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Parole aux artiste : Mohamed Alami ''Il est temps de repenser l’état des arts dans notre pays ! ''




Il est très important d’ouvrir grandes les portes de la contribution aux artistes, en leur permettant de s’exprimer sur des questions d’ordre public ! Leur regard est certes singulier et leur manière d’évaluer est libre des a priori, en général, ce qui donne à leur propos une valeur essentielle pour la critique publique.
Mohamed Alami est un médiateur culturel dans le vrai sens du terme. Il est comédien, président d’association, président de festival, chercheur académique en animation culturelle, en plus d’autres activités. Son diplôme en communication lui a permis d’ouvrir toutes les portes, ou du moins d’y essayer ! Libé l’a rencontré. Entretien. 


Libé :Quel rôle devrait jouer aujourd’hui l’artiste dans la vie publique? 
Mohamed Alami : L’artiste joue un rôle important dans la société, tout comme la diversité des genres artistiques (musique, arts plastiques…). L’objectif essentiel est celui de présenter un produit respectant l’intelligence du public, afin d’améliorer son goût,  contribuant ainsi à l’édification d’une société éprise de bon goût et de bon sens. 
Il est aussi du devoir de l’artiste de s’impliquer dans d’autres causes, étant donné l’importance de ses positions et de son influence. 
Les politiques publiques aident-elles les artistes à saisir des d’opportunités en matière de création ? 
Le gouvernement tente de porter main forte au champ culturel et artistique, à travers des appels d’offres lancés par le ministère de la Culture, le Centre culturel marocain (CCM) et les conseils élus … Cependant, il faut souligner l’absence, ou du moins le manque, de conditions professionnelles adéquates. En d’autres termes, ce qu’offre l’Etat à travers ses canaux de soutien n’est rien d’autre qu’un appui, et c’est aux artistes de trouver d’autres moyens de financement. Ce n’est pas le cas dans autres pays, où l’on avait érigé ce secteur en tant que tremplin vers le développement à travers la promotion de l’économie et notamment le tourisme. 
Pour ma part, j’appelle depuis cette tribune à la révision des cahiers des charges en vigueur et à repenser l’actuelle politique, de telle manière à respecter les droits sociaux des artistes. 
Quels sont les moyens à même de transformer les espaces publics en endroits artistiques ? 
L’idée d’ériger les espaces publics en lieux  culturel et artistique est d’une grande importance, dans la mesure où sa mise en application endiguerait plusieurs phénomènes dangereux menaçant notre société. En l’absence du rôle joué autrefois par les Maisons des jeunes, les associations culturelles ainsi que les partis politiques, les jeunes veulent désormais investir la rue pour montrer leurs talents, et beaucoup d’entre eux sont devenus de vrais artistes professionnels. Cependant, je pense que les moyens à même d’ériger les lieux publics en lieux artistiques sont entre les mains de l’Etat. Les artistes et la société civile doivent, toutefois, tenter d’œuvrer dans ce sens. L’exemple de la place Boujloud est édifiant, puisqu’un monument historique n’offre rien de particulier à la cité de Fès. Imaginons un instant le fait d’accorder la possibilité aux artistes de la ville de revivifier cette place (musiciens, plasticiens, poètes et paroliers, conteurs….), elle retrouverait certainement son aura perdu depuis des décennies. 
L’art au service de la société, mais aussi au service de la région. Que faites-vous pour faire connaître vos régions respectives ? 
L’artiste devrait d’abord servir sa région. Personnellement, et contrairement à beaucoup d’autres acteurs et comédiens, je n’ai jamais quitté ma ville pour travailler ailleurs. Je me suis toujours dit qu’il y a la possibilité de s’imposer dans sa ville, et même loin des « métropoles artistiques ». J’ai personnellement, et en compagnie de certains de mes collègues, fondé plusieurs festivités culturelles et artistiques, dont le Festival national de Fès pour l’humour qui est déjà à sa 7ème édition et qui compte parmi les plus importants rendez-vous en la matière. 
L’on accueille des humoristes de tous les pays arabes et européens. Une autre rencontre d’humour réservée aux jeunes de la région de Fès-Meknès est organisée dans les grandes villes mais également dans les zones rurales de la région où l’équipe du festival cherche de nouveaux talents et organise des sessions de formation au profit des artistes en herbe. En tout cas, l’association des humoristes a donné naissance à de nouveaux profils qui ont marqué du sceau de la qualité de l’excellence la scène artistique sachant qu’autres leur emboîtent le pas. 
L’industrialisation de la culture sert-elle vraiment l’action artistique, ou au contraire, la réduit-elle à une marchandise consommable et éphémère ? 
A mon humble avis, il n’existe pas encore d’industrie artistique dans le vrai sens du terme. Il n’y a pour l’instant que des marchandises à consommer en fonction d’une date de péremption. 
 y a lieu aujourd’hui de repenser cet état des lieux pour détecter les points faibles et édifier une vraie industrie cinématographique. Nous ne nions pas certaines exceptions comme le rôle du Théâtre Mohammed V, en tant que véritable et unique institution artistique. La mise en place de pareilles institutions est devenue urgente ! 
De quelle nature est votre présence sur les réseaux sociaux  (personnelle, professionnelle, les deux ) ? 
Les deux à la fois, j’ai recours à certaines applications pour le volet professionnel, comme linkedin, qui me permet de travailler dans plusieurs projets libres, alors que d’autres comme Facebook sont utilisées à des fins personnelles… bien que j’y partage aussi des informations sur les festivals, les pièces de théâtre, les articles ou les affiches d’annonce … 
Quel est votre dernier travail artistique ? 
Mon dernier travail est une pièce de théâtre intitulée « N3am assi » (Votre excellence) qui traite du sujet de la peur et ses conséquences sur l’aspect psychologique de l’être. Il y a lieu également de rappeler deux spectacles humoristiques « Flash-back » et « Les amis 80 », présentés dernièrement dans plusieurs villes marocaines. Nous avons également bénéficié du programme initié par la chaîne télévision marocaine Al Oula présenté sous le titre « Jamal comedy club ». 
 

Propos recueillis par Mustapha Elouizi
Lundi 25 Juin 2018

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