En même temps, des riches qui ont peur des lendemains qu’ils pensent incertains avec l’avènement de François Hollande ont commencé à prendre le chemin de l’exil doré. Vive le patriotisme !
En tout cas, les dirigeants européens qui ont boudé le candidat socialiste se sont vite rendus à l’évidence. C’est ce qu’on appelle la realpolitik pour aussitôt s’empresser de le féliciter et même de demander à le rencontrer le plus tôt possible. C’est le cas de la chancelière allemande Angela Merkel, et du Britannique David Cameron. Il va de même pour le président américain Barack Obama qui a adressé une invitation spéciale à François Hollande qu’il ne connait presque pas pour une visite à la Maison Blanche juste avant le G8 et le Sommet de l’Otan. Il s’agira de sonder le nouveau président français sur ses véritables intentions en ce qui concerne le retrait avant terme des troupes françaises d’Afghanistan ainsi que sur le cap budgétaire. Les Américains semblent partager la vision de François Hollande sur la croissance dont il a fait son cheval de bataille lors de sa campagne électorale. Ce qui n’est pas le cas de la chancelière qui reste très attachée à son pacte d’austérité même si elle se dit prête à faire quelques concessions.
On verra alors la capacité de persuasion du nouveau locataire de l’Elysée lors de son entrevue avec la dame de fer allemande. François Hollande se dit fort du mandat reçu du peuple français, ce qui le met en position de force et donc de légitimité pour défendre bec et ongles son projet de pacte budgétaire. La position du nouveau président français se trouve renforcée par les prises de position du président de la Banque centrale européenne ainsi que celles de certains dirigeants de pays européens en récession estimant que leur politique d’austérité au lieu de redresser l’économie n’a fait que l’enfoncer encore un peu plus. C’est le cas de la Grèce, de l’Italie et de l’Espagne, entre autres.
C’est dire que le nouveau président français n’aura guère de répit. Dès sa prise de fonction officiellement dans quelques jours, il aura du pain sur la planche. Il devra à la fois répondre aux premières promesses faites aux Français qu’il décidera par décrets pendant la vacance du Parlement, et s’attaquer au problème de la croissance.
François Hollande sait qu’il est attendu par les Français qui n’acceptent plus d’être abaissés, ni maltraités par une chancelière allemande sûre d’elle et de la force économique de son pays. Donc l’échec ne sera pas permis. Il doit à la fois défendre son pacte budgétaire et la sauvegarde de la zone euro. Avant sa prise de fonction, le nouveau président a entamé une série de contacts avec les grands de ce monde.
Tout au long de sa campagne électorale, celui qu’on appelle familièrement la force tranquille a montré de quoi il est capable.