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Moscou et Téhéran réaffirment leur soutien à une offensive à Idleb

Mises en garde symboliques de Washington




Les ministres des Affaires étrangères russe et iranien ont réaffirmé lundi, la nécessité d'une offensive des forces gouvernementales syriennes contre la province d'Idleb, dernier grand bastion rebelle en Syrie.
A Moscou, Sergueï Lavrov a estimé devant des étudiants que le statu quo dans la province d'Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, ne pouvait pas "durer indéfiniment" et que le président Bachar al Assad avait le droit de "liquider les terroristes" sur son territoire, selon l'agence Interfax.
En visite à Damas, une semaine après celle de son homologue à la Défense, le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a déclaré de son côté que la province d'Idleb devait être "nettoyée".
"Tout le territoire syrien doit être sécurisé ; toutes les communautés et tous les groupes devraient entamer ensemble la reconstruction du pays ; et les déplacés devraient rentrer chez eux", a dit le ministre, selon des propos rapportés par l'agence iranienne Fars.
"Et les terroristes qui restent à Idleb doivent être éliminés et la région ramenée sous le contrôle du peuple syrien", a-t-il poursuivi.
"La République islamique d'Iran continuera de soutenir le gouvernement syrien dans ses efforts pour éradiquer les terroristes de son pays et continuera de conseiller et d'aider le gouvernement syrien dans la campagne à venir à Idleb.
Les autorités de Damas amassent depuis plusieurs semaines des renforts aux abords de la province d'Idleb, dernier grand bastion insurgé dans le nord-ouest de la Syrie.
La visite de M. Zarif, qui n'avait pas été annoncée, survient alors que Téhéran doit accueillir vendredi un sommet réunissant le président iranien Hassan Rohani et ses homologues russe, Vladimir Poutine, et turc, Recep Tayyip Erdogan, consacré à la situation en Syrie.
En visite à Damas, le ministre de la Défense iranien, Amir Hatami, a, pour sa part, annoncé le 27 août que l'Iran avait signé un contrat pour aider Damas à reconstruire son industrie de défense.
Principal allié régional du pouvoir de Bachar Al Assad, l'Iran fournit un soutien politique, financier et militaire de premier plan aux forces pro-régime dans la guerre qui ravage la Syrie et a fait plus de 350.000 morts depuis 2011.
L'Onu estime à 10.000 le nombre de djihadistes présents dans la province d'Idleb, principalement liés à l'ex-Front al Nosra et à Al Qaïda, deux organisations classées comme terroristes par les pays occidentaux, au milieu d'environ trois millions de civils et de rebelles plus modérés, principalement soutenus par la Turquie.
Pour leur part, es Etats-Unis semblent prêts à s'accommoder d'une victoire militaire du régime de Damas en Syrie, malgré leurs mises en garde symboliques contre Bachar al-Assad et Moscou face à l'imminence d'une offensive d'envergure à Idleb et au spectre d'une attaque chimique.
Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a accusé vendredi dernier son homologue russe Sergueï Lavrov de "défendre l'assaut syrien et russe contre Idleb", le dernier grand fief rebelle qui échappe au contrôle du pouvoir. "Les Etats-Unis considèrent qu'il s'agit d'une escalade dans un conflit déjà dangereux", a-t-il prévenu.
L'avertissement américain ponctue dix jours d'échanges musclés entre Occidentaux d'une part et régime syrien et Russie d'autre part, au moment où cette province du nord-ouest du pays, frontalière de la Turquie, est dans le viseur de Bachar al-Assad, qui, fort du soutien aérien crucial de la Russie depuis 2015, a déjà repris plus de 60% de la Syrie.
Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, qui avaient mené ensemble des frappes ciblées et ponctuelles mi-avril contre des installations syriennes en riposte à une attaque chimique présumée, ont rappelé leur ligne rouge. "Comme nous l'avons démontré, nous répondrons de manière appropriée à toute autre utilisation d'armes chimiques par le régime syrien", ont-il assuré dans un communiqué commun le 21 août.

Mardi 4 Septembre 2018

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