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Nos chérubins victimes collatérales du Covid-19

Epargnés par les effets directs du coronavirus mais atteints socialement et psychologiquement



Nos chérubins victimes collatérales du Covid-19
Impacts psychologiques, perturbations des rythmes de vie, difficultés scolaires, difficulté d’accès aux soins,…et la liste est longue. Tels sont les effets du coronavirus sur la situation des enfants au Maroc observés par un récent rapport du HCP. Selon ce dernier, si les enfants ont heureusement été largement épargnés par les effets directs de la Covid-19 sur la santé, la crise a eu des répercussions directes sur leur bien-être. Ces enfants sont touchés, en particulier, parles conséquences socioéconomiques de la pandémie et, dans certains cas, par les mesures prises pour en atténuer les effets.

Ainsi sur le plan psychologique, le document en question a indiqué que les ménages ayant des enfants ont déclaré que le confinement sanitaire a eu d’importants impacts psychologiques sur les membres du ménage, en particulier les enfants. Ils ont, ainsi, cité plusieurs effets psychologiques dont l’anxiété pour la moitié des ménages (50,9%), la peur (42,6%), le sentiment d’être emprisonnés à domicile (30,3%), les comportements obsessionnels (24,3%) et les troubles du sommeil ou de l’appétit (24,1%).

D’autres effets ont été également ressentis par ces ménages mais à des degrés moindres, dont le manque d’intérêt ou de plaisir à exercer les activités habituelles (8,1%), l’hypersensibilité ou la nervosité (7,1%), le sentiment de fatigue générale (5,3%) et la dépression (5%). Ces enfants ont été également victimes des perturbations des rythmes de la vie quotidienne.

Ainsi, 44,7% des enfants déclarent avoir vécu, pendant le confinement, des différences de rythme de la vie quotidienne avec les autres membres du ménage contre 30,7% pour la population âgée de 15 ans et plus. Cette proportion est plus élevée parmi les personnes vivant dans des ménages avec enfants(33,3%) que parmi les ménages sans enfants (25,7%), les citadins(33%) plus que les ruraux (26,5), et les jeunes de 18 à 24 ans (38,4%) plus que les adultes de 25 ans et plus (28,1%). La promiscuité et l’absence d’intimité ont également impacté le quotidien de la population infantile durant le confinement plus que le reste de la population.

En effet, 29,9% des enfants de 15- 17 ans souffrent de cette situation, contre 26,9% pour les jeunes de 18-24 ans et seulement 16,1% pour les adultes de 25 ans et plus. A l’échelle nationale, près d’une personne âgée de 15 ans et plus sur cinq (18,7%) déclare souffrir de la promiscuité et de l’absence d’intimité durant cette période, les femmes avec 21% plus que les hommes(16,4%), les citadins avec 20,3% plus que les ruraux (15,7%) et les 20% les plus défavorisés avec 22,6% plus que les 20% les plus aisés (14,1%).

D’un autre côté, les personnes relevant des ménages avec enfants sont les plus touchées parla promiscuité du logement et le manque d’intimité avec 22% plus que celles relevant des ménages sans enfants (12,4%). L’exercice des activités quotidiennes liées aux études, aux activités professionnelles et aux travaux ménagers, a été également perturbé pendant le confinement. 40,9% des enfants ont déclaré avoir eu des difficultés à exercer leurs activités quotidiennes en présence d’autres membres de la famille.

S’agissant des relations avec les voisins, 9,3% des enfants de 15-17 ans ont déclaré avoir eu des problèmes avec leurs voisins pendant le confinement. Cette proportion est plus prononcée parmi les jeunes de 18-24 ans (12,0%) et parmi les citadins (13,5%) que les ruraux (6,8%) et peu différenciée selon les autres caractéristiques (sexe, niveau de vie, etc.). 

