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Nucléaire iranien : Un programme scruté à la loupe par l'AIEA




Chargée de vérifier sur le terrain l'application par l'Iran de l'accord nucléaire de 2015 dénoncé il y a un an par Donald Trump, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a jusqu'à présent toujours attesté que Téhéran respectait ses engagements, malgré les critiques de Washington et d'Israël.
L'agence basée à Vienne publie tous les trois mois un rapport d'étape sur l'application du traité par la République islamique. Elle a pour l'instant toujours attesté que l'Iran restait dans les clous, et notamment que Téhéran n'enrichit pas d'uranium à des degrés prohibés et ne constitue pas de stocks nucléaires illégaux.
L'AIEA exhorte toutefois régulièrement Téhéran à faire preuve de "coopération pro-active" concernant l'accès aux sites qu'elle souhaite inspecter.
Créée en 1957, c'est l'agence de l'ONU en charge des technologies nucléaires. Comptant 171 pays membres et employant 2.500 experts, elle a pour mission de promouvoir les usages civils du nucléaire et d'en garantir la sécurité. Elle joue également le rôle de "gendarme du nucléaire" chargé de veiller au respect du Traité de non-prolifération (TNP) et de détecter d'éventuels programmes militaires clandestins.
Son organe exécutif, le conseil des gouverneurs, réunit des représentants de 35 pays et siège cinq fois par an.
L'Iran fait depuis de nombreuses années l'objet d'inspections de l'AIEA. Accusé de mener un programme clandestin, le pays avait autorisé en 2003 l'agence à procéder à des inspections renforcées, allant au-delà du strict cadre du TNP.
Téhéran avait toutefois suspendu ces inspections renforcées en 2006, après avoir été déféré devant le Conseil de sécurité de l'ONU en raison de ses activités d'enrichissement d'uranium.
L'accord de 2015 a toutefois réactivé ces inspections renforcées. L'AIEA peut ainsi visiter, y compris de façon inopinée, tous les sites nucléaires du pays ainsi que tout site non nucléaire dont elle juge utile de vérifier l'activité.
Les autorités iraniennes se sont engagées à faciliter le contrôle des mines et des installations de traitement de l'uranium, et à autoriser une surveillance continue de la fabrication de centrifugeuses et des lieux de stockage.
L'AIEA a souligné à maintes reprises que le régime d'inspection en place depuis 2015 est le plus dur au monde.
L'agence souligne que son personnel dédié au contrôle de l'Iran a "doublé depuis 2013", avec 3.000 journées de travail passées chaque année sur le terrain, plus de 2.000 scellés posés et un nombre de caméras de surveillance multiplié par deux depuis 2013. Plus de 25 visites inopinées ont été conduites.
"Nous enregistrons et analysons des centaines de milliers d'images prises tous les jours (...) représentant plus de la moitié des images collectées dans le monde" par l'agence, a souligné le Japonais Yukiya Amano, patron de l'AIEA depuis 2009.
Organe indépendant chargé d'une supervision technique, l'AIEA n'en est pas moins régulièrement soumise à des tentatives de pressions politiques dans ce dossier à haute portée diplomatique, notamment de la part d'Israël et des Etats-Unis.
En septembre 2017, Nikki Haley, alors ambassadrice américaine auprès de l'Onu, avait mis en doute l'efficacité des inspections, estimant que l'AIEA ne pouvait pas intervenir "à tout moment, partout".
Un an plus tard, lors de l'Assemblée générale de l'ONU, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait exigé que l'agence inspecte "immédiatement" un site désigné par l'Etat hébreu comme "un site de stockage atomique secret".
M. Amano avait répliqué en soulignant que son agence n'entendait pas se laisser dicter sa conduite et oeuvrait en toute "indépendance", gage de sa "crédibilité". Saluant le travail "impartial, factuel et professionnel" de ses équipes, il avait rappelé que l'AIEA "ne pren(ait) aucune information pour argent comptant" et soumettait les différentes allégations à un "examen rigoureux".
Les autres pays signataires de l'accord nucléaire ont jusqu'à présent toujours salué la qualité du travail effectué par l'AIEA en Iran.
M. Amano a souligné que l'accord de 2015 représentait "un avantage significatif" en termes de vérification et que son éventuel échec signifierait "une grande perte" dans la capacité de la communauté internationale à garantir la nature strictement pacifique du programme nucléaire iranien.

Mardi 7 Mai 2019

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