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Plus de 440.000 candidats passent le bac cette année




Plus de 440.000 candidats passent le bac cette année
Paraphrasant Auguste Comte, le regretté humoriste Sim avait affirmé, pince sans rire, que les bacheliers sont des spécialistes de la généralité. Ils le sont assurément sous d’autres cieux plus cléments que les nôtres en matière de cursus, curricula et autres concepts d’une pédagogie dont les voies deviennent impénétrables au sortir du Détroit de Gibraltar.
Ils le furent aussi de ce côté-ci de cet isthme au temps où cette peau d'âne dénommée baccalauréat et estampillée aux couleurs nationales valait son pesant d'or et ouvrait les portes des universités, écoles et instituts supérieurs tant nationaux qu'étrangers.
De nos jours, malheureusement, elle doit montrer patte blanche, pour ouvrir celle du moindre établissement public supérieur qui vaille la peine.
Toutes les écoles supérieures préfèrent désormais n'en accepter les titulaires qu'après les avoir passés sous les fourches caudines de concours aux critères aussi diversifiés qu'abscons.
Sésame à date de péremption estampillée en bas de page, ce diplôme ne permet malheureusement de ne passer que la porte des universités à accès ouvert … sur le chômage, si l’on en croit le langage des chiffres tenu par bon nombre d’institutions officielles spécialisées dans le traitement de pareilles données. Il faut néanmoins savoir raison garder et, surtout, garder espoir.  Le jeu en vaut la chandelle, ne serait-ce qu’à cause du nombre important des joueurs y engagés.
Selon les statistiques que le ministère de l’Education nationale, de la Formation professionnelle, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a rendues publiques jeudi dernier,  441.065 candidats passeront ces épreuves au titre de la session de juin 2019, soit une hausse de 0,3% par rapport à l'année précédente.
Le nombre de candidats scolarisés a atteint 332.298, alors que celui des candidats libres s'élève à 108.767, soit 25% de l'effectif global des candidats.
Par branches, les candidats se répartissant entre le pôle des branches scientifiques et techniques a atteint 244.776, soit 64%, et les filières littéraires et originelles (187.383), alors que le nombre des candidats dans les filières internationales (option français et anglais) est passé à 24.979, contre 18.326 l'année écoulée, soit une hausse de 36%.
Le nombre des candidats au baccalauréat professionnel a presque quadruplé par rapport à la session de 2018, pour se chiffrer à 8.178, contre 2.115. Ils sont répartis sur 19 filières, dont le pôle professionnel commercial, qui a connu une évolution importante du nombre de candidatures, qui s'est élevé à 3.542, contre 574 l'année dernière. Il s'agit également du pôle professionnel industriel, qui est passé de 1.394 candidats à 3.927, enregistrant une augmentation d'environ 282%. Le pôle professionnel des services est passé, lui, de 147 candidats en 2018 à 709 cette année.
Par ailleurs, 1.500 centres ont été affectés au déroulement des examens et 350 centres à la correction au niveau provincial, tandis que les mesures de lutte contre la triche aux examens ont été renforcées à travers le lancement de campagnes de sensibilisation provinciales, régionales et nationales.
En plus de la sensibilisation aux effets néfastes de la triche aux examens, chaque candidat est appelé à fournir une déclaration et un acte d’engagement légalisé dans lequel il atteste avoir pris connaissance des lois et règlements concernant la triche aux examens et les sanctions qui en découlent.
En outre, des commissions de veille et de suivi ont été mobilisées au niveau provincial, régional et national pour lutte contre la triche, en plus de l'acquisition de matériel de détection des cas de fraude.
Fort bien. Encore aurait-il fallu nous convaincre de l’utilité d’avoir, via l’accès régulé à l’enseignement supérieur, fermé la porte du savoir à des milliers de jeunes et d’avoir mis en panne ce puissant ascenseur social que fut l'enseignement supérieur pour des milliers de jeunes issus des milieux défavorisés.
Une telle situation peut certes se révéler catastrophique pour la cohésion et la stabilité sociales du pays à plus ou moins long terme, mais il y a pire : le manque de confiance en ce diplôme induit automatiquement une perte de confiance en  l'avenir et, partant, en ce vivre-ensemble qui a été le véritable ciment de notre identité nationale, de notre unité et de cette force qui nous avait permis d’édifier cet Empire du couchant dont on continue à ne vanter les mérites qu’aux seuls touristes étrangers.

J.R
Samedi 1 Juin 2019

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