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Mamoudou Gassama, migrant malien érigé en exemple en France

J'ai pensé à le sauver et Dieu merci, je l'ai sauvé, dixit le nouveau héros de l’Hexagone




La vidéo où on le voit escaladant une façade à Paris pour sauver un enfant suspendu dans le vide a fait le tour du monde: Mamoudou Gassama est un migrant malien de 22 ans, vivant dans un foyer en France au terme d'une migration périlleuse notamment en Libye, où il a "beaucoup souffert".
"J'ai pensé à le sauver et Dieu merci, je l'ai sauvé": le jeune homme sans-papiers, rebaptisé "Spiderman", a résumé, comme une évidence, son geste spectaculaire, visionné des millions de fois sur les réseaux sociaux. Samedi soir, Mamoudou Gassama avait escaladé en quelques secondes un immeuble parisien par les balcons pour sauver un enfant de 4 ans suspendu au 4ème étage.
Un acte de bravoure qui lui a valu d'être reçu lundi matin à l'Elysée par le président Emmanuel Macron, qui lui a proposé d'être naturalisé français. "Vous êtes devenu un exemple, il est normal que la nation soit reconnaissante", a affirmé le chef de l'Etat.
"Ça me fait plaisir parce que c'est la première fois (que je) gagne un trophée comme ça", a lancé Mamoudou Gassama, après avoir reçu un diplôme et une médaille pour "acte de courage et de dévouement". Son geste rappelle celui d'un autre Malien, Lassana Bathily, un demandeur d'asile qui avait fourni des éléments-clé aux forces de l'ordre lors d'une prise d'otages jihadiste dans un supermarché juif en 2015 à Paris.
Triturant son polo blanc, l'air concentré, le jeune homme à la parole rare laisse son frère s'exprimer à sa place sur les plateaux de télévision ou à la mairie de Montreuil - ville de Seine-Saint-Denis (région parisienne) parfois appelée "le petit Bamako" pour son importante population d'origine malienne et où il vivait en foyer.
Dans la chambre où il est hébergé par des membres de sa famille, originaires comme lui du village malien de Yaguiné, son frère aîné, Birama, 54 ans, s'enthousiasme: "On est fier de lui", dit-il, en décrivant un homme "gentil", qui "aime aider les autres", bref "un vrai héros". Il décrit aussi un sportif-né: "Depuis tout petit, il faisait du football au village", glisse Birama.
Mamoudou Gassama a quitté son pays en 2013. "Au Mali, je n'avais pas de moyens, pas de personnes qui m'aident. Mon père n'était pas là", a raconté le jeune homme à Emmanuel Macron, en rappelant que "beaucoup de monde part pour aller +chercher+ ailleurs". Il emprunte alors, comme beaucoup, les routes périlleuses de la migration clandestine remontant vers l'Europe: Burkina Faso, Niger, puis la Libye où il a "beaucoup souffert", alors que, pendant plus d'un an, il survit en travaillant avec des amis. "On nous a attrapés, frappés, mais je ne me suis pas découragé", raconte-t-il.
Minée par les violences et l'insécurité, la Libye est devenue une plaque tournante pour des centaines de milliers de migrants d'Afrique subsaharienne cherchant à rallier l'Italie, dont les côtes ne sont qu'à environ 300 km de celles de l'ouest libyen. Ces migrants y subissent régulièrement des violences et des abus terribles.
Depuis son arrivée en France, il travaillait "au noir dans le bâtiment", selon son frère, et logeait dans une chambre de 15 m2 d'un foyer à Montreuil, une structure de 430 lits destinée aux travailleurs migrants, sur un matelas posé entre deux lits superposés.
N'ayant pas déposé de demande d'asile et ne faisant l'objet d'aucune obligation de quitter le territoire, il va désormais sortir de la clandestinité - synonyme de risque d'expulsion - que connaissent les milliers de travailleurs sans-papiers en France.
Les services de l'immigration française vont lui donner un rendez-vous dans la semaine et lui faire une proposition de régularisation, après quoi il pourra demander à être naturalisé, précise-t-on du côté de l'administration.
Il devrait également, comme l'a proposé Emmanuel Macron, intégrer le service civique des sapeurs-pompiers, qui ont déjà lancé un message de bienvenue sur Twitter: "M. Mamoudou Gassama partage les valeurs de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris. Nous somme prêts à l'accueillir!".

Mercredi 30 Mai 2018

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