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Sprint final vers le vaccin salvateur

Le ministère de la Santé met en évidence la gravité de la situation et annonce l'avènement avant fin 2020 de l'antidote miracle


Le ministre de la Santé a enfin daigné se rendre à l’évidence. Après s’être longtemps voilé la face en expliquant que la situation sanitaire dans le pays était maîtrisée, Khalid Ait Taleb a avoué qu’en fin de compte, elle ne l’était pas autant. Pis « la situation sanitaire est très préoccupante », a t-il annoncé lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants. En même temps, ce n’est clairement pas le scoop du siècle. On est plutôt dans la catégorie « Doux euphémisme ». Plantons le décor. Depuis des semaines, tout s’accélère à un rythme affolant, que ce soient les nouveaux cas recensés quotidiennement qui dépassent largement la barre des 3000, les cas en réanimation qui sont de l’ordre de 764 dont 56 sont sous intubation et 479 sous ventilation non invasive, ou encore le nombre de décès qui a malheureusement atteint les 3.373 disparitions. En somme, si la situation est préoccupante, ce constat ne date pas d’hier quand bien même Khalid Ait Taleb tente tant bien que mal de relativiser en expliquant que « la situation épidémiologique n’a pas atteint le stade de l’épuisement des efforts consentis sans relâche par toutes les équipes, en particulier celles de la santé et de la sécurité », il n’en reste pas moins que l’heure est grave. Avec 199.745 cas depuis mars dernier, le Maroc est passé de la 65ème à la 32ème place en nombre de cas recensés à l’échelle mondiale. Pour le ministre de tutelle, cette dégringolade est due « à l’émergence de nombreux foyers à caractère professionnel ou familial, dont le nombre total a atteint au 25 octobre 1.192 foyers actifs». Les conséquences ne se sont donc pas trop fait attendre et notamment avec une augmentation « spectaculaire des nouveaux cas, dépassant dix fois ce qui a été enregistré au cours des premières semaines et premiers mois de la pandémie », a expliqué le ministre de la Santé. La région Casablanca-Settat en est la parfaite illustration où le seuil de 1000 morts y a malheureusement été franchi. L’ensemble de ces données ne font plus de doute. Il faut tirer la sonnette d’alarme. Et il ne faut surtout pas compter sur l’énième prolongation de l’état d’urgence sanitaire pour cela. Une mesure inefficace, dans la lignée de toutes celles qui ont été prises au moment du déconfinement. Et pour cause, quelques semaines après que la vie a repris son cours dans le pays, les lits de réanimation n’en finissent plus d’accueillir de nouveaux patients. D’ailleurs, une fois n’est pas coutume, le ministère de la Santé ne s’y trompe pas : «Le taux d’occupation des lits dans les services de réanimation et des soins intensifs est passé de 5% au début de la pandémie à 31,3% aujourd’hui, suite au déconfinement». Puis d’en préciser la source comme pour se délester de quelconque responsabilité : « Le non-respect par quelques entreprises des mesures de précaution et le laisseraller d’un certain nombre de citoyens indisciplinés». Pourtant, le ministère de la Santé n’est pas exempt de tout reproche. Outre une gestion, par moments, catastrophique de la situation, il n’a pas su protéger ses employés dont plusieurs ont été contaminés par le Sars-Cov2, en plus du suivi des cas contacts qui laisse à désirer. A la lumière de ses éléments, la découverte d’un vaccin revêt un intérêt capital. Dans ce sens, le ministre de la Santé a confié que «des contacts intensifs et permanents sont menés pour obtenir un vaccin efficace ». Et plus important encore, le remède miracle serait prévu avant la fin de l’année. «Toutes les données disponibles confirment qu’il est prometteur après avoir atteint le dernier stade de développement», a annoncé Khalid Ait Taleb. Mais restons mesurés. Car, encore faut-il le rappeler, ce même ministre se réjouissait d’avoir totalement maîtrisé l’épidémie il y a quelques mois. En tout cas, la course au vaccin fait rage aux quatre coins du monde. La société pharmaceutique Pfizer et la société de biotechnologies Moderna ont annoncé qu’elles pourraient être prêtes pour la fin du mois de novembre 2020. De son côté, l’Organisation mondiale de la santé a du mal à cacher son optimisme. Selon l’OMS, 40 vaccins candidats sont recensés à travers le monde. Une dizaine est entrée en phase 3 pour mesurer son efficacité à grande échelle. Le vaccin du laboratoire chinois « Sinopharm » en fait partie. Enfin une bonne nouvelle : Le Maroc participe aux essais cliniques et les premiers retours font état de réponses immunitaires robustes. 

Chady Chaabi
Mardi 27 Octobre 2020

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