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Propagation en baisse et guérisons en hausse

L'optimisme est de mise : Le plus dur est à appréhender




44 nouveaux cas (7910), 233 guérisons (6643) et aucun décès (205)

Propagation en baisse  et guérisons en hausse
L’optimisme règne en maître sur l’actualité de l’épidémie au Maroc. Même si 44 nouveaux cas (7910) ont été recensés mercredi matin par le ministère de la Santé, un rebond comparé aux derniers jours, « les indicateurs sont au vert. Et tout porte à croire que l’épidémie évolue de manière positive en vue du déconfinement », assure Driss Elhabchi, responsable du service de chimie et toxicologie à l'Institut Pasteur de Casablanca. D’autant que 233 guérisons ont été recensées, portant le total des rémissions à 6643, soit un taux au-delà de 80%. Et si l’on ajoute à cela des hôpitaux casablancais bientôt dispensés de la prise en charge des cas Covid-19, les 39 provinces indemnes et un bilan de décès qui stagne depuis quelques jours (205), le tableau est loin d’être noir. Bien au contraire. Il y a de quoi écarter l’éventualité d’un prolongement du confinement après le 10 juin. Rien n’est officiel, mais tout porte à y croire. Le pays est-il pour autant sorti d’affaire ? Certainement pas. En réalité, le plus dur est à venir. 
Se déconfiner ? Oui, mais pas au mépris des règles édictées par le gouvernement depuis le début de l’épidémie. « Dans les prochaines semaines, on sera certainement confronté à l’apparition de quelques cas Covid-19. Mais il n’y a aucune inquiétude à avoir tant que les mesures sanitaires et les gestes barrières sont respectés. Dans le cas contraire, tous les efforts consentis jusqu’ici n’auront servi à rien », prévient Driss Elhabchi en évoquant en creux une hypothétique deuxième vague. Ces discours volontairement prudents émanant de la communauté scientifique marocaine comme partout ailleurs dans le monde, rappellent que le nouveau coronavirus est un briseur de certitudes. Ils les balayent d’un revers de la main du jour au lendemain.
L’OMS en est le parfait exemple. Après avoir prédit le pire pour le continent africain, l’organisation onusienne n’a d’autre choix que de se résoudre à l’évidence. Le Sars-CoV-2 y a été moins virulent. Les raisons sont multiples. Outre une pyramide des âges incompatible avec les caractéristiques du nouveau coronavirus, s’ajoutent les révélations faites par des scientifiques allemands. Ces derniers ont expliqué que depuis son apparition en Chine, fin 2019, le virus aurait perdu 60% de sa virulence au moment de migrer en Afrique. Si cette thèse n’est pas corroborée par des preuves scientifiques, elle est tout de même appuyée parla situation épidémique sur le continent en général et au Maroc en particulier. Néanmoins, si le Royaume peut se targuer d’un bilan épidémique à l’opposé de la tragédie vécue par ses voisins européens, le silence assourdissant de l’Exécutif quant à un plan de déconfinement fait craindre le pire. Une situation ubuesque alors que moins d’une semaine nous sépare de la date fatidique du 10 juin. Et puis, que dire des querelles intestines qui ont sévi ces derniers jours au sein du ministère de la Santé à cause desquelles, et c’est à prendre avec de grosses pincettes, Mohamed El Youbi a failli démissionner ? 
Tout ceci, la CGEM n’en a cure. En l’absence d’un plan de déconfinement en bonne et due forme, la Confédération a décidé de prendre les devants sur Hautes instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, via une campagne de dépistage dans le secteur privé. « Toute reprise ou poursuite d’activité est désormais conditionnée à la participation à cette campagne de dépistage massif », indique la CGEM et ce dès hier. L’opération vise bien évidemment « à limiter le risque de propagation du virus en entreprise et garantir une reprise d’activité sécurisée et sereine », poursuit la CGEM. Une campagne payante et dont on apprend dans ledit courrier que les tarifs des tests seront « au prix coûtant ».

Chady Chaabi
Jeudi 4 Juin 2020

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