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Pour la protection des enfants Covid+



Encore faut-il que les tests soient de la partie

Amesure que le Sars-cov2 poursuit sa propagation express, on se rend de plus en plus compte des multiples dysfonctionnements qui servent son dessein. Prenons l’exemple des enfants contaminés. Sur le papier, le ministère de la Santé recommande, via un protocole sanitaire, de maintenir l’enfant à l’abri de tout risque, en déconseillant aux parents, entre autres, d’emmener leurs chérubins déclarés Covid+ dans des endroits où ils risquent de rentrer en contact avec des personnes fragiles, en l’occurrence les femmes enceintes, les malades chroniques ou encore les personnes âgées. Oui mais voilà, sur le terrain, c’est une toute autre histoire. Les choses ne sont pas aussi limpides que cela. Et pour cause, il faut d’abord que l’enfant soit positif au coronavirus et donc qu’il ait passé les tests en vigueur. Or, ce n’est toujours le cas. En atteste cette famille dont le père a été déclaré positif cinq jours après avoir effectué le test PCR. Outre ce délai d’attente totalement absurde, les autorités sanitaires ont refusé de tester ses cas contacts, ne serait-ce que ses enfants et sa femme. Pourquoi ? « Parce qu’aucun d’entre eux n’a de symptômes », aurait-on expliqué au père en question. Une réponse toujours du domaine de l’absurde. Elle est d’autant plus incompréhensible qu’elle fait fi des cas asymptomatiques qui représenteraient, selon le ministère de la Santé, plus de 90% des cas Covid+ recensés dans le pays. Résultat : ses enfants, respectivement âgés de 4 et 13 et 21 ans, n’ont pas effectué de quatorzaine, poursuivant leur scolarité en présentiel sans pour autant savoir s’ils sont Covid+ ou pas. Le risque de contamination n’est clairement pas nul. Certes, contrairement à ce que l’on pensait au printemps dernier, les enfants pourraient ne pas être des «super-contaminateurs » car ils ont moins de symptômes, comme la toux ou les éternuements qui sont des modes de transmission avérés du virus, mais il y a des risques de contamination non négligeables s’agissant des plus de 13 ans. Selon plusieurs experts, le niveau de contagiosité des ados serait similaire à celui des adultes. Mais rien de tout ça n’est figé dans le marbre. Il faut savoir que le niveau de contagiosité des enfants et adolescents asymptomatiques demeure une énigme, au même titre que chez les adultes. «On ne sait pas à quel point les enfants asymptomatiques peuvent infecter d'autres personnes », résume le Centre européen pour la prévention des maladies (ECDC). Mais quoi qu’il en soit, le fait est qu’il y a un gouffre entre les décisions, les annonces et les protocoles du ministère de la Santé et leur application. L’exemple précité en dit long sur une situation qui devient de moins en moins contrôlable. La propagation du virus s’accélère, mettant ainsi en porteà-faux les décisions récemment prises par l’Exécutif, ou plutôt l’absence de décision. L’apathie du gouvernement et les mesures totalement inefficaces mises en place prouvent que la situation est tout sauf sous contrôle. Pour rappel, la barre des 5000 cas quotidiens est largement dépassée à une fréquence quotidienne depuis une semaine. Dimanche à 18h, 933 personnes étaient en réanimation dont 73 sous intubation invasive et 504 sous intubation non invasive. Bref, on ne va pas se raconter d’histoires en essayant de vous convaincre que le gouvernement marocain fait tout bien et ne lésine pas sur les moyens. Si l’on fait une radioscopie du monde entier, il y a deux points en commun entre les pays où l’épidémie est désormais conjuguée au passé. Le premier tient dans la discipline des citoyennes et citoyens. Le second appelle la capacité des gouvernements à réaliser une campagne de dépistage massif, pour isoler les cas Covid+ et donc éviter la propagation. Ce sont là deux pistes que l’Exécutif marocain a décidé de ne pas creuser en profondeur, se contentant, par exemple, de réaliser 20.000 tests quotidiens. Un nombre dérisoire et inefficace. Il ne faut pas être devin pour s’en persuader. Les cas contacts qui ne sont pas automatiquement testés en sont le parfait exemple. Quand bien même dans le cas des enfants, cela n’a pas une grande incidence, mais, tout de même, cela explique en partie la dégradation de la situation épidémiologique dans le pays. En attendant un réveil et une prise de conscience de l’Exécutif, charge à nous de faire attention et de protéger nos enfants. 

Chady Chaabi
Lundi 9 Novembre 2020

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