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Les rebelles Houthis contrôlent Sanaa

41 employés d'une chaîne TV détenus par les rebelles




 Les rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, se sont assuré le contrôle mardi de la capitale yéménite Sanaa au lendemain de l'élimination de leur ancien allié, devenu leur adversaire, l'ex-président Ali Abdallah Saleh.
Selon des sources sécuritaires, les Houthis, qui partageaient jusqu'ici le contrôle de la capitale avec M. Saleh, ont pris tous les sites qui étaient tenus par les partisans de l'ex-président quelques heures après sa mort lundi.
Ces derniers développements risquent de faire plonger un peu plus dans le chaos le Yémen, ravagé par la guerre depuis plus de deux ans et en proie à la "pire crise humanitaire au monde", selon l'ONU.
Signe de la dimension régionale du conflit, l'Iran a déclaré que les Yéménites allaient faire regretter leurs actions aux "agresseurs", dans une allusion à l'Arabie saoudite, le grand rival régional de la République islamique.
De son côté, Ryad a dit espérer voir le Yémen débarrassé "des milices terroristes soutenues par l'Iran".
D'allié des Houthis, Saleh était devenu leur adversaire la semaine dernière en dénonçant leur volonté de le marginaliser et en tendant la main à l'Arabie saoudite, à la tête d'une coalition qui combat les rebelles depuis 2015.
Les combats entre rebelles ont été particulièrement violents. Mardi, une porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a donné à l'AFP un bilan d'au moins 234 morts et 400 blessés depuis vendredi à Sanaa.
La capitale yéménite a passé la nuit de lundi à mardi sous les bombardements et les survols intensifs de l'aviation de la coalition menée par l'Arabie saoudite, ont rapporté des habitants.
Aucune information n'a pu être obtenue sur des victimes éventuelles de ces frappes.
Depuis l'annonce de la mort de Saleh, aucun affrontement majeur n'a eu lieu dans Sanaa, hormis quelques escarmouches dans la partie sud de la ville, le fief de ses partisans.
Un haut responsable Houthi, Saleh al-Sammad, avait annoncé tard lundi "la fin des opérations de sécurité et la stabilisation de la situation" à Sanaa.
Il a en même temps confirmé implicitement une campagne de répression contre des proches d'Ali Abdallah Saleh, en déclarant avoir ordonné aux services de sécurité de "prendre des mesures contre les saboteurs et tous ceux qui ont collaboré avec eux".
Le Premier ministre yéménite Ahmed ben Dagher a fait état d'arrestations de membres de l'armée jugés favorables à l'ancien président.
Dans l'après-midi, une manifestation réunissant des milliers de personnes a eu lieu pour célébrer, selon leur chef Abdel Malek Al-Houthi, "l'échec du complot ourdi" par Saleh et une frange de son parti, le Congrès populaire général (CPG).
L'ancien président, qui a survécu à nombre d'attentats pendant sa longue carrière politique, dont 33 ans au pouvoir, est mort à l'âge de 75 ans dans des circonstances mal éclaircies.
Les Houthis ont annoncé sa mort lundi sans la revendiquer. Une information confirmée plus tard par une dirigeante du parti de l'ex-président qui en a fait porter la responsabilité aux insurgés.
Une source militaire a indiqué qu'il était tombé dans une embuscade tendue par des Houthis au sud de la capitale, tandis que d'autres informations ont fait état de sa mort à la suite de combats dans sa maison.
Depuis les Emirats arabes unis, son fils aîné, Ahmed Ali, a publié une déclaration dans laquelle il affirme que son père était mort dans sa maison "les armes à la main".
Des vidéos diffusées par des Houthis ont montré son corps sans vie, les yeux figés et l'arrière de la tête portant une profonde entaille. Son corps inerte dans une couverture fleurie a ensuite été placé à l'arrière d'un pick-up.
Une scène qui rappelle la mort de l'ancien dictateur libyen, Mouammar Kadhafi, exécuté par des insurgés alors qu'il fuyait en 2011 la capitale Tripoli.
On ignorait mardi où se trouvait le corps et si Saleh aurait des funérailles.
La nouvelle donne à Sanaa risque de compliquer un peu plus le conflit au Yémen qui a fait plus de 8.750 morts depuis mars 2015, dont plus de 1.500 enfants, ainsi que 50.600 blessés, en majorité des civils.
Le Conseil de sécurité a appelé mardi "toutes les parties" à réduire le niveau de violences et "à se réengager sans conditions dans le processus politique conduit par l'ONU pour un cessez-le-feu durable".
Le CICR a dénoncé une escalade "sans précédent" des violences ces derniers jours à Sanaa.
"Les hôpitaux de Sanaa qui manquent de fioul pour faire fonctionner les générateurs et de médicaments ont cruellement besoin de notre aide", a indiqué à l'AFP Robert Mardini, un responsable régional.
Par ailleurs, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF) ont demandé mercredi aux rebelles Houthis du Yémen de libérer "immédiatement" 41 journalistes et autres employés d'une chaîne de télévision détenus dans la capitale Sanaa.
Ces personnes travaillant pour Yemen Today --une chaîne affiliée à l'ex-président Ali Abdallah Saleh, lui-même tué par des Houthis lundi-- ont été arrêtées lors d'une attaque contre la télévision samedi.
Un représentant du Congrès populaire général (CPG), le parti de Saleh, a déclaré que certains journalistes ont été transférés dans des prisons, alors que d'autres sont toujours détenus au siège de la chaîne.

Jeudi 7 Décembre 2017

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