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Prometteuses, les recherches d’ un traitement contre le Covid-19 peinent à faire l’ unanimité





Alors que la course au vaccin bat son plein aux quatre coins du monde, la recherche de médicaments n’est pas en reste. Neuf mois sont passés et plus d’un million de personnes sont décédées depuis le début de la pandémie de Covid-19. Logiquement, la recherche d’un remède miracle est attendue fébrilement. Mais les écueils demeurent multiples. Outre la faible probabilité que le vaccin confère une immunité complète chez les personnes à risques dont les plus âgées d’entre nous, quid de sa disponibilité à l’échelle mondiale et surtout de l’adhésion de la population à la stratégie vaccinale ? Ces interrogations ont boosté les recherches d’un traitement pour, d’une part, bloquer le Sars-Cov2, et de l’autre, combattre ses conséquences néfastes et notamment les orages immunitaires, dits aussi «orages de cytokines » qui peuvent créer des réactions de défense en chaîne et donc des lésions. Sur le Vieux Continent, la Commission européenne est à l’origine d’une initiative regroupant seize organismes de recherche, une quinzaine de laboratoires pharmaceutiques et six biotech. Dotée d’un budget record de 80 millions d’euros sur cinq ans, l’initiative entend accélérer la recherche de traitement suivant un modèle à l’opposé de celui qui dicte la recherche de vaccin. En clair, au moment où la recherche d’un traitement se fait en coopération, celle d’un vaccin prend la forme d’une concurrence effrénée. Pour l’heure, comme l’a récemment expliqué le quotidien francophone « Le Monde » dans son supplément « Sciences et médecines », les recherches d’un traitement se concentrent essentiellement sur des molécules déjà disponibles pour traiter d’autres pathologies. Une stratégie qui dispense tout à la fois de la conception et de tests de toxicité. Un gain de temps loin d’être superflu. Alors, où en eston aujourd’hui ? Voici quelques pistes médicamenteuses prometteuses à défaut de faire l’unanimité. Identifiée par l’essai randomisé britannique «Recovery», comme le premier et le seul médicament à avoir un impact sur le pronostic vital des patients atteints par le Covid19, la dexaméthasone, un corticoïde de synthèse peu onéreux, reconnu pour ses effets antiinflammatoires et immunosuppresseurs, est recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), depuis le 2 septembre, surtout dans le cas des formes sévères et critiques de la maladie. Quelques jours plus tard, c’est l’Agence européenne des médicaments (EMA) qui l’a vue d’un bon œil. La raison d’un tel emballement est à trouver dans les données d’une étude portant sur près de 6.500 patients (dont 2.104 traités par dexaméthasone). D’après un article paru le 17 juillet dans « New England Journal of Medicine », la dexaméthasone réduirait d’environ 30% la mortalité à vingt-huit jours chez ceux placés sous respirateur, et de 11% chez ceux nécessitant de l’oxygène. En revanche, il convient de souligner que ce corticoïde n’a pas amélioré le pronostic des patients hospitalisés sans assistance respiratoire. Le Remdesivir qui est à la base un médicament destiné à combattre le virus Ebola, n’a pas eu les effets escomptés concernant le Covid-19. Certes, il réduirait le temps d’hospitalisation des patients qui guérissent mais n’auraient aucun effet sur le taux de survie. Approuvé en Europe et aux EtatsUnis, son développeur, le laboratoire américain Gilead, a néanmoins pris temporairement la décision de retirer sa demande de rembourse¬ment en France. Une manière d’acter son inefficacité, à l’instar de l’hydroxychloroquine. Utilisé en France et au Maroc, entre autres, pendant de longs mois, le Plaquenil (son nom commercial) n’a pas fait la démonstration formelle de son efficacité et les pays qui y croient toujours aujourd’hui ne se comptent que sur le bout des doigts d’une seule main. Les masses d’études qui y ont été dédiées n’ont pas été convaincantes, à la fois «in vitro (sur des cellules humaines de poumon), en prévention ou en postexposition au virus sur l’animal (macaque), ou chez l’homme, là aussi en prophylaxie, en tout début d’infection ou dans des formes plus tardives de la maladie» comme l’a indiqué «Le Monde» dans son édition d’hier. Le dernier espoir de traitement en date réside dans le plasma et anticorps monoclonaux. En Belgique, entre les murs de l’Université de Louvain, Johan Neyts a fait le tour des molécules chimiques non utilisées répertoriées dans les bibliothèques des laboratoires pharmaceutiques rassemblés dans le consor¬tium CARE. Puis, il a suivi le filon du plasma. Le processus consiste à transférer des anticorps produits naturel¬lement lors du combat contre une maladie à des personnes dont la réponse immunitaire serait défaillante. Ce traitement s’est retrouvé avec un soutien de poids. En effet, en août dernier, le président américain, Donald Trump, a annoncé l’autorisation de réaliser la transfusion du plasma sanguin de patients guéris du coronavirus à des patients hospitalisés. Sauf que voilà, moins d’un mois plus tard, le British Medical Journal (BMJ) jugeait cette « autorisation prématurée en raison de la faiblesse des études disponibles. » Le BMJ émet des réserves concernant les effets secondaires. Par contre, s’agissant des patients immunodéprimés, comme ceux traités pour des cancers, le plasma a été décrit comme prometteur par une étude publiée dans le journal Blood. 

C. E
Mercredi 7 Octobre 2020

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