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Monsieur Jourdain




Monsieur Jourdain
Le PJD fait de la politique comme Monsieur Jourdain faisait de la prose. En dilettante. A preuve, il n’a le nez qu’au guidon des seuls équilibres macro-économiques, oubliant, par la même, que la finalité de toute politique n’est autre que l’homme. 
Pour se donner un tant soi peu de contenance, ce parti islamiste aux commandes de l’actuel Exécutif n’a eu d’autre choix que de verser dans un  populisme mâtiné de fatalisme et de références religieuses. 
Malheureusement pour lui, les seuls discours sérieux que nous eussions souhaité entendre sont ceux qui auraient égrené des actions  visant la réduction des inégalités, la démocratisation et le progrès social.
Personne n’est dupe, et toutes les statistiques officielles l’ont démontré. C'est en garantissant l'existence de conditions favorables au développement des hommes dans leur humanité que la politique atteint son but naturel, à savoir le bien-être individuel et collectif. 
Or, c’est au contraire que le gouvernement que le PJD  semble vouloir aboutir. 
Exclusivement populiste, sa prose ne remet nullement en cause les méfaits du libéralisme sauvage qu’il est en train d’instiller  dans l’économie de marché pour laquelle le Maroc a, certes, opté depuis fort longtemps. Pis, elle tente d’en justifier la nécessité par d’indicibles circonlocutions technicistes dont personne ne comprend le sens, ni le pourquoi. Tout au plus, le commun des mortels que nous sommes en ressent les effets négatifs dans notre vie de tous les jours.
Pis, les indicibles sorties du gouvernement Benkirane nous invitent à revenir sur nos pas pour corriger urgemment de soi-disant ravages du complexe d'Orphée, comme si, par peur de perdre Eurydice, nous ne devrions jamais regarder vers ces effroyables années de plomb, mais vers ce Printemps arabe dont nous n’avons eu l’heur d’éviter les rigueurs des hivers qui se sont abattus avec force sur ceux qui s’y sont engagés. Les messies sauveurs du Maroc, c’est donc les barbus, et  personne d’autre. Mais chaque fois que leurs décisions nous portent tort, ce qui est souvent le cas, c’est le Mektoub, ou la fatalité selon. Drôle de politique que celle qui se déroule donc sous nos yeux. Même Jourdain ne pourrait l’admettre. 

A.S
Mercredi 18 Février 2015

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