Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Près de 130 pays invitent Trump à changer d'avis sur Jérusalem

Les Américains sont marginalisés, soutient Emmanuel Macron en présence de Mahmoud Abbas




 Cent vingt-huit pays ont voté jeudi en faveur d'une résolution de l'Assemblée générale des Nations unies appelant Donald Trump à revenir sur sa décision de reconnaître Jérusalem comme capitale de l'Etat d'Israël.
Neuf pays ont voté contre cette résolution et 35 autres se sont abstenus. Vingt et un autres pays n'ont pas voté.
La menace de Donald Trump, qui avait averti qu'il couperait toute aide financière aux pays qui voteraient en faveur de la résolution, semble ainsi avoir eu un certain impact, le nombre de pays s'abstenant ou votant contre ayant été plus important que d'ordinaire pour des résolutions relatives aux Palestiniens.
Pour l'ambassadeur de France à l'Onu, François Delattre, la résolution adoptée jeudi ne fait que confirmer les clauses du droit international relatives à Jérusalem. Ce vote ne doit ni diviser ni exclure, a-t-il estimé.
A Ramallah en Cisjordanie, un porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas s'est félicité de ce vote.
"Ce vote est une victoire pour la Palestine", a estimé Nabil Abou Rdainah. "Nous allons poursuivre nos efforts aux Nations unies et dans tous les forums internationaux pour mettre fin à cette occupation et pour créer notre Etat palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale", a-t-il ajouté.
Israël a rejeté la résolution de l'Assemblée générale et remercié Donald Trump pour sa position sur Jérusalem.
"Israël rejette la décision des Nations unies et dans le même temps est satisfait du nombre élevé de pays qui n'ont pas voté en faveur de celle-ci", a déclaré le cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
"Israël remercie le président Trump pour sa position sans équivoque en faveur de Jérusalem et remercie les pays qui ont voté ensemble avec Israël, ensemble avec la vérité", ajoute le cabinet du chef du gouvernement.
Avant le vote sur la résolution, Nikki Haley, représentante permanente des Etats-Unis à l'Onu, avait estimé que les Etats-Unis avaient été livrés à la vindicte en raison de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l'Etat d'Israël.
Lundi, 14 des 15 membres du Conseil de sécurité avaient voté en faveur d'une résolution appelant elle aussi Trump à changer d'avis sur Jérusalem, mais le veto de Washington avait empêché son adoption.
"Les Etats-Unis se souviendront du jour où ils ont été cloués au pilori à l'Assemblée générale pour avoir exercé leur droit de pays souverain", a déclaré Nikki Haley.
"Nous nous en souviendrons quand on nous demandera une fois de plus de verser la contribution la plus importante (au budget) des Nations unies et quand tant de pays nous inviterons, comme ils le font souvent, à payer encore plus et à user de notre influence en leur faveur", a-t-elle ajouté.
La séance extraordinaire de jeudi à l'Assemblée générale avait été convoquée à la demande d'Etats arabes et musulmans.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a comparé jeudi l'Onu à une "maison des mensonges", en évoquant cette réunion. "L'Etat d'Israël rejette complètement ce vote, avant même l'approbation (de la résolution)", avait-il déclaré.
"Jérusalem est notre capitale et nous allons continuer d'y construire, et les ambassades étrangères, à commencer par celle des Etats-Unis, déménageront à Jérusalem. Cela va arriver", a ajouté le chef du gouvernement israélien.
Par ailleurs, la décision des Etats-Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël les marginalise dans ce dossier, a déclaré vendredi le président français Emmanuel Macron, ajoutant qu'il ne voulait pas faire de même et qu'il n'allait pas reconnaître unilatéralement un Etat palestinien.
"Les Américains sont marginalisés, j'essaye de ne pas faire de même", a déclaré M. Macron lors d'une conférence de presse avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, tenue à l'issue de la visite officielle de ce dernier à Paris,  ajoutant qu'il n'allait pas reconnaître unilatéralement la Palestine car il "ne croit pas" que ce serait "efficace".
"Décider unilatéralement de reconnaître la Palestine est-il efficace ? Je ne crois pas. Car ce serait une réaction" à la décision américaine "qui a provoqué des troubles dans la région", a développé le président français. "Je répliquerais une erreur d'un type pareil", a-t-il estimé, ajoutant qu'il n'allait "pas construire le choix de la France en réaction" à la politique américaine.

Samedi 23 Décembre 2017

Lu 796 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Archives | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | Rebonds | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito











Mots Croisés