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Neuf morts dans l'explosion d'une voiture piégée à Afrine en Syrie

La paix peut être gagnée par une Constitution inclusive, selon l'ONU




Au moins neuf personnes dont cinq civils ont péri dimanche dans la ville syrienne d'Afrine (nord), dominée par les forces turques et leurs alliés syriens, dans l'explosion d'une voiture piégée dans le centre-ville, selon une ONG.
"L'explosion a eu lieu aux abords du marché Al-Hal, près d'une position de combattants pro-turcs, faisant au moins neuf morts: cinq civils et quatre combattants", selon un nouveau bilan fourni à l'AFP par le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.
"Plus de 20 personnes, des civils ou des combattants, ont en outre été blessées, et certaines sont dans un état grave", a-t-il ajouté, disant craindre un "bilan plus lourd".
L'attentat, qui n'a pas été revendiqué dans l'immédiat, a par ailleurs causé "d'importants dégâts matériels dans le secteur", selon M. Abdel Rahmane.
Un correspondant de l'AFP a vu des étalages de légumes et de fruits renversés sur le lieu de l'attentat, ainsi que des façades de murs noircies par l'explosion.
"Nous avons vu une camionnette entrer en fin de matinée. Nous pensions qu'elle transportait des légumes", a témoigné Abou Yazan al-Qabouni, vendeur de légumes présent au moment de l'attentat.
Après l'explosion, il s'est précipité vers le lieu où gisaient des blessés et des morts, ajoutant avoir par la suite enterré les victimes décédées.
"Il n'y a pas de gangs armés, pas de terroristes ici. Ici c'est un marché de légumes", s'est-il indigné.
La ville d'Afrine a été prise en mars par l'armée turque et ses supplétifs syriens qui en ont chassé les Unités de protection du peuple (YPG), principale milice kurde en Syrie.
Ankara considère cette milice comme un groupe terroriste émanant du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui livre une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984.
Cet attentat survient après que le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé mercredi de lancer dans "les prochains jours" une nouvelle offensive en Syrie contre les YPG.
Jeudi, un soldat turc a été tué dans la région d'Afrine par des tirs des YPG, selon le ministère turc de la Défense.
La Turquie a déjà lancé deux offensives en Syrie depuis 2016 pour repousser de sa frontière les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) puis les YPG, qui sont par ailleurs des alliées de Washington dans la lutte antijihadiste en Syrie.
Par ailleurs, l'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura a affirmé dimanche, devant un forum organisé au Qatar, que la paix en Syrie pouvait être gagnée par une "Constitution crédible et inclusive".
"Dans un conflit, on peut gagner sur le plan territorial, surtout si l'on bénéficie d'un solide soutien militaire de la part d'amis, mais la question est de savoir si l'on peut (ainsi) gagner la paix", a déclaré l'émissaire devant le Doha Forum.
Il a estimé que la reconstruction et le retour des réfugiés étaient autant d'éléments qui peuvent aider à gagner la paix et qu'ils "sont aussi puissants que la force militaire".
La paix peut être gagnée, selon lui, "par le biais d'une Constitution crédible et inclusive".
Sous forte pression des Occidentaux, qui accusent Damas de blocage, M. de Mistura s'est employé avant la fin de sa mission de lever les interrogations du régime syrien sur la composition du Comité constitutionnel en gestation depuis des mois.
Les Occidentaux réclament à Staffan de Mistura de réunir au plus vite ce Comité pour revigorer un processus politique en souffrance face aux démarches diplomatiques parallèles de la Russie, la Turquie et l'Iran, et la reprise progressive du contrôle militaire du pays par le gouvernement syrien.
Le Comité constitutionnel doit comprendre 150 membres: 50 choisis par le pouvoir, 50 par l'opposition et 50 par l'émissaire de l'ONU afin d'insérer dans la réflexion des experts et des représentants de la société civile. Quinze membres issus de ces trois listes (5 par liste) seraient chargés de la rédaction de la nouvelle Constitution, selon le plan de l'ONU.
Déclenché en 2011 par des manifestations pro-démocratie, le conflit en Syrie s'est complexifié au fil des ans avec l'implication de divers acteurs régionaux et internationaux et la montée en puissance de groupes jihadistes.
Il a fait plus de 360.000 morts et poussé sur les routes de l'exil plusieurs millions de civils.

Mardi 18 Décembre 2018

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