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“ Nous avons moult revendications, mais il n’y a pas d’abonné au numéro demandé ”

​Les inspecteurs du travail insatisfaits de leurs conditions de travail




Les inspecteurs du travail ne décolèrent pas. La Coordination nationale au ministère de l’Emploi et de l’Insertion professionnelle a, en effet, rendu public un mémorandum dans lequel les organisations syndicales et professionnelles représentant cette catégorie de fonctionnaires détaillent leurs principales revendications.
Il s’agit, selon Lmouden Houssin, inspecteur divisionnaire du travail à Mohammedia, de trois points fondamentaux : le droit à la représentation, le droit à la négociation et le droit à la protection. Concernant le premier point, «on demande tout simplement que les inspecteurs du travail, que ce soient les médecins, les inspecteurs, les ingénieurs ou les autres fonctionnaires, soient représentés au sein des instances représentatives au niveau du ministère dans tout ce qui se rapporte à la prise de décision aux sujets qui les touchent», a-t-il précisé à Libé.
S’agissant du droit à la négociation, notre interlocuteur a mis en avant un paradoxe.  «Comment peut-on expliquer qu’au sein d’un ministère qui chapeaute la négociation au niveau national et qui a à sa tête un ministre qui fut chef d’une centrale syndicale, il y a absence de négociations sectorielles», s’est-il interrogé. 
Quant au droit à la protection, cet inspecteur divisionnaire du travail a souligné la nécessité de protéger les inspecteurs du travail financièrement et juridiquement. Sur le plan économique, il a appelé à la révision du statut de ce corps, alors que la protection juridique consiste tout simplement «au renforcement de l’arsenal juridique pour que l’inspecteur du travail soit outillé en vue de la réalisation des objectifs fixés par le Code du travail». 
«La réponse du ministère lors de la session des questions orales tenue récemment à la Chambre des conseillers sur une question concernant notre corps, contient des contre-vérités et prouve qu’il considère les inspecteurs du travail comme des ennemis», a martelé  Abdessamad Assim, secrétaire général du Syndicat national des inspecteurs et des fonctionnaires du ministère de l’Emploi. Et d’ajouter : «A titre d’exemple, il a avancé que le mouvement de mutation des fonctionnaires a été couronné de succès, tout en sachant que cela est tout à fait faux».
Il y a lieu de préciser que le ministère de l’Emploi et de l’Insertion professionnelle a adopté le 21 juin dernier la circulaire ministérielle n°1106 signée concernant le mouvement de mutation. Cette circulaire a provoqué un tollé de protestation au sein du ministère et a poussé les organisations syndicales et professionnelles représentant les inspecteurs du travail à la création de la Coordination nationale au ministère de l’Emploi et de l’Insertion professionnelle.
«Je le mets au défi de publier la liste de toutes les personnes qui ont bénéficié du mouvement de mutations», a avancé Naima Mirat, secrétaire nationale des employés de l'emploi (CDT), soulignant que la circulaire en question est mort-née et que toutes les mutations se sont déroulées au sein de la même délégation. 
Elle a, par ailleurs, affirmé que ladite circulaire affecte le personnel de l’inspection du travail composé en fait des fonctionnaires publics qui doivent jouir de la stabilité de l’emploi et de l’indépendance, soulignant que la Coordination a gelé momentanément son mouvement de protestation et qu’elle pourrait le reprendre dès la prochaine rentrée politique et sociale.
Pour sa part, Hatim Daidou, président de l’Association marocaine des inspecteurs du travail, s’est inscrit en faux contre tous ceux prétendant que le mouvement de protestation mené par les inspecteurs du travail a des «objectifs politiques». Selon lui, l’objectif de la Coordination nationale est «purement professionnel» visant à «renforcer le corps des inspecteurs du travail».
A preuve, la Coordination a mené une campagne de plaidoyer auprès des centrales syndicales y compris la centrale dépendant du parti auquel appartient le ministre lui-même, et également auprès de tous les groupes parlementaires y compris celui du PJD. Hatim Daidou a ajouté que la Coordination nationale poursuivra sa campagne de plaidoyer dans les prochains jours en rencontrant notamment la CGEM.
Il convient de rappeler que ladite Coordination se compose du Syndicat national des inspecteurs et des fonctionnaires du ministère de l’Emploi (UMT), de la Fédération nationale de l’emploi (UGTM), de la CDT, de l’Organisation démocratique de l’emploi (ODT), du Syndicat démocratique de l’emploi (FDT), ainsi que de l’Association marocaine des inspecteurs du travail (AMIT).


 

Libé
Samedi 27 Juillet 2019

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