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Prières surérogatoires et danger imminent

Les “Tarawih” pour enfreindre la loi en bravant le couvre-feu


Prières surérogatoires et danger imminent
Le risque est là. Plus que jamais. Les chiffres sont là.Tout aussi têtus que ceux qui cherchent à braver le couvre-feu, la loi donc et tout le danger qui va avec. Les autorités religieuses tout autant que les érudits les mieux inspirés, les plus éclairés s’accordent à dire que les Tarawih, ces prières surérogatoires, ne se sont jamais hissées, comme leur nom l’indique, au rang des cinq prières auxquelles est tenu quotidiennement le musulman. Et ce du temps même du Prophète. D’autant plus que l’on peut les accomplir chez soi à titre individuel comme cela a toujours été le cas.

Mais au-delà de toute autre considération que ce soit, il faut bien se mettre en tête qu’à situation exceptionnelle mesures exceptionnelles.

Nous n’avons pas fini de compter nos morts et le virus n’a pas fini non plus de muter pour faire des ravages. «Faites des largesses pour soutenir la cause de Dieu ! Ne vous exposez pas de votre propre initiative à la perdition ; mais agissez de la manière la plus vertueuse, Dieu aime les gens vertueux». (Coran.Verset numéro 195 de SorateAl Baqara).

Ou encore «Dieu n’impose rien à l’âme qui soit au-dessus de ses moyens. Tout bien qu’elle aura accompli jouera en sa faveur, et tout mal qu’elle aura commis jouera contre elle». (Coran.Verset numéro 286 de Sorate Al Baqara).

Pas besoin d’être grand érudit pour saisir le sens de ces paroles divines. Mais, il est dit, quelque part, qu’il n’y a de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Ces photos et autres images parvenant de Fès, de Tanger, d’El Jadida, entre autres…, sont porteuses d’un égarement suicidaire. Assassin surtout puisque le risque s’étend immanquablement à d’autres personnes que celles qui prennent les choses avec une légèreté déconcertante et une obstination abrutie.

Mohamed Benarbia
Mohamed Benarbia
Il y aurait cependant lieu de douter des vraies intentions de quelques meneurs se voulant plus pieux que le commun des mortels, surtout quand on constate le nombre des mineurs, des gamins en bas âge carrément, que l’on a cherché à mêler à ces déplorables agissements.

Il n’en reste pas moins qu’il aurait fallu communiquer, à tous les niveaux, bien avant le Ramadan, pour expliquer et expliciter dans le but de convaincre de l’inopportunité des «Tarawih» collectives en un moment aussi crucial d’une crise sanitaire sans précédent.

Sauf que c’est peut-être trop demander à des responsables qui semblent faire de la communication le cadet de leurs soucis.

Mohamed Benarbia

Libé
Dimanche 18 Avril 2021

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