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"On ne change pas l'Europe avec des provocations", déclare Salvini

Bruxelles rejette le projet de budget italien




Matteo Salvini, patron de la Ligue (extrême droite) et homme fort du gouvernement italien, s'est démarqué mercredi d'un geste de provocation d'un eurodéputé de son parti contre la Commission européenne.
"On ne change pas l'Europe avec des provocations", a déclaré M. Salvini à la radio, à propos du geste d'Angelo Ciocca, qui a écrasé sa chaussure sur les notes du commissaire européen Pierre Moscovici après la conférence de presse de ce dernier sur le rejet du projet de budget italien.
"Je ne veux pas sortir de l'Europe, je ne veux pas sortir de l'euro, je ne veux pas frapper les tables avec ma chaussure, mais laissez les Italiens travailler", a ajouté M. Salvini.
La Commission européenne a rejeté mardi le budget italien, largement en dehors des clous européens, une décision inédite, et demandé au gouvernement de la coalition populiste de lui présenter un budget révisé sous trois semaines.
Après avoir parlé mardi d'un "manque de respect" de M. Ciocca, M. Moscovici est revenu mercredi matin en des termes plus sévères sur son geste "grotesque".
"Au début on sourit et on banalise parce que c'est ridicule, puis on s'habitue à une sourde violence symbolique, et un jour on se réveille avec le fascisme. Restons vigilants! La démocratie est un trésor fragile", a-t-il écrit sur Twitter.
Le bras de fer entre la Commission et la coalition populiste au pouvoir en Italie se durcit: Bruxelles a rejeté mardi le projet de budget italien, une première dans son histoire, fustigeant "une déviation claire, nette, assumée et par certains, revendiquée" aux règles européennes.
"La balle ne touche pas la ligne, elle est loin de la ligne", a critiqué le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici lors d'une conférence de presse à Strasbourg.
"C'est un moment fort et grave pour nous", a-t-il ajouté, précisant que l'Italie disposait désormais de trois semaines, selon les règles européennes, pour présenter un budget révisé.
Dans le cas contraire, elle s'expose à l'ouverture d'une "procédure pour déficit excessif", susceptible d'aboutir à des sanctions financières correspondant, en théorie, à 0,2% de son PIB (soit 3,4 milliards d'euros en prenant les chiffres de 2017).
"La balle est maintenant entre les mains du gouvernement italien", a lancé le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis, regrettant que Rome aille "ouvertement, consciemment à l'encontre des engagements pris".
La Commission marche sur un fil avec l'Italie, entre recherche de fermeté, afin de prouver sa crédibilité, et volonté de dédramatiser, pour éviter un choc frontal avec Rome qui affolerait les marchés et risque d'alimenter le populisme dans la troisième économie de la zone euro.
"Cela ne change rien (...) on ne retourne pas en arrière", a immédiatement réagi Matteo Salvini, vice-Premier ministre italien, en déplacement en Roumanie.
"Ils ne sont pas en train de s'attaquer à un gouvernement mais à un peuple. Ce sont des choses qui mettent les Italiens encore plus en colère", a ajouté le patron de la Ligue (extrême droite), homme fort du gouvernement de coalition avec le Mouvement 5 étoiles (M5S, populiste).
"Dès demain, nous continuerons à expliquer cette loi de finances", avait pour sa part déclaré, avant même l'annonce de la Commission, son homologue, Luigi Di Maio, chef de file du M5S, promettant "des semaines de grand dialogue avec l'Europe, les marchés".
Bruxelles avait déjà pointé du doigt dans un courrier à Rome la semaine passée le dérapage budgétaire "sans précédent" de l'Italie depuis les nouvelles règles mises en place en 2013 et le risque de "non-conformité grave" de son budget avec les règles européennes.

Jeudi 25 Octobre 2018

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