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Premiers enseignements à l’issue de la table ronde de Genève sur le Sahara : Il n’y a d’autre solution que politique

Horst Koehler  Il est dans l'intérêt de tous de résoudre ce conflit afin de créer un environnement propice à une forte croissance et à une meilleure sécurité




Premiers enseignements à l’issue de la table ronde de Genève sur le Sahara : Il n’y a d’autre solution que politique
Tout le monde en convient désormais : la solution de la question du Sahara ne peut être que politique. Exit donc les faux-fuyants et les discours éculés qui n’avaient de finalité que de maintenir un statu quo préjudiciable à toute volonté d’intégration régionale sincère et ouverte sur l’avenir. Fini aussi le temps où l’Algérie agissait en sous-main pour entraver les efforts de développement du Maroc dans le dessein d’accaparer un leadership que  ni son poids, ni son histoire ne lui permettaient d’assumer légitimement. 
La table ronde au sujet de ce différend régional sur le Sahara marocain qui s’est tenue mercredi et jeudi au Palais des Nations à Genève à l’invitation de l'Envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara, Horst Koehler, aura eu au moins le mérite de clarifier un peu plus la situation et d’attester officiellement de la représentativité véritable de chacune des parties et, particulièrement de celle des Sahraouis de souche qui ont été élus démocratiquement et en toute liberté par leurs concitoyens aux postes qu’ils occupent. 
Dans une déclaration à la presse à l'issue de cette rencontre, le chef de la délégation marocaine, à savoir le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, a, en effet, indiqué à ce propos que «la délégation marocaine et notamment les représentants légitimes, élus de la population qui la composent ont pu intervenir pour présenter à la fois les efforts de développement économique dans la région, la vitalité de la vie politique au Sahara et le rôle des femmes et des jeunes et également leurs défis dans cette région».
Idem pour le président de la région de Laâyoune-Sakia El Hamra, Sidi Hamdi Ould Errachid, qui a rappelé avoir « informé l’Envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, et les parties concernées qu’il y a une voix réelle qui exprime les attentes de la population locale, une voix qui est réaliste, légitime » et relevé que cette participation des représentants légitimes de la population sahraouie «est une première par rapport aux précédentes rencontres». 
De son côté, le président de la région de Dakhla Oued Edahab, Ynja Khattat, également membre de la délégation marocaine à la table ronde de Genève, a souligné que «la composition de cette délégation qui comprend des élus et acteurs de la société civile dans les provinces du Sud est un message clair quant au rôle des représentants de la population sahraouie dans le règlement du différend artificiel autour du Sahara marocain». 
Pour sa part, Mme Fatima Adli, militante associative de la ville de Smara, et première élue sahraouie depuis 1992, a mis en exergue le rôle que joue la femme sahraouie pour la défense de la cause nationale et sa représentativité ainsi que celle des jeunes Sahraouis au sein des conseils élus dans les provinces du Sud.
L’autre point d’importance relevé par le chef de la diplomatie marocaine devant la presse est que cette table ronde «est différente de l’exercice précédent à plusieurs titres.
«D’abord par son tour de table puisque, pour la première fois, toutes les parties prenantes ont été présentes et ont participé activement à la discussion. Deuxièmement par son référentiel puisqu’elle intervient après la résolution 2440, qui, dans son paragraphe 2, assigne à cette table ronde un objectif précis qui est de parvenir à une solution pragmatique, réaliste et fondée sur le compromis», a dit le ministre, en soulignant que le Maroc y a participé sur la base d’une position claire : d’abord un engagement sincère pour contribuer aux efforts de l’Envoyé personnel pour parvenir à cette solution politique réaliste, pragmatique fondée sur le compromis et deuxièmement une volonté de voir l’actuel processus se départir de la rhétorique des plans antérieurs qui ne sont pas applicables, des options irréalistes et même des modus operandi qui ne sont pas acceptables».
Le Maroc y a également participé avec «une volonté sincère de relancer l’intégration régionale, de travailler avec tous les pays pour que le Maghreb puisse enfin être un acteur de paix, de stabilité et de développement pour son environnement immédiat, pour ces pays et pour les cinq peuples du Maghreb».
De fait, il s’agit là d’une position de principe du Royaume. Conscient que les liens qui unissent nos peuples unis par une identité de religion, de langue et d’histoire et par un destin commun, le Maroc a, en effet, toujours, placé l’idéal maghrébin au centre de ses préoccupations.
Dans son discours à l’occasion du 43ème anniversaire de la Marche Verte, S.M le Roi a d’ailleurs rappelé « l’idéal unitaire maghrébin, qui animait la génération de la Libération et de l’Indépendance, ambition qui s’est incarnée en 1958 par la Conférence de Tanger » et indiqué que « l’appui apporté par le Royaume à la Révolution algérienne avait contribué à renforcer les relations entre le Trône marocain et la Résistance algérienne » et qu’ » il avait également été un élément fondateur de la conscience et de l’action politique maghrébine commune ».
N’eût été la position hostile des autorités algériennes à notre intégrité territoriale, l’histoire commune de la région aurait été autre. Mais, malheureusement, on ne fait pas l’histoire avec des « si » et on ne peut la refaire pareillement. 
Il n’en demeure pas moins que sa foi en la justesse de cause nationale et l’unanimité qui l’entoure lui ont permis de tenir le cap contre vents et marées et d’avoir fini par avoir non seulement l’écoute des pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU, mais de l’ensemble de la communauté internationale, exception faite de quelques Etats inféodés à l’Algérie ou  adeptes des mêmes référents politiques et procédés diplomatiques qu’elle. 
Sa bonne foi s’est également matérialisée à travers le Plan d’autonomie au Sahara qui est le seul plan de solution globale officiellement déposé auprès des Nations unies et qui constitue, en outre, la solution politique la plus réaliste qui existe jusqu’au jour d’aujourd’hui.
Ce plan qui bénéficie désormais d’un appui international important ne cesse de gagner du terrain puisqu’il met à nu tout le discours incongru et passéiste dont la communauté internationale ne veut plus comme en atteste le fait que nulle trace d’un hypothétique référendum ne figure désormais plus sur les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. Lesquelles exigent désormais qu’il y ait une solution politique à la question du Sahara. 
C’est d’ailleurs l’objectif recherché par l'Envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara, Horst Koehler. Et il semble confiant en la possibilité de faire entendre raison à toutes les parties et à en rapprocher les points de vue.
A preuve, sa déclaration à la presse au sortir de la table ronde de Genève. «Une solution pacifique» au conflit dans le Sahara est « possible », a-t-il déclaré.
 

