
Mercredi, la Une du quotidien Libération une photo du président en noir et blanc avec en dessous la citation "+Marine Le Pen est compatible avec la République+, Nicolas Sarkozy, 24 avril 2012"-- a suscité l'ire de l'UMP.
"Tentative grossière, malhonnête et inacceptable de désinformation", a condamné le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé, "fascisme de gauche" a tonné le député de Paris Bernard Debré, "même les tracts du PS n'en font quasiment pas autant" s'est indigné le ministre du Travail Xavier Bertrand.
Lors d'une réunion publique en milieu de journée à Cernay (Haut-Rhin), Nicolas Sarkozy, reprenant son antienne contre les élites, les médias et la gauche, a estimé n'avoir "pas de leçon de morale à recevoir de ceux qui vivent confortablement dans les quartiers où il n'y a pas de problèmes". La veille, à Longjumeau (Essonne) il avait dit refuser le "terrorisme du système médiatique" qui lui reproche de "parler aux électeurs qui se sont portés sur Madame Le Pen".
Les critiques du jour ne sont que le nouvel épisode d'un feuilleton qui conduit presque chaque jour les ténors de la majorité à se désoler de la couverture par les médias de la campagne de leur candidat.
Vendredi, c'est Alain Juppé qui disait n'avoir "jamais vu un tel engagement partisan". Mercredi matin, c'est Jean-François Copé qui a reproché à certains médias, et notamment France 2, "d'organiser avant l'heure l'enterrement" de l'UMP et de son candidat. Côté Hollande, c'est une toute autre stratégie: mercredi, le socialiste était tout sourire face à un parterre de plusieurs centaines de journalistes réunis pour une conférence de presse, évoquant son "grand respect pour l'institution que vous représentez, indispensable pour la démocratie".
Mardi, il avait taclé le président sortant, assurant qu'au cours de cette rencontre "tous les journalistes (pourraient) poser toutes les questions sur tous les sujets et dans la plus grande liberté. Ça changera!".
Interrogé sur la Une de Libération et sur celle de L'Humanité --comparant Nicolas Sarkozy au maréchal Pétain--, le candidat socialiste a d'abord dit qu'il ne "jugeait pas la presse" puis a promis que lui "n'accablerait pas un organe de presse".
Le candidat PS, qui avait refusé début avril un entretien au quotidien Le Figaro, marqué à droite, n'a cependant pas résisté longtemps à la tentation d'un bon mot devant les journalistes amusés.
Quelques dizaines de minutes après l'avoir formulée, François Hollande a pris quelques libertés avec sa promesse en imaginant la Une que ce quotidien pourrait faire s'il était élu président: "François Hollande président de la République, embarras au Parti socialiste".