni. Il constitue une réelle opportunité pour renforcer les liens économiques maroco-britanniques.
Après la sortie définitive du Royaume-Uni de l’UE, les avantages fiscaux et tarifaires prévus par les dispositions douanières de l'accord d'association entre le Maroc et l'UE ont scellé leur continuité dans le temps, preuve d'une grande implication entre les deux Royaumes. 
Rabat et Londres pourraient même envisager une zone de libre-échange commune, d'autant que le Maroc est une porte sur l'Afrique. Rappelons que le Royaume a réintégré en 2017 l'Union africaine. Rabat et Londres ont un destin en commun.
Pour les entreprises britanniques désireuses de s'implanter en Afrique ou de gagner en compétitivité, je n'ai qu'un message: Le Maroc dispose de sérieux atouts et souhaite réellement impliquer les entreprises britanniques dans certains de ses projets africains, en particulier dans les secteurs de l'énergie et de la finance où il bénéficie d'un haut niveau d'expertise.

Quels sont les principaux secteurs pouvant être porteurs de futurs partenariats entre les deux pays ?  
Le Maroc, dans son histoire récente, a franchi plusieurs étapes dans son évolution économique. Il y a eu des secteurs qui, les uns après les autres, à des moments donnés, ont connu des développements majeurs.
Ces secteurs porteurs font partie de la stratégie mise en place par le ministre Moulay Hafid Elalamy. Il s'agit des écosystèmes dits porteurs. Je peux citer notamment l'agriculture qui a connu ses "grands travaux" comme "le million d'hectares", qui a précédé le Plan Maroc Vert.
Enfin, l'industrie avec la stratégie Emergence et ses différentes déclinaisons sectorielles dont l'aéronautique. Je peux également citer le secteur financier,  celui de la santé ou encore celui du tourisme.
Tout cela pour dire que nous resterons parfaitement alignés avec la stratégie nationale et nous chercherons à nouer des partenariats prioritairement pour ces écosystèmes identifiés comme productifs et accélérateurs de l’économie marocaine.

Aujourd'hui, avec le contexte de la pandémie de Covid-19, les pays sont en train de repenser et de mettre en place une véritable stratégie de relocalisation ou d'opter pour une proximité régionale. Que pensez-vous de l’ambition marocaine de devenir le prochain hub industriel régional ? 
Le Maroc a fait le choix du développement par l'industrialisation et s'est lancé dans un vaste plan de développement de métiers mondiaux dont l'automobile et l'aéronautique. L'industrie marocaine représentait environ 15% du PIB en 2000. Elle représente aujourd'hui près de 30% du PIB. 
Parmi les plus grands succès : les implantations de Renault et Bombardier.
En ce moment, PSA et le géant chinois de la voiture électrique BYD construisent leurs usines. L'implantation d'un constructeur britannique est même évoquée au Maroc. Il y a d'immenses opportunités dans ces secteurs où l'Etat accompagne les investisseurs.
Fin mars 2019, une enveloppe budgétaire de trois milliards de livres sterling a été allouée par les autorités britanniques pour soutenir les entreprises désirant exporter leurs produits ou s'installer au Maroc. 

Mercredi 24 Juin 2020

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