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Grimés comme le protagoniste du film "Joker", personnage qui a le sentiment d'être marginalisé et jamais pris au sérieux, ou masqués comme celui de V de Vendetta, des milliers de citoyens ont dénoncé des maux communs à Bagdad, Beyrouth ou La Paz, faisant chuter cinq chefs d'Etat ou de gouvernement.
Ils ont mené "une révolution contre le +tina+", cet acronyme pour "There is no alternative", martelé par l'ancienne Première ministre néo-libérale britannique Margaret Thatcher, estime Karim Bitar, directeur de l'Institut des sciences politiques à l'université Saint-Joseph de Beyrouth.
"La société ne supporte plus de payer, payer. Ils ont pressé le citron et ça devait finir par s'effondrer", lançait Marcela Paz, une professeure de 51 ans, interrogée lors d'une manifestation d'un million de personnes au Chili fin octobre.
Ces rébellions ont en commun de se bâtir dans l'"horizontalité", "sans leader, sans organisation ni structuration dans un premier temps", observe Olivier Fillieule, spécialiste des mouvements sociaux à l'Institut d'études politiques de Lausanne (Suisse).
Le boutefeu peut être relativement abstrait, comme une loi sur les extraditions à Hong Kong, ou terre à terre comme la hausse du ticket de métro à Santiago du Chili, et une nouvelle taxe sur WhatsApp au Liban, mais partout, l'étincelle déclenche des déflagrations en cascade.










