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Rajoy rend hommage aux victimes de l'ETA

L'UE se félicite de la dissolution de l’organisation séparatiste basque




Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a rendu vendredi hommage à toutes les victimes du groupe séparatiste basque ETA et promis que tous ses crimes seraient jugés et les condamnations exécutées.
"Les condamnations continueront à être exécutées" et "il n'y aura pas d'impunité", a-t-il déclaré au lendemain de la dissolution officielle du groupe armé.
"Aujourd'hui, alors que l'ETA a enfin annoncé sa dissolution, il faut que nos pensées soient pour les victimes", a-t-il dit, citant le chiffre de 853 morts, selon le dernier décompte du gouvernement.
"J'invite toute la société espagnole à se souvenir (des victimes) une par une dans la singularité unique de leurs vies arrachées (...) Ce n'est pas une statistique, ce sont des personnes", a souligné M. Rajoy.
"Toutes furent assassinées injustement, cruellement et à toutes nous leur devons souvenir et hommage. A elles, à leurs familles et aux centaines d'Espagnols qui ont survécu à la violence terroriste mais qui souffrent pour toujours des séquelles de la cruauté" de l'ETA, a-t-il dit.
"Aujourd'hui, nous pouvons dire catégoriquement que la démocratie espagnole a vaincu l'ETA. L'ETA disparaît mais les dégâts causés ne disparaissent pas, pas plus que la douleur irréparable qu'elle a semée tant de fois".
Le groupe séparatiste "n'obtiendra rien en annonçant sa dissolution", a-t-il de nouveau martelé.
"Les enquêtes sur les crimes de l'ETA continueront, ses délits continueront à être jugés et les condamnations continueront à être exécutées. Car les démocraties répondent aux crimes par la justice".
"Il n'y a pas eu et il n'y aura pas d'impunité, nous ne leur devons rien", a affirmé M. Rajoy.
"Nous veillerons toujours à ce que rien de tout cela ne se produise de nouveau, et à ce que personne ne tente de réécrire ce passage de l'histoire", a-t-il ajouté.
Par ailleurs, l'Union européenne s'est félicitée vendredi de la décision de l'organisation séparatiste basque ETA de mettre fin à toutes ses activités et de s'auto-dissoudre, en soulignant qu'il n'y a "pas de place" en Europe pour le terrorisme.
"La Commission a été informée de la décision de l'ETA de se démanteler de façon permanente. Nous nous en félicitons", a commenté son porte-parole Margaritis Schinas lors d'un point presse.
"Il n'y a pas de place dans l'UE pour le terrorisme, les armes et les fusils. L'UE est fondée sur l'Etat de droit", a rappelé le porte-parole, dans la première réaction de Bruxelles à l'annonce de l'ETA (Euskadi Ta Askatasuna, soit "Pays Basque et Liberté) jeudi.
L'organisation séparatiste basque ETA a achevé vendredi son processus historique de dissolution lors d'une "conférence" dans le sud-ouest de la France, mettant ainsi fin à la dernière insurrection armée d'Europe occidentale, qui a fait plus de 800 morts et des milliers de blessés en quatre décennies.
Aboutissement d'une lente scénographie, cette conférence à Cambo-les-Bains, commune des Pyrénées françaises, a pris des allures de cérémonie d'adieu où des personnalités internationales sont venues se porter garantes de la bonne foi de feu l'organisation indépendantiste basque.
La conférence vient clore toute une série d'annonces qui, depuis plus d'un mois, martèlent le même message via plusieurs canaux médiatiques: ETA --Euskadi Ta Askatasuna, soit "Pays Basque et Liberté"--, créée en 1959, s'autodissout, un an après avoir rendu les armes le 8 avril 2017.
ETA a annoncé jeudi sa dissolution et la fin de toute activité politique, mettant ainsi un point final à la dernière insurrection armée d'Europe occidentale.
Mercredi, c'était un courrier de l'ETA qui était posté par un journal en ligne espagnol diario.es, annonçant sans ambiguïté que l'organisation a "mis fin à sa fonction".
Jeudi, l'ETA diffusait dans les médias espagnols une "déclaration finale" enregistrée par Jose Antonio Urrutikoetxea, dit "Josu Ternera", chef historique de l'ETA, disparu dans la nature depuis 2002.
Cet homme, poursuivi pour plusieurs assassinats, y annonce en voix off que l'organisation clandestine a "démantelé l'ensemble de ses structures" et mis "fin à toute activité politique".
Cette "déclaration finale" a aussi été lue à Genève par le directeur exécutif du Centre Henry Dunant pour le Dialogue Humanitaire.
Et le dernier acte aux allures de reddition a eu lieu à Arnaga, l'imposante demeure de l'écrivain français Edmond Rostand (1868-1918), auteur de "Cyrano de Bergerac".
Des personnalités internationales sont venues t y clore devant les caméras la dernière insurrection armée d'Europe occidentale, avec 829 morts imputés à l'organisation.
Celle ci, à coups d'enlèvements et d'attentats, a tenté sans succès d'obtenir l'indépendance du Pays Basque et de la Navarre, pour finir décimée par les arrestations de ses chefs, et rejetée par la majorité de la population.
Ce cérémonial est calqué sur la conférence d'Aiete en 2011 à Saint-Sébastien (Pays Basque espagnol) qui, sous l'égide de Kofi Annan, ancien secrétaire général de l'ONU et prix Nobel de la Paix, avait débouché sur un cessez-le-feu d'ETA.

Samedi 5 Mai 2018

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