Facebook
Rss
Twitter







Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Les talibans disent contrôler un poste-frontière clé avec le Pakistan



Les talibans, qui mènent depuis deux mois une offensive tous azimuts contre les forces afghanes, ont dit mercredi s’être emparés d’un poste-frontière clé avec le Pakistan, ce qu’ont démenti les autorités afghanes, malgré des témoignages confirmant les assertions des insurgés. Un responsable des forces pakistanaises de sécurité ayant requis l’anonymat a de son côté indiqué à l’AFP que les talibans avaient “hissé leur drapeau et retiré le drapeau afghan” du poste-frontière entre les localités de Spin Boldak, en Afghanistan, et Chaman, au Pakistan. Des habitants de la zone joints par l’AFP ont fait état d’une forte présence des talibans dans la ville frontalière de Weish, notamment dans les bâtiments officiels, ainsi que sur la route reliant Spin Boldak à Kandahar, la capitale provinciale. Nos “combattants se sont emparés de (...) Weish, dans la province de Kandahar. Désormais, la route reliant Chaman, Spin Boldak et les douanes de Kandahar sont sous leur contrôle”, a annoncé dans un communiqué Zabihullah Mujahid, un porte-parole des talibans, assurant “tous les commerçants et les habitants que leur sécurité est garantie”. Le porte-parole du ministère afghan de l’Intérieur a de son côté assuré à l’AFP que les talibans n’avaient pas réussi à s’emparer du poste-frontière. “Les terroristes talibans ont fait mouvement près de la zone frontalière” dans le district de Spin Boldak, mais “les forces de sécurité ont repoussé leur attaque”, a déclaré à l’AFP Tariq Arian. Il était impossible dans l’immédiat de vérifier sur place la situation du côté afghan de la frontière, mais un commerçant du marché de Weish, Raz Mohammad, a rapporté à l’AFP que les talibans étaient présents “partout” depuis mercredi matin. “Je suis allé à mon magasin ce (mercredi) matin et j’ai vu que les talibans étaient partout. Ils sont au marché, au QG de la police, dans les locaux des Douanes”, a-t-il déclaré, ajoutant “entendre le son des combats non loin”. Feda Mohammad, un chauffeur de bus a raconté à l’AFP avoir été arrêté par des talibans sur la route principale reliant Kandahar au Pakistan, jusqu’au grand port pakistanais de Karachi, principal porte sur l’océan de l’Afghanistan, pays enclavé. “Je voulais emmener des passagers de Kandahar à Spin Boldak. Les talibans m’ont arrêté sur la route et m’ont sommé de faire demi-tour. Ils patrouillent sur la grande route Kandahar-Spin Boldak. J’ai décidé de ne pas aller plus loin et suis retourné” à Kandahar, a-t-il expliqué. Plusieurs heures après l’annonce des talibans, environ 150 de leurs partisans, juchés sur des motos ou entassés dans des voitures et agitant les drapeaux du mouvement, se sont massés du côté pakistanais de la frontière, demandant aux gardes-frontière pakistanais de les laisser entrer en Afghanistan, a constaté un journaliste de l’AFP au postefrontière pakistanais. Les forces pakistanaises sont “en état d’alerte élevée de (leur) côté” de la frontière et “toujours en train d’évaluer la situation”, a indiqué à l’AFP le responsable sécuritaire pakistanais. Le Pakistan est depuis longtemps accusé de soutenir les talibans et de leur donner refuge. Le point de passage que les talibans disent avoir pris relie l’Afghanistan à la province pakistanaise du Baloutchistan (sud-ouest), réputée abriter une partie de la direction des talibans dans la ville pakistanaise de Quetta, ou recevoir les blessés talibans qui s’y font soigner. Depuis qu’ils ont lancé début mai une large offensive contre les forces afghanes, à la faveur du retrait des forces étrangères, les talibans se sont emparés de vastes portions rurales du pays et de postes-frontières clés avec l’Iran, le Turkménistan, le Tadjikistan. Privées du soutien aérien américain, les forces afghanes n’ont jusqu’ici opposé qu’une faible résistance et ne contrôlent plus essentiellement que les axes majeurs et les grandes villes, dont plusieurs sont encerclées. La province de Kandahar, berceau et bastion historique des talibans, est le théâtre depuis plusieurs jours d’intenses combats qui se sont rapprochés de la capitale provinciale. Les insurgés ont récemment attaqué une prison des faubourgs de la ville, quelques jours après s’être emparés début juillet du districtclé de Panjwai, à une quinzaine de km de la ville de Kandahar, puis ont attaqué une prison des faubourgs de la capitale provinciale avant d’être repoussés. Inquiète des combats proches de Kandahar, l’Inde a évacué le personnel indien de son consulat dans la grande ville du Sud afghan. Mardi soir, la France a appelé ses ressortissants à quitter immédiatement l’Afghanistan, invoquant “l’évolution de la situation sécuritaire” et les “perspectives à court terme”. 

Libé
Jeudi 15 Juillet 2021

Lu 425 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.


Flux RSS