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Sept morts dont un journaliste dans un attentat au Yémen

Un ex-général danois choisi pour remplacer le chef des observateurs de l'ONU



Sept civils yéménites, dont un journaliste, ont été tués et 20 blessés dans un attentat à la bombe dans la localité de Mokha dans le sud-ouest du Yémen, a annoncé mardi un responsable des forces progouvernementales.
L'explosion d'un engin placé sur une moto, apparemment commandée à distance, s'est produite lundi soir sur un marché d'un quartier animé de Mokha qui abrite des camps militaires de la coalition sous commandement saoudien qui aide le pouvoir yéménite dans sa guerre contre les rebelles Houthis soutenus par l'Iran.
Mokha a été reprise aux Houthis en juillet 2017 et sert de base de lancement aux opérations des forces progouvernementales vers le nord, en particulier la ville portuaire de Hodeida.
Le bilan de sept morts dans l'attentat qui n'a pas été revendiqué, a été confirmé de source médicale. Celui de 20 blessés a été cité par le ministre yéménite de l'Information Mouammar al-Iryani sur l'agence gouvernementale Saba.
Parmi les morts figure un vidéaste d'Abou Dhabi TV, Ziad Al-Sharabi, et, parmi les blessés, un autre journaliste de cette chaîne, Faisal Al-Zabhani, a précisé M. Iryani.
La guerre au Yémen oppose depuis quatre ans les Houthis, maîtres d'une partie du pays, dont la capitale Sanaa, à des forces progouvernementales aidées par la coalition qui peinent à reprendre le dessus sur leurs adversaires.
Le conflit a provoqué la pire crise humanitaire au monde, selon l'ONU.
Par ailleurs, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a choisi un ex-officier danois, Michael Lollesgaard, pour remplacer, un mois seulement après son arrivée, le chef des observateurs onusiens au Yémen, l'ex-général néerlandais Patrick Cammaert.
Selon des diplomates, les relations de Patrick Cammaert étaient tendues avec les rebelles houthis et l'émissaire de l'ONU, le Britannique Martin Griffiths.

Michael Lollesgaard a été proposé lundi aux 15 membres du Conseil de sécurité, qui ont 48 heures pour accepter ou refuser cette nomination, ont indiqué à l'AFP deux sources diplomatiques, s'exprimant sous couvert d'anonymat.
Dans un entretien publié lundi par le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat, Martin Griffiths avait confirmé que Patrick Cammaert, qui dirige une équipe d'observateurs chargés de superviser la trêve à Hodeida (ouest), allait être remplacé incessamment.
"Le plan du général Cammaert était de rester assez peu de temps au Yémen pour préparer le terrain à l'établissement de la mission de Hodeida", a-t-il assuré, écartant toute autre raison de départ.
Selon des sources diplomatiques cependant, les relations avec Martin Griffiths n'étaient pas bonnes. A sa décharge, l'ex-officier s'est retrouvé à devoir superviser une trêve (cessez-le-feu, retrait de combattants) dont tous les paramètres n'avaient pas été détaillés lors des négociations qui se sont tenues début décembre en Suède, note l'une de ces sources. Il a de ce fait eu un comportement ayant créé des inimitiés, selon la même source.
Dans son entretien avec Asharq Al-Awsat, l'émissaire de l'ONU au Yémen a annoncé que la mise en œuvre de l'accord de trêve à Hodeida et d'un autre accord sur un vaste échange de prisonniers avait été repoussée en raison de difficultés sur le terrain.
Ce changement est dû au fait que "les échéances (fixées pour l'application de ces accords) étaient ambitieuses" alors que la situation était "complexe sur le terrain", a-t-il expliqué.
Peu de temps après son arrivée au Yémen, Patrick Cammaert avait été contesté par les Houthis, dont certains lui avaient reproché d'avoir son propre agenda. L'ONU avait démenti, assurant que le seul agenda était d'améliorer la vie des Yéménites.
L'incident le plus sérieux est survenu le 17 janvier lorsque son convoi a été la cible de tirs d'armes légères, sans faire de blessés, à la sortie d'une réunion avec le gouvernement yéménite. L'ONU a indiqué ne pas savoir qui était à l'origine des tirs.
Vieux routier des missions de l'ONU (Erythrée, Ethiopie, République démocratique du Congo, Cambodge, Bosnie...), Patrick Cammaert dirigeait depuis le 23 décembre les éléments précurseurs de la mission d'observation de l'ONU, récemment confirmée par une résolution du Conseil de sécurité, et qui doit comprendre une fois au complet 75 observateurs civils.
Leur mission est de surveiller la trêve à Hodeida et dans les ports de Salif et Ras Issa, situés dans la même province, pour une durée initiale de six mois. Ils doivent aussi s'assurer d'un retrait des combattants de ces lieux.
Le général Michael Lollesgaard a commandé la Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) entre 2015 et 2016, où selon la presse spécialisée danoise il était connu comme "le général humanitaire", avant de devenir le représentant militaire du Danemark à l'Otan et l'Union européenne.
Né en Fionie (centre) en 1960, il a commencé sa carrière en 1984 et a notamment été conseiller militaire de son pays auprès de l'ONU à New York et servi dans des missions de maintien de la paix en Irak et en Bosnie-Herzégovine.
Le général Lollesgaard a aussi dirigé le centre multinational de formation aux opérations de soutien de la paix en Bosnie-Herzégovine entre 2007 et 2009.

Mercredi 30 Janvier 2019

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