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Ramadan sous couvre-feu nocturne

Rompre le jeûne mais pas le confinement




Ramadan sous couvre-feu nocturne
Jeudi en début de soirée, quelques minutes avant l’annonce du début du mois sacré de Ramadan ce samedi, le ministère de l’intérieur a pris la décision d’ajouter une mesure supplémentaire dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire : L’interdiction de l’ensemble des déplacements nocturnes à compter d’aujourd’hui, entre19h à 5h du matin. Précision indispensable afin d’éviter tout malentendus, sont concernés par cette interdiction non seulement les déplacements à pieds mais aussi via les moyens de transports.
 
Les personnes exerçant dans les secteurs vitaux font exception à la règle. Elles auront la possibilité de circuler contrairement à celles munies d’autorisations exceptionnelles de circulations délivrées par les autorités locales et les certificats de déplacement fournies par les secteurs public et privé. Les autorités locales et les services de sécurité avertissent celles et ceux qui s’imaginent pouvoir braver le couvre-feu. Ils et elles seront poursuivis judiciairement dans le cadre des dispositions du décret-loi relatif à l'état d'urgence sanitaire et aux procédures de sa déclaration, comme ce fut le cas d’un peu plus de 25.857 personnes ces dernières semaines. Un État d’urgence dont les mesures instaurées préalablement seront toujours d’actualité. En l’occurrence, le confinement, la limitation des déplacements pendant la journée et le port obligatoire des masques.
 
En toute logique, le début du Ramadan jumelé à l’interdiction des déplacements nocturnes impactera les horaires d’ouvertures et de fermetures des pharmacies et autres administrations publiques. Les officines du Royaume seront ouvertes de 10h à 17h30, du lundi au vendredi et de 10h à 14h les samedis. En semaine, à partir de 17h30, d’autres officines devraient prendre le relais jusqu’à 10h00 le lendemain. Toujours dans la soirée de jeudi, un communiqué émanant du ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration- Département de la Réforme de l’administration a acté l’adoption de l’horaire continue par les établissements publics et collectivités territoriales. En conséquence, ils seront ouvert du lundi au vendredi, de 09h à 15h.
 
Cela ne vous aura certainement pas échapper, cette mesure restrictive des déplacements nocturnes ressemble comme deux goutte d’eau à un couvre-feu. Dans sa forme, l’annonce est dans la droite lignée du ton utilisé par l’exécutif depuis le début de la crise sanitaire dans le pays. Si l’on devait imager, cela ressemblerai à une main de fer dans un gant de velours. Ce qui nous laisse croire que le gouvernement n’a pas pris cette décision de guetter de cœur. Bien au contraire. Elle répond plutôt à un impératif sanitaire. Celui d’une part de protéger les citoyennes et citoyens du COVID-19 dont le bilan a atteint les 3692 cas confirmés, 478 guérisons et 155 décès à la date du vendredi 24 avril (10h). Et d’autres part, mettre fin au relâchement du confinement constaté récemment. D’autant que nos habitudes ramadanesques ne se prêtent guère aux gestes barrières et autres mesures préventives.
 
Le Ramadan au Maroc, à l’instar de nombreux pays arabo-musulmans, s’est de tout temps accompagné d’une mutation des modes de vie. Pour faire court, pendant ce mois sacré, la vie ne reprend vraiment qu’après avoir rompu le jeune. Et de manière intense. Les cafés ont l’habitude d’être bondé. Les artères des villes aussi. Les visites aux proches sont légions. Rien de tout cela ne sera possible pendant ce mois de Ramadan. Par la force des choses, il sera très particulier. Encore plus à la lumière de la décision prise par le Conseil supérieur des oulémas : pas de Tarawih en mosquée.
 
Par le biais d’un communiqué, le CSO argumente ainsi sa décision « L'Imamat suprême, Imarat Al Mouminine, est soucieuse de la protection de nos vies en premier lieu et de l'accomplissement de notre religion en deuxième. Elle veille à la sécurité sanitaire du Royaume. L'accomplissement des Tarawih dans les mosquées peut être remplacé par la prière chez soi, individuellement ou collectivement avec les membres de la famille, sans prise de risque. » En somme pour le CSO, la sécurité dictée par des impératifs de santé prime. L’Organisation mondiale de la santé partage entièrement cette avis. Parmi les conseils édictés par l’OMS, on retrouve justement un appel à limiter les célébrations religieuses collectives. Mais pas seulement.
 
L’organisation Onusienne met en avant des règles à suivre en matière de nutrition et de santé. Comme le fait de boire beaucoup d’eau entre l'iftar et le suhoor (au moins 10 verres). Manger trois dattes lors de la rupture du jeûne car elles sont une excellente source de fibres. Il faudra aussi penser à incorporez beaucoup de légumes à vos plats pour faire le plein de vitamines et nutriments essentiels. Les céréales sont tout aussi importantes. Elles fournissent à l'organisme fibres et énergie. La viande maigre grillée ou cuite au four, de poulet et de poisson sans peau, est également préconisé pour avoir une bonne portion de protéines saines. Et évidemment, évitez les aliments trop gras même si ce sont les mets les plus délicieux. 

Chady Chaabi
Samedi 25 Avril 2020

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