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Les rebelles renforcent leur emprise sur Sanaa

Le fils de Saleh appelle les Yéménites à venger son père




Les rebelles houthis, soutenus par l'Iran, ont renforcé leur emprise mardi sur la capitale yéménite Sanaa au lendemain de l'élimination de leur ancien allié, devenu leur adversaire, l'ex-président Ali Abdallah Saleh.
Signe de la dimension régionale croissante du conflit, l'Iran a déclaré, par la voix de son président Hassan Rohani, que les Yéménites allaient faire regretter leurs actions aux "agresseurs", dans une allusion à l'Arabie Saoudite.
La disparition à 75 ans d'Ali Abdallah Saleh, l'ancien homme fort du Yémen, tué lundi par des rebelles houthis au sud de Sanaa, a ouvert un boulevard aux insurgés qui partageaient jusqu'ici le contrôle de la capitale avec lui, estiment des experts.
D'allié des Houthis, Saleh était devenu leur adversaire la semaine dernière en dénonçant leur volonté de le marginaliser et en tendant la main à l'Arabie Saoudite.
La capitale yéménite a passé la nuit sous les bombardements et les survols intensifs de l'aviation de la coalition menée par l'Arabie Saoudite qui combat les rebelles depuis 2015, ont rapporté des habitants.
Le palais de la République à Sanaa a été particulièrement visé alors que les rues ont été désertées dès le début de la soirée lundi par des habitants craignant de nouveaux bombardements.
La bâtisse située dans le centre de Sanaa, au milieu d'un quartier densément peuplé, a subi au moins sept raids aériens, selon des habitants. Aucune information n'a pu être obtenue sur des victimes éventuelles de ces frappes.
La coalition sous commandement saoudien avait exhorté lundi les civils à se tenir à "plus de 500 mètres" des zones sous contrôle des Houthis, laissant supposer une intensification de ses raids.
Signe de la mainmise croissante des rebelles sur Sanaa: la multiplication des points de contrôle tenus par leurs hommes et la réduction significative des combats dans la capitale, selon des habitants.
Depuis l'annonce de la mort de Saleh, aucun affrontement majeur n'a eu lieu dans Sanaa, hormis quelques escarmouches dans la partie sud de la ville, le fief de ses partisans.
Un haut responsable houthi, Saleh al-Sammad, n'a pas manqué d'annoncer la fin des opérations de sécurité à Sanaa.
"Nous annonçons au monde la fin des opérations de sécurité et la stabilisation de la situation" dans la capitale, a-t-il déclaré tard lundi, selon la chaîne de télévision al-Massira, contrôlée par les insurgés.
Il a en même temps confirmé implicitement une campagne de répression contre des proches d'Ali Abdallah Saleh, en déclarant avoir ordonné aux services de sécurité de "prendre des mesures contre les saboteurs et tous ceux qui ont collaboré avec eux".
La réaction de Téhéran, soutien de la rébellion, ne s'est pas fait attendre. "Le Yémen sera libéré des mains des agresseurs" et son peuple leur "fera regretter" leurs actions, a prévenu mardi le président iranien Hassan Rohani.
Le général Mohammed Ali Jafari, commandant en chef des Gardiens de la Révolution, l'armée d'élite du pays, a lui dénoncé "les traîtres saoudiens qui cherchent à créer l'insécurité dans les pays de la région".
"Nous avons vu que leur tentative de faire un coup d'Etat contre les Moujahidines et Ansarullah (mouvement des rebelles houthis, ndlr) a été étouffée dans l'oeuf", a-t-il ajouté.
A Sanaa, la situation demeure volatile. Des rumeurs courent sur des arrestations, non confirmées, de plusieurs personnalités au sein de l'administration et de l'armée, jugées favorables à l'ancien président.
Autre signe de la confiance affichée par les rebelles, leur appel à une grande manifestation mardi après-midi pour célébrer, selon leur chef Abdelmalek al-Houthi, "l'échec du complot ourdi" par Saleh et une partie de son parti, le Congrès populaire général (CPG).
L'ancien président, qui a survécu à nombre d'attentats et de complots pendant sa longue carrière politique, dont 33 ans au pouvoir, est mort dans des circonstances mal éclaircies, lui qui est connu par le soin qu'il a toujours porté à sa propre sécurité.
Les Houthis ont annoncé sa mort lundi sans la revendiquer. Une information confirmée plus tard par une dirigeante du parti de l'ex-président qui en a fait porter la responsabilité aux insurgés.
Une source militaire a indiqué qu'il était tombé dans une embuscade tendue par des Houthis armés au sud de la capitale.
Des vidéos diffusées par des Houthis ont montré son corps sans vie, les yeux figés et l'arrière de la tête portant une profonde entaille. Son corps inerte dans une couverture fleurie a ensuite été placé à l'arrière d'un pick-up.
Une scène qui rappelle la mort de l'ancien dictateur libyen, Mouammar Kadhafi, exécuté par des insurgés alors qu'il fuyait en 2011 la capitale Tripoli.
On ignorait mardi où se trouve le corps et si Saleh aurait des funérailles et une sépulture.
L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch a estimé mardi que l'ancien président yéménite laisse un héritage "sinistre" en raison des "graves abus" et des "crimes" commis sous sa présidence qui s'est achevée en 2012.
Par ailleurs, le fils de l'ex-président yéménite Ali Abdallah Saleh, a appelé mardi les Yéménites à venger son père, dans un discours diffusé par une chaîne saoudienne, Al Ekhbaria.
"Je conduirai la bataille jusqu'à ce que le dernier Houthi soit chassé du Yémen", a déclaré Ahmed Ali Saleh, qui est assigné à résidence aux Emirats arabes unis, alliés de l'Arabie Saoudite dans la guerre contre les Houthis, appuyés par l'Iran.
"Le sang de mon père résonnera furieusement jusqu'aux oreilles de l'Iran", a ajouté le fils de l'ancien président.
Ahmed Ali Saleh a exhorté tous les partisans de son père à "reprendre le Yémen aux miliciens iraniens houthis".

Mercredi 6 Décembre 2017

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