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Quand la culture se met au virtuel


Libé
Jeudi 24 Décembre 2020

Quand la culture se met au virtuel
La pandémie du Covid19 a affecté sérieusement la scène culturelle dans la région de Fès-Meknès au cours de l’année écoulée, privant les créateurs de la rencontre directe avec le public, au moment où le monde virtuel est devenu le seul espace pour s’exprimer et interagir et, partant, briser le silence imposé par ce contexte.

Des rendez-vous culturels et artistiques ayant longtemps animé les différents coins de la région ont été reportés ou annulés, alors que d’autres se sont mis en mode virtuel pour pouvoir aller à la rencontre du public, dans l’attente d’une ouverture des espaces culturels et artistiques aux créateurs et au partage.

Avant la pandémie, ces espaces vivaient au rythme d’une dynamique culturelle et artistique augurant d’une programmation à la fois riche et diversifiée. C’est dans ce cadre qu’est intervenu, en janvier, le vernissage de l’exposition ‘’images de l’Andalousie’’ de l’artiste espagnol Francisco González à la galerie Mohamed El Kacimi. Initiée par l’institut Cervantès, en partenariat avec la délégation régionale de la culture Fès-Meknès, cette exposition a donné à voir une trentaine de toiles sur les secrets de la continuité des vestiges de l’Andalousie et sur la présence arabo-islamique. Tel un ‘’voyage nostalgique’’, cet évènement a été une occasion pour le public d’admirer l’architecture andalouse de la ville d’Al Zahra et la mosquée de Cordoue, mais aussi d’apprécier les points de brassage et de similitude entre l’art andalou dans la péninsule ibérique et l’art du design urbain dans d’anciennes villes marocaines, sur fond de musique andalouse.

L’annonce par les autorités de la période de confinement a amené la direction régionale de la culture à s’adapter aux exigences de la conjoncture pour lancer son programme sous le signe ‘’la culture à distance, exprimons-nous à travers l’art et le savoir en temps de Covid19’’, lequel a porté sur l’organisation à distance d’une panoplie d’activités culturelles et artistiques.

Dans ce cadre, la direction régionale a présenté sur sa page Facebook, entre autres, trois ateliers artistiques. Le premier a é été axé sur ‘’la construction de la personnalité théâtrale’’ encadré par l’artiste Mounir Belakhdar. Les deux autres ont traité du conte et ont été animés respectivement par les artistes Omar Mansour et Hafsa Bousla. Par la suite, la direction de la culture, motivée par le succès réalisé par son programme à distance, a donné le coup d’envoi à distance de son Moussem culturel 2020-2021, avec le vernissage de la 8ème édition du “Salon du Maroc des arts plastiques” sous le thème “appartenance”.

Initiée par l’association “le caméléon des arts plastiques’’, en partenariat avec la direction régionale de la culture, cette manifestation a connu la participation de 22 artistes, issus de la ville de Fès, avec une cinquantaine de toiles inspirées du patrimoine culturel marocain.

Il s’agit d’un espace visant la diffusion de la culture de l’art plastique, la contribution à l’enrichissement du mouvement artistique marocain et la création d’un nouvel espace de créativité pour les artistes marocains et étrangers, outre le développement et l’enracinement de la pratique et de la création artistique chez les participants. Le programme s’est poursuivi par des actions en faveur de l’enfant en temps de covid19, avec l’organisation d’ateliers dédiés aux enfants âgés entre 5 et 12 ans sur le conte, le recyclage des déchets et sur la pandémie du Covid19, avant d’enchainer avec des rencontres sur “l’avenir de la littérature de l’enfant en ces temps de covid19” et “les perspectives de la lecture et de la culture”. La pandémie a poussé certains grands événements à revoir leurs stratégies pour s’inscrire dans la continuité même virtuellement, dont la 13ème édition du festival de la culture soufie de Fès qui s’est déroulée en ligne sous le signe ‘’l’art de la transmission’’.

Cette manifestation a mis à l’honneur le patrimoine immatériel soufi, en revivifiant les grandstextes des maîtres soufis, et ce à travers la plateforme numérique ‘’Sufi Heritage’’, qui a ‘’invité les spiritualités du monde à rejoindre le festival dans cette entreprise commune pour réfléchir sur les moyens de résister à la globalisation d’une culture sans âme, qui n’épargne pas l’expression du religieux lui-même et peut conduire à une déshumanisation de plus en plus radicale’’. De Fès à Konya en Turquie, de Grenade à Niamey, en passant par Lahore au Pakistan, Madagh ou Bejaâd, le public a été accueilli dans des centres spirituels historiques. Plus d’une soixantaine d’intervenants, dont des chercheurs, des spécialistes, des écrivains, des comédiens, des plasticiens, des musiciens et des guides spirituels, ont participé à cette manifestation qui a programmé des soirées soufies ‘’sur les pas d’Ibn Arabi : de Murcie à Damas’’, ‘’des résonances de Rumi à travers le monde’’, des tables rondes axées sur les sagesses et spiritualités face aux enjeux politiques et des ‘’instants d’écoute’’ centrés sur la lecture des Sagesses de Joha.

La saison s’est achevée à Fès avec l’organisation du congrès annuel de la fondation ‘’Approches’’, autour du thème ‘’les transformations sociales et culturelles dans le monde arabe’’. Initiée en partenariat avec la direction régionale de la culture et le cercle de la pensée marocaine, cette édition organisée à distance, pour limiter la propagation du Covid19, a connu la participation de conférenciers notamment du Yémen, de Jordanie et du Maroc. Cette rencontre marquée par l’annonce des résultats du prix ‘’Approches pour la recherche scientifique’’, dont la valeur s’élève à 60.000 DH, a débattu de questions d’actualité dans le monde arabe, dont la modernité, l’identité, les transformations culturelles et différentes autres questions d’ordre sociologique et littéraire.


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