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Pr.Rhita Iraqi et Pr. Rajaa Nadifi, cheville ouvrière de l’égalité genre


Par Amina Azizeddine
Lundi 7 Mars 2022

Pr.Rhita Iraqi et Pr. Rajaa Nadifi, cheville ouvrière de l’égalité genre
Consacrer une journée aux femmes peut être considéré par certaines personnes comme insuffisant, voire insignifiant, en comparaison avec les acquis réalisés et les revendications qui font, à ce jour, l’objet de luttes et de combats. Mais, il est certain que cette journée pourrait être une occasion pour célébrer des femmes qui travaillent sans relâche et qui déploient de grands moyens pour contribuer à l’émancipation de la femme marocaine.
Professeure Rhita Iraqi, vice-doyenne aux affaires académiques et pédagogiques, professeure de l’enseignement supérieur, et co-fondatrice du Laboratoire genre, éducation, littérature, et média (Gelm) au sein de la Faculté des lettres et des sciences humaines, Aïn Chock et professeure Rajaa Nadifi, chargée de la recherche et de la coopération, directrice du Laboratoire genre, éducation, littérature, et médias, et enseignante-chercheuse spécialiste en littérature et en études de genre, au sein de la même faculté, sont deux grandes dames, qui ne cessent de militer afin d’instaurer l’égalité entre les sexes. Deux figures féminines marocaines, dont on ne peut qu’être fier pour leurs parcours riches en expériences, luttes et combats pour promouvoir les études de genre, qui sont une approche interdisciplinaire, permettant d’étudier les rapports sociaux entre les deux sexes.
Elles sont des figures emblématiques de l’enseignement supérieur marocain, où elles sont des vigies, qui aident les étudiants-es à trouver le bon chemin vers la bonne rive.
Avant-gardistes du genre au sein de l’université marocaine, et conscientes de l’importance du genre comme concept-clé pour toute réforme et progrès vers l’égalité genre, et du rôle essentiel de l’université dans la diffusion du savoir-être et du savoir-faire, elles ont veillé à consolider la formation Master genre-sociétés & cultures qui existe depuis 2005, par la mise en place d’un laboratoire - GELM- en 2016, spécialisé dans les études de genre, au sein de la faculté.
A l’occasion de la commémoration de la Journée internationale de la femme, à la question de comment elle est parvenue à mener à bon terme toutes ces tâches et attributions professionnelles, et à bien porter ces différentes casquettes, professeure Rhita Iraqi répond : « En effet, depuis six ans, je suis vice-doyenne aux affaires pédagogiques et académiques sans pour autant négliger ma mission de professeure qui a démarré en 1985.
J’assure non seulement des cours dans le Département de langue et littérature françaises, mais je dirige également des thèses de doctorat et des mémoires de recherche du Master genre, éducation et sociétés. Quant à la conciliation entre mes différentes tâches, elle se fait sans difficulté. Tout est question d’organisation. »
La Journée internationale des femmes au Maroc peut être pour certains une opportunité pour célébrer les acquis, et pour d’autres une remise en question de la situation féminine, sachant que moult revendications restent, à ce jour, non satisfaites.
Qu’en pense professeure Rhita Iraqi ? « Le 8 Mars est essentiellement une date qui permet de faire une mise au point des avancées pour une égalité des droits, et ce à travers le monde. Cette date est l’occasion d’évaluer les acquis et de pointer du doigt les entraves à l’amélioration de la situation des femmes. La Constitution de 2011 accorde aux femmes et aux hommes les mêmes droits en termes d’égalité, mais des freins puissants empêchent leur mise en application. On doit sensibiliser toute la société des bénéfices aussi bien sociaux qu’économiques que nous obtiendrons s’il y a une véritable égalité. Ainsi, toute l’énergie de la société sera déployée pour le développement de notre pays. »
Concernant le Laboratoire GELM, professeure Rajaa Nadifi nous expose, son rôle, ses missions et ses objectifs: « Le Laboratoire de recherche genre, éducation, littérature et médias créé en 2016, à la Faculté des lettres et de sciences humaines d’Ain Chock, a choisi de travailler dans le cadre de quatre champs de recherche : lettres, éducation, communication et études de genre. Il est constitué de trois équipes :
Education, culture, territoires et genre (ETCG)
Genre et littératures (GEL)
Textes, discours et médias (TDM)
Par sa vocation pluridisciplinaire, le Laboratoire GELM collabore avec des organismes de recherche ou d’enseignement marocains ou étrangers, accueille des enseignants-chercheurs-es issus-es du secteur des langues, des sciences humaines et des sciences sociales, et des personnes appartenant à d’autres institutions marocaines et étrangères. Le laboratoire GELM assure une triple mission :
1/ Les productions littéraires, culturelles comme système de représentation
2/ L’éducation et l’environnement socioculturel en matière de rapports sociaux de sexe
3/ Les enjeux de la communication et des médias dans la société
Professeure Nadifi souligne que malgré les contraintes et les entraves, le Laboratoire, dont les intervenants sont des doctorants-es, des jeunes docteurs-es, des jeunes enseignants-chercheurs-es, encadrés par des directeurs-es chercheurs-es, est sur la bonne voie pour réaliser ses objectifs, qui peuvent se résumer ainsi :
La valorisation des études du genre au Maroc
La mise en place de l’éducation à l’égalité femme-homme dans le cursus d’enseignement universitaire
La mise en place de partenariat au niveau national et international avec des organismes œuvrant dans le domaine du genre et en faveur de l’égalité : structures de recherche des universités, organisations internationales…
La diffusion des résultats des travaux de recherches. »
Pour les études du genre dans les universités, professeure Rajaa Nadifi, explique qu’il existe sans doute un vrai élan dans le développement des études de genre dans l’université, mais outre la volonté et l’engagement politiques qui sont des facteurs indispensables, il est certain que des changements de comportements et d’attitudes sont aussi exigés, afin de permettre une institutionnalisation du genre, sachant que le Maroc est engagé depuis 2002 dans l’institutionnalisation de l’approche genre en faisant de l’égalité entre les sexes, qui est une condition importante pour aboutir aux objectifs du développement humain, l’un des piliers de la Constitution de 2011.
De ce fait, l’université ne peut que s’inscrire dans la perspective des réformes et de la volonté de l’Etat, et l’Université Hassan II, avec ses trois structures de formation et huit structures de recherche orientées genre, qui œuvrent pour la promotion du genre et de l’égalité, joue un rôle pivot dans les études de genre, et ce à travers plusieurs niveaux, dont le plus important est la formation d’une relève de doctorants qui pourront continuer à nourrir la dynamique instaurée.
La contribution et les efforts engagés des professeures Rhita Iraqi et Rajaa Nadifi témoignent de leur bonne volonté et persévérance pour mener à bout ce processus d’intégration des études de genre dans le système éducatif, aux niveaux de toutes les universités marocaines, afin de réduire les inégalités qui persistent encore entre les hommes et les femmes, et d’instaurer la culture de l’égalité au sein de notre société. 


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