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Macron et Le Pen au corps à corps




Emmanuel Macron a déclaré mardi qu'il irait au débat télévisé de l'entre-deux tours de l'élection présidentielle de ce soir  avec l'intention de livrer un "corps-à-corps" avec la candidate du Front national, Marine Le Pen, pour démonter son projet.
En 2002, Jacques Chirac avait refusé de débattre avec le fondateur du FN et père de Marine Le Pen, Jean-Marie, qualifié pour le second tour à la surprise quasi générale.
"Ne pas débattre, même avec son ennemi, est une erreur", a pour sa part estimé le candidat d'En Marche !, interrogé par BFMTV. "Ce sont de fausses pudeurs. Le débat a eu lieu au premier tour, on a débattu à cinq et à 11, Mme Le Pen était là."
"Mme Le Pen porte un projet que je considère comme dangereux et que je combats mais elle est là, on doit regarder le pays en face, il y a plus de 20% des Françaises et des Français qui ont fait confiance à son projet", a-t-il ajouté.
L'ancien ministre de l'Economie a expliqué qu'il ne voulait pas laisser à la candidate du FN la possibilité de continuer à asséner des "contre-vérités dangereuses".
"Je ne serai pas dans l'invective, je ne serai pas dans le raccourci, je ne serai pas dans l'insulte ; j'écoutais hier Mme Le Pen, elle n'est que là-dessus", a-t-il ajouté. "Je veux aller au corps à corps, au combat sur le fond des idées pour démontrer que ses idées sont de fausses solutions."
Le Pen "l'héritière", Macron "le visage de la finance": à quatre jours de la présidentielle française, les deux candidats ont redoublé leurs attaques lundi, tous deux critiqués lors des traditionnels défilés du 1er Mai émaillés de violences.
Le candidat pro-européen de 39 ans, donné gagnant le 7 mai par les sondages, et sa rivale d'extrême droite se sont affrontés par grands meetings interposés, les derniers avant le scrutin de dimanche.
Contrairement à ceux de 2002, les défilés de lundi n'ont pas sonné la mobilisation générale. Il y a 15 ans, ils étaient 1,3 million à dire leur "honte d'être Français" et appeler à contrer l'extrême droite. Cette année, la mobilisation a atteint 142.000 personnes selon le ministère de l'Intérieur, 280.000 selon le syndicat CGT.
Et les défilés se sont déroulés en ordre dispersé dans toute la France: les uns appelaient à "faire barrage" à la présidente du Front national (FN) Marine Le Pen, d'autres à voter pour Emmanuel Macron, et d'autres encore à "battre les deux candidats".
Les deux candidats se sont rendu coup pour coup. Le candidat du mouvement "En Marche!" a répondu à Marine Le Pen qui, quelques heures plus tôt, l'avait accusé d'incarner "En Marche ou crève": "Elle a raison: En marche, c'est nous!", a lancé M. Macron, laissant ainsi entendre que "crève", c'est l'extrême droite.
Quant au programme du Front national, "jamais ils n'expliquent comment ils le paieront. Soit ils augmenteront vos impôts, soit ils augmenteront votre dette... Mais il y aura un cocu dans l'histoire, parce qu'ils mentent!", a-t-il fustigé.
"Le projet de l'extrême droite, (…)  c'est la réduction des libertés, la négation des différences. Cela, ne l'oubliez jamais !", a martelé à Paris Emmanuel Macron devant quelque 12.000 partisans, selon son équipe.
Sur la chaîne de télévision TF1, il a ensuite dénoncé un parti, le FN, qui "porte la haine et la division du pays".
Dans une France en proie à la désindustrialisation et un chômage endémique de 10%, la candidate du FN s'est présentée comme la voix "du peuple et des ouvriers".
Dans un discours virulent devant ses partisans près de Paris, elle a appelé à "faire barrage à la finance, à l'arrogance, à l'argent roi", qualifiant son rival de "candidat du système" après avoir été banquier puis ministre de l'Economie du président socialiste sortant François Hollande.
"M. Macron, c'est une conception radicale, extrémiste de l'Union européenne", a-t-elle ajouté, l'accusant de vouloir "soumettre" la France à "la chancelière allemande" Angela Merkel et la "livrer à la submersion migratoire".
L'écart se resserre entre les deux finalistes. M. Macron est désormais crédité de 59% des intentions de vote contre 41% pour Mme Le Pen, qui mène depuis plusieurs années une stratégie de banalisation de son parti, à rebours des propos antisémites et xénophobes de son père.

Mercredi 3 Mai 2017

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