​Une deuxième table au premier trimestre 2019


Une deuxième table ronde au sujet du différend régional sur le Sahara marocain aura lieu, au premier trimestre de 2019, a annoncé un communiqué de l'Envoyé personnel du secrétaire général de l'Onu pour le Sahara, Horst Koehler rendu public, jeudi soir, à Genève.
«Les délégations ont convenu que l'Envoyé personnel les inviterait à une deuxième table ronde au premier trimestre de 2019», indique le communiqué lu par lui devant la presse.
Le communiqué rappelle également que des délégations du Maroc, de l'Algérie, du Polisario et de la Mauritanie ont participé à une première table ronde les 5 et 6 décembre à Genève, conformément à la résolution 2440 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Lesquelles délégations  «ont fait état des récents développements, abordé les questions régionales et discuté des prochaines étapes dans le processus politique pour le Sahara».
«Toutes les délégations ont reconnu que la coopération et l'intégration régionale, plutôt que la confrontation, étaient les meilleurs moyens de relever les nombreux et importants défis auxquels la région est confrontée», relève le communiqué, notant que «toutes les discussions se sont déroulées dans une atmosphère d'engagement sérieux, de franchise et de respect mutuel».
Horst Kohler a également déclaré à la presse à l'issue la réunion de Genève que celle-ci a été « un pas important vers un processus politique renouvelé pour l'avenir du Sahara » et félicité les délégations qui se sont «engagées ouvertement et dans le respect mutuel « dans cette table ronde, en rappelant que l'objectif de ce processus est de trouver «une solution juste, durable et mutuellement acceptable» à la question du Sahara.  
«Après nos discussions, il est clair pour moi que personne ne gagne à maintenir le statu quo », a-t-il dit, notant qu' «il est dans l'intérêt de tous de résoudre ce conflit afin de créer un environnement propice à une forte croissance, à la création d’emplois et à une meilleure sécurité».

Nasser Bourita : Le Maroc continuera à travailler avec Horst Koehler avec la même sérénité, le même esprit positif et le même référentiel clair

 
Le Maroc continuera à travailler avec l’Envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara, Horst Koehler pour la préparation des prochaines échéances «avec la même sérénité, le même esprit positif et le même référentiel clair», a souligné, jeudi soir à Genève, Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.
Nasser Bourita, qui a conduit la délégation marocaine à une table ronde au sujet du différend régional sur le Sahara marocain, tenue à l’invitation de Horst Koehler, a affirmé dans une déclaration à la presse, à l'issue de cette rencontre, que cette table ronde a porté sur «les derniers développements du dossier, l’intégration régionale et les entraves à l’intégration régionale».
Sur ces différentes questions, a précisé le ministre, «la délégation marocaine et notamment les représentants légitimes, élus de la population qui la composent ont pu intervenir pour présenter à la fois les efforts de développement économique dans la région, la vitalité de la vie politique au Sahara et le rôle des femmes et des jeunes et également leurs défis dans cette région».
Il a rappelé que le communiqué de l'Envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara, qui a sanctionné cette rencontre, prévoit une deuxième table ronde.
«Les délégations ont convenu que l'Envoyé personnel les inviterait à une deuxième table ronde au premier trimestre de 2019», a indiqué le communiqué.
Le Maroc, a précisé le ministre, «a soutenu cette option en soulignant que cette nouvelle table ronde comme celle-là devrait être bien préparée et ce qui a fait la réussite de la présente table ronde devrait être consolidé».  

J.R
Samedi 8 Décembre 2018

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