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M’hamid El Ghizlane : Après la contrebande, le vol des dromadaires




La zone frontalière de M’hamid El Ghizlane est une région propice aux activités illégales. Après le trafic de carburant, de cigarettes, de résine de cannabis qui risque de menacer la stabilité de la région, voici venu le temps du vol organisé de dromadaires. Deux accusés ont été déférés, lundi, au tribunal de Zagora, sur fond d’une plainte déposée par un jeune promoteur touristique de la région qui vient de perdre quatre de ses dromadaires.
Le voleur présumé est très connu dans la région pour ses actes répétitifs. Une histoire de portables, de jumelles de luxe et d’autres petits matériels a dévoilé la nature du dernier vol qui ne sera certainement pas l’unique méfait, vu la flexibilité et le laxisme avec lesquels autorités compétentes traitent ces questions. Il faut aussi souligner le manque de preuves et parfois la traversée nocturne de l’autre côté de la frontière, choses qui rassurent les voleurs.
La vie du désert s’organise dans la confiance et la solidarité. Dans les anciennes tribus nomades, le vol était considéré comme un crime grave contre la survie du groupe. Du coup, les bêtes sont souvent laissées libres d’aller et venir dans un périmètre délimité sous la surveillance des bergers ; parfois, elles vont plus loin... Mais il y a toujours quelqu’un pour les retrouver. C’est ainsi que cela fonctionne. Mais les voleurs qui sévissent dans la région, connaissent eux aussi le désert. Que vont  devenir ces dromadaires volés ? Selon les cas, leur destinée est variable : les marques du propriétaire peuvent être camouflées, et les bêtes conduites dans une autre région pour être revendues. Si elles n’ont pas de grande valeur, ou que le voleur ne veut pas prendre de risques, les bêtes  atterriront sur l’étal d’un boucher.
En fait, la victime, Lahcen, qui venait quelques jours auparavant de recevoir la reine Sofia d’Espagne qui est montée sur l’un des dromadaires volés, n’est pas un cas isolé. Plusieurs familles  sont  privées de leurs bêtes, de troupeaux entiers parfois, et ainsi condamnées à une sédentarisation précaire et sans ressources.
 Les coupables... rarement châtiés. Quelques mois de prison, tout au plus. « Ce ne sont pas simplement quatre dromadaires qui manquent à l’appel, mais   quatre dromadaires de trop, la goutte qui a fait déborder le vase, si on veut dire », commente Lahcen qui a peur que « son procès emboîte le pas à d’autres affaires du même genre».
Dans la région de Mhamid El Ghizlane, on parle d’une véritable mafia et d’un réseau international. Ils sont d’anciens bergers, guetteurs, informateurs, transporteurs, revendeurs, bouchers, autant de personnes impliquées. Les dromadaires sont visés, mais ils ne sont pas les seuls : vaches, moutons, chèvres sont aussi appréciés par les voleurs.

H-A
Jeudi 10 Juin 2010

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