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S.O.S : Des centaines de migrants en détresse

Deux navires en quête désespérée d’un port italien




Chose dite, chose faite ! Matteo Salvini, nouveau ministre italien de l'Intérieur et chef de la Ligue du nord (extrême droite) a promis de fermer les portes de l’Italie devant les migrants irréguliers et il a fini par le faire. Ainsi après  avoir interdit  à l'Aquarius, un navire de sauvetage transportant 629 migrants, d'accoster en Italie, il a refusé lundi  au Sea Watch, un bateau allemand transportant 800 migrants repêchés dans les eaux libyennes et relevant de la juridiction italienne, d’accéder aux ports de la péninsule .
Le ministre de l'Intérieur a même relancé sur Twitter le hashtag " nous fermons les ports" et il a affirmé être déterminé à aller jusqu’au bout :  "L'Italie a arrêté de baisser la tête et d'obéir, cette fois-ci c’est elle qui dit non.", a rapporté le site italien il Giornale.it. En effet, Matteo  Salvini ne fait qu’appliquer ses promesses de campagne et celles de son parti d'extrême droite, concernant le refoulement massif des migrants vers l'autre rive de la Méditerranée.
Matteo Salvini a décidé de bloquer les navires de sauvetage des migrants irréguliers   en provenance de Libye et de Tunisie. Pour lui, si le sauvetage des vies des migrants en détresse est un devoir, cela ne doit pas être entrepris au détriment de son pays qui ne doit pas se transformer, selon ses dires, en un énorme camp de  réfugiés.  Une ligne de conduite que partage également Giuseppe Conte, Premier ministre italien qui a demandé récemment  à ses partenaires européens un changement «radical» du règlement de Dublin, car, explique-t-il, «l'Italie se trouve confrontée seule à l'urgence de l'immigration» et il a réclamé «un système automatique de répartition obligatoire des demandeurs d’asile».
Pourtant, la hausse de ton contre les migrants et les demandeurs d’asile n’est pas une position purement italienne, d’autres pays européens sont favorables à davantage de fermeté à l’égard de ces personnes.  Tel est le cas du Danemark dont le Premier ministre, Lars Lokke Rasmussen, a annoncé le 5 juin courant que son pays a engagé des pourparlers avec l’Autriche et « d’autres pays » afin de mettre en place un « nouveau régime européen de l’asile ». L’une des dispositions du dispositif sera la création de « centres communs de réception et d’expulsion en Europe » installés hors du territoire de l’UE. En clair, ils seront chargés d’accueillir  les migrants qui ne peuvent prétendre à une demande d’asile, ou qui ne peuvent être rapidement renvoyés. La localisation de ces camps de rétention n’a pas encore été décidée.
L’idée d’ouvrir des camps dans des pays européens, hors UE, a indiqué le site du Monde,  est également portée par le ministre autrichien de l’Intérieur, Herbert Kickl, poids lourd du FPÖ (extrême droite) au sein de la coalition au pouvoir à Vienne. Les premières discussions auraient en fait eu lieu à Sofia, en marge du sommet entre les Vingt-Huit et cinq pays des Balkans occidentaux, le 17 mai dernier.
Face à cette situation, le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a demandé hier à l'Italie et à Malte d'autoriser immédiatement un navire transportant des centaines de migrants à accoster, décrivant la situation comme "un impératif humanitaire urgent". Dans un communiqué, le HCR "a lancé un appel aux gouvernements concernés pour qu'ils autorisent le débarquement immédiat de  centaines de personnes bloquées en Méditerranée depuis samedi. "Il y a un impératif humanitaire urgent ici", a estimé Vincent Cochetel, envoyé spécial du HCR pour la Méditerranée centrale. Il a, en outre, précisé que la question de savoir qui a la responsabilité d’accueillir ces migrants et comment ces responsabilités doivent être partagées entre les Etats, devrait être traitée plus tard. "Fondamentalement, le principe du sauvetage en mer ne devrait pas être remis en cause par des incidents comme celui-ci. Les autres gouvernements doivent agir pour soutenir les pays confrontés aux arrivées sur leurs côtes", a rappelé M. Cochetel.
De son côté, la Commission européenne n'a pas pris partie dans le bras de fer en cours entre Malte et l'Italie, rappelant qu'elle n'avait pas de compétence en la matière. "Il s'agit d'une question de droit international", a dit devant la presse une autre porte-parole de la Commission, Natasha Bertaud, admettant qu'"en réalité la situation est tout sauf claire".
"Selon le droit international, la décision de l'endroit où un bateau devrait débarquer relève de la compétence du pays qui est en train de coordonner l'opération de recherche et de sauvetage", a-t-elle expliqué. Mais le droit international "ne précise pas que ce soit le pays lui-même" qui ouvre l'un de ses ports, "tout ce qu'il donne, ce sont des critères pour orienter cette décision" du "port sûr" pour le débarquement.
Il faut rappeler, cependant, que trois maires de villes italiennes ont publiquement annoncé que leurs villes étaient prêtes à passer outre l'interdiction et à accueillir le navire.


 

L'Espagne va accueillir l’Aquarius

L'Espagne va accueillir le navire transportant les 629 migrants secourus au large de la Libye, dont le sort était l'enjeu d'un bras de fer entre Malte et l'Italie, a annoncé hier le gouvernement de Pedro Sanchez.
"Il est de notre obligation d'aider à éviter une catastrophe humanitaire et d'offrir un port sûr à ces personnes", indique un communiqué de la présidence du gouvernement, précisant que le port de Valence (est) avait été choisi comme destination de l'Aquarius.

Hassan Bentaleb
Mardi 12 Juin 2018

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