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Sagacité marocaine et trémoussements algériens

Les interférences étrangères attisent le feu en Libye





Il y a quelques jours, le ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, Hassan Abyaba, a  réaffirmé le respect par le Royaume de la souveraineté de la Libye, mettant en avant le fait que notre pays «déploie un grand effort avec les frères libyens pour le règlement de la crise. Il est disposé à trouver une solution au problème libyen».
«La position de la diplomatie marocaine est une position sage», nous a déclaré à ce propos  Moussaoui Ajlaoui, expert à AMES-Center.
Selon lui, le Maroc a insisté sur sa position de principe consistant en la non-ingérence dans les affaires intérieures de la Libye, soulignant que Rabat estime que la solution de cette crise ne peut être que politique et diplomatique et non pas militaire.
Il a, par ailleurs, précisé que les accords de Skhirat, signés le 17 décembre 2015 entre les parties rivales en Libye, constituent la seule issue pour trouver une solution politique à cette crise.
Dans ce sens, le chercheur marocain a rappelé la position du Conseil de la Ligue arabe qui avait mis l’accent, lors de sa réunion tenue récemment au Caire en Egypte, sur la nécessité de la mise en œuvre intégrale de l'accord de Skhirat.
Pour Moussaoui Ajlaoui, cette crise est due principalement à l’impuissance des élites libyennes à édifier un nouvel Etat après la chute du régime de Mouammar Kadhafi.
Selon Thierry Meyssan, président-fondateur du Réseau Voltaire, la rivalité entre le gouvernement de Tripoli présidé par Fayez el-Sarraj et celui de Benghazi « renvoie à la division du pays avant 1951 en deux Etats distincts, la Tripolitaine et la Cyrénaïque, puis au réveil de cette division lors de l’agression de l’OTAN. Contrairement à la réaction que l’on a spontanément, il ne s’agit pas aujourd’hui pour rétablir la paix de soutenir un camp contre un autre, mais au contraire d’unir les deux camps contre les ennemis du pays».
Il convient de préciser que l’envoyé des Nations unies en Libye, Ghassan Salamé, a affirmé que l’ONU était déterminée à trouver un moyen pour une sortie de crise dans ce pays, à l’issue de consultations à huis clos avec les membres du Conseil de sécurité lundi dernier à New York, a rapporté la MAP.
Il a également demandé aux pays impliqués en Libye de "cesser leurs ingérences" dans la crise actuelle.
"Ce que j'ai demandé au Conseil de sécurité, et ce que j'ai demandé à ces pays, est très clair : restez en dehors de la Libye. Il y a suffisamment d'armes dans ce pays. Ils n'ont pas besoin d'armes supplémentaires. Il y a suffisamment de mercenaires en Libye, alors arrêtez d'envoyer des mercenaires car il y en a actuellement des centaines, voire des milliers", a affirmé Ghassan Salamé.

Un conflit en voie d’internationalisation

Le gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez El Serraj, reconnu par l’ONU, n’exerce sa souveraineté que sur Tripoli et ses environs.
Son principal opposant, le maréchal Haftar, mène depuis avril dernier une offensive qui lui a permis de conquérir de vastes territoires et de s’emparer, lundi dernier, de la ville de Syrte, jusque-là sous le contrôle des forces du GNA.
Ce dernier est notamment soutenu, parfois du bout des lèvres, par l’Union européenne, l’Italie, la Grande-Bretagne, la Turquie et le Qatar alors que Haftar dispose de l’appui déclaré de l’Egypte, de l’Arabie Saoudite, des Emirats arabes unis, de la Russie, d’un appui discret de la France, du Tchad et du Niger et d’un soutien des Etats Unis qui change au gré des vents.
Il ne s’agit donc plus d’une guerre entre factions rivales, mais d’un conflit en voie d’internalisation rapide qui pourrait non seulement déstabiliser les pays de la région mais permettre aussi aux éléments de Daech d’exploiter à fond la tension née de l’assassinat du général iranien Soleimani par Washington pour se replier vers la Libye et relancer leur action terroriste.

 

L’UE et le CPS s'alarment de la situation

Les ministres des Affaires étrangères de la France, de l'Allemagne, de l'Italie et du Royaume-Uni ont décidé de se réunir en urgence, hier à Bruxelles, pour évoquer, entre autres, la situation en Libye, où le maréchal Haftar poursuit son offensive ciblant Tripoli.
Selon des sources européennes concordantes, plusieurs réunions devaient se tenir dans l'après-midi dans la capitale européenne.
Une première à propos de la crise sécuritaire en Libye, et d'autres, dans divers formats, consacrées aux conséquences de l'élimination du général iranien Qassem Soleimani dans un raid américain, le 3 janvier à Bagdad.
A propos de la Libye, un des principaux pays de transit des migrants venus d'Afrique subsaharienne, les Européens redoutent une accentuation du chaos sécuritaire né de la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.
Pour sa part, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) se réunira en sommet début février pour examiner la situation en Libye, a annoncé mardi le commissaire à la paix et la sécurité de l’UA, Smail Chergui.
La réunion du CPS se tiendra à la veille du sommet de l’UA, prévu les 8 et 9 février à Addis-Abeba,

Mourad Tabet
Mercredi 8 Janvier 2020

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