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Paul Allen, co-fondateur de Microsoft, philanthrope et guitariste

Bill Gates a tenté de “l’arnaquer”




 L’américain Paul Allen était une des figures tutélaires de l’informatique pour avoir co-créé avec Bill Gates l’un de ses premiers géants, Microsoft. C’était aussi un philanthrope et milliardaire touche-à-tout, du basket à la conquête spatiale en passant par le rock.
“La vie de Paul était diverse et vécue avec enthousiasme. Cela se reflétait dans ses innombrables centres d’intérêt: la technologie, la musique, les arts, les bio-sciences ou l’intelligence artificielle”, entre autres, a résumé Bill Hilf, à la tête de Vulcan, l’entreprise fondée par le multimilliardaire, qui avait survécu à deux cancers avant de succomber à une récidive lundi, à 65 ans.
Pour Bill Gates, sans son ami d’enfance, connu sur les bancs de l’école, “l’informatique personnelle n’aurait jamais existé”.
Célèbre pour avoir co-fondé Microsoft en 1975, Paul Allen, dont la fortune dépassait les 20 milliards de dollars au moment de sa disparition, s’était pourtant fâché avec M. Gates et avait claqué la porte dès 1983.
Yeux clairs, lunettes et fins cheveux blonds, Paul Allen règlera ses comptes en 2011, dans son autobiographie “Idea Man” (“Homme d’idée”) en affirmant que Bill Gates avait tenté de “l’arnaquer” alors même qu’il était diminué par la maladie de Hodgkin, une forme de cancer du système lymphatique.
Les deux hommes avaient fondé “Micro-Soft” en 1975 après qu’un test a prouvé la valeur de leur programme BASIC, et Paul Allen affirme dans son livre qu’il avait toujours escompté qu’ils se partageraient la société à 50/50.
“Mais Bill avait une autre idée”, se réservant 60% parce qu’il aurait accompli une plus grande partie du travail de programmation, explique Paul Allen. En 1977, ils signent un accord: 64% du groupe pour Gates, 36% pour Allen.
Mais en 1982, il surprend une conversation entre Bill Gates et Steve Ballmer, un autre dirigeant du groupe, discutant “de la façon dont ils pourraient diluer mes parts dans Microsoft en s’accordant des options, à eux-mêmes et à d’autres actionnaires”, selon la version de Paul Allen.
En dépit d’une lettre d’excuses de six pages de Bill Gates, il décide de quitter Microsoft.
Problème: Gates veut lui racheter ses parts à 5 dollars l’action mais Allen en demande 10. Faute d’accord, Paul Allen quitte le groupe avec ses actions sous le bras. Bien lui en a pris : vers 2000, il a revendu ses actions et est devenu richissime.
Sur ses relations avec Bill Gates, il dira dans une interview qu’”Idea Man” n’est pas une “vengeance”... tout en admettant que s’ils en parlaient en tête à tête, “ce sera une discussion animée”.
Il évoque aussi néanmoins la sollicitude de M. Gates durant une autre bataille contre le cancer en 2009, un lymphome non-hodgkinien cette fois: “Il y a un lien entre nous qui est indéniable”. C’est ce cancer, qui a récidivé cette année.
Trois ans plus tard après avoir quitté Microsoft, il fonde Vulcan, qui gère ses diverses activités. Il est un ardent philanthrope et en 2010, il promet de léguer 50% de sa fortune aux oeuvres caritatives, dans le sillage d’un appel formé par un autre philanthrope célèbre, Bill Gates...
Investi dans sa ville natale Seattle, et sa région au nord-ouest des Etats-Unis, il y a fondé plusieurs musées.
Il était aussi passionné de sports et propriétaire de l’équipe de football américain des Seattle Seahawks et de l’équipe de basket des Trail Blazers de Portland (Oregon, nord-ouest).
Comme d’autres grands patrons milliardaires (Jeff Bezos, Elon Musk...), Paul Allen était également féru de conquête spatiale. Il a fondé Stratolaunch, qui a construit l’avion le plus grand du monde, actuellement en train d’être testé dans le désert californien (ouest) avant un premier vol d’essai prévu pour 2019.
Il possédait deux yachts géants consacrés à l’exploration et à la recherche scientifique.
Né le 21 janvier 1953, il était le fils d’un bibliothécaire et d’une enseignante. Il n’était pas marié et n’avait pas d’enfant.
Il avait fréquenté dans les années 1970 l’Université de l’Etat de Washington -où se trouve Seattle- et était un grand fan du guitariste Jimi Hendrix. Il jouait lui-même de la guitare avec son groupe The Underthinkers, qui a sorti un album en 2013.

Mercredi 17 Octobre 2018

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