Ouverture à Munich de l’un des plus grands procès néonazis de l’après-guerre en Allemagne

Le procès de Beate Zschäpe, la principale accusée et de son groupuscule, la NSU devrait durer une année


Reuters
Mardi 7 Mai 2013

Autres articles
Le procès d'une militante néonazie s'est ouvert ce lundi à Munich. Beate Zschäpe est la seule survivante d'un groupuscule soupçonné des meurtres de huit immigrés turcs, d'un Grec et d'une policière qui ont bouleversé l'Allemagne et remis en cause la perception des mouvements d'extrême droite.
Beate Zschäpe, Uwe Mundlos et Uwe Böhnhardt, originaires de la région d'Iéna, en ex-RDA, se sont lancés dans l'action armée en 1998 avec la création de la Clandestinité nationale-socialiste (Nationalsozialistischer Untergrund, NSU).
Pendant sept ans, entre 2000 et 2007, les membres du groupuscule, animés d'une xénophobie et d'un radicalisme jamais vus dans les milieux néonazis allemands, vont tuer à dix reprises sans jamais attirer l'attention des forces de l'ordre.
Le trio est également accusé de deux attentats à la bombe dans des quartiers à forte population immigrée de Cologne et d'une quinzaine de braquages de banques.
L'existence du groupuscule ne sera révélée que de façon fortuite en novembre 2011.
De retour d'une attaque de banque manquée, Mundlos et Böhnhardt mettent le feu à leur caravane avant de se suicider à Eisenach. La police découvre dans la caravane calcinée l'arme ayant servi pour les dix meurtres et une profession de foi enregistrée sur DVD dans laquelle les trois néonazis revendiquent leurs crimes.
Beate Zschäpe se livrera à la police d'Iéna quatre jours plus tard. "Je suis celle que vous cherchez", dit-elle aux policiers.
Aujourd'hui âgée de 38 ans, celle que les médias allemands ont surnommée la "fiancée nazie" et qu'Anders Behring Breivik, l'auteur du massacre de 77 personnes en Norvège en juillet 2011, appelle sa "chère soeur", s'est depuis murée dans le silence.
Quatre autres personnes, accusées d'avoir soutenu le trio dans son équipée meurtrière, comparaîtront avec elle.

Reuters
Mardi 7 Mai 2013
Lu 249 fois
Dans la même rubrique :