Parmi l’ensemble de la population marocaine âgée de 15 ans et plus et vivant dans des ménages avec enfants, 20% déclarent que leur charge des travaux ménagers a augmenté pendant le confinement, contre seulement 13,4% pour ceux qui vivent dans des ménages sans enfants. De manière globale, les femmes souffrent de cette surcharge des travaux domestiques plus que les hommes avec respectivement 27% et 7,9%, les citadins avec 19% plus que les ruraux (15,1%) et la population adulte de 25 ans et plus(18,4%) davantage que les enfants de 15-17 ans (7,4%). Le HCP a révélé, en outre, que la période du confinement sanitaire a été marquée par des tensions et des moments difficiles entre les différents membres des familles.

En effet, près de 98% ont déclaré avoir connu des moments difficiles et des conflits avec les autres membres du ménage. Les trois-quarts des situations de conflits ou de moments difficiles pendant le confinement sont enregistrés entre époux, avec une part de 74,1%.

Ce constat est relativement plus prononcé chez les couples de la classe sociale des 20% les plus aisés avec 81,4%, parmi les hommes (77,2%), les ruraux (76,8%), les adultes âgés de 25 ans et plus (75,6%) et les personnes relevant des 20% des ménages les plus défavorisés (74,4%). Cette proportion ne varie pas significativement selon le fait que le ménage dispose ou non d'enfants de moins de 18 ans scolarisés, avec respectivement 69,7% et 70%. Les tensions ou conflits avec les parents ou beaux-parents viennent en deuxième position avec une part de 8,6%. Ce type de conflits est plus fréquent surtout au sein des ménages avec des enfants de moins de 18 ans avec une part de 11,1%, des 20% des ménages les plus pauvres(10,7%), des ménages avec des enfants de moins de 18 ans scolarisés (10,5%) et des adultes de 25 ans et plus (10,4%).

L’impact de la Covid-19 a touché également la scolarité des enfants. En effet, l’enseignement à distance, contrairement à l’enseignement en présentiel, exige de passer beaucoup de temps devant les ordinateurs et autres supports nécessaires de type TIC; cela se traduit éventuellement par des problèmes de santé, des risques d’assimilation et de décrochage et des problèmes d’autodiscipline. Interrogés sur les inconvénients du télé-enseignement, les enfants du primaire évoquent les difficultés d’assimilation pour 49,2% d’entre eux, 44,5% en milieu urbain contre 56,9% en milieu rural et 52,5% dans le public contre 35,2% dans le privé, le stress et les troubles de concentration pour 19,2%, 17,8% dans le public contre 24,8% dans le privé, et l’addiction aux outils électroniques pour 15%, 11,8% dans le public contre 32,5% dans le privé.

Selon l’avis des parents, l’abandon scolaire ou le suivi irrégulier des cours à distance sont principalement dus au manque d’outils ou de supports nécessaires(PC, Smartphones, imprimantes, connexion Internet, etc.), pour 47,8% d’entre eux, puis à l’insuffisance de ces moyens ou supports (36,9%) et au désintéressement des élèves (11,3%). Selon le milieu de résidence, le manque de moyens ou de supports ou leur insuffisance entravent le télé-enseignement pour 85,7% des parents citadins et 83,5% des ruraux.

Concernant les inconvénients de l’enseignement à distance sur les élèves du collège, les élèves rapportent des difficultés d’assimilation pour 48,1% d’entre eux, 48,8% dans le secteur public contre 39,2% dans le secteur privé, le stress et les troubles de concentration pour 16,5%, 15,5% dans le public contre 27,7% dans le privé, et l’addiction aux outils électroniques pour 18,6%, 23,5% en milieu urbain contre 8,5% en milieu rural et 17,6% dans le secteur public contre 28,4% dans le privé.

S’agissant de l’impact du confinement sur l’accès des enfants aux soins de santé, le rapport du HCP a constaté que le confinement sanitaire a entravé l’accès de la population aux soins. Les résultats de l’enquête ont révélé que le manque d'accès aux services médicaux est plus prononcé parmi les enfants de 6-17 ans avec un pourcentage de 47,1%, alors qu’il est à son niveau le plus bas parmi les enfants de moins de 6 ans (18,8%).

Hassan Bentaleb

Libé
Vendredi 25 Décembre 2020

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