Libération




Facebook
Rss
Twitter






Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Les forces irakiennes en passe de remporter la bataille de Tal Afar




La victoire devrait être annoncée avant l'Aïd al-Adha, selon des commandants militaires

Les forces gouvernementales irakiennes, accompagnées d'unités paramilitaires et appuyées par une coalition internationale sous commandement américain, étaient en passe dimanche de chasser le groupe Etat islamique (EI) d'un de ses derniers bastions du pays.
Samedi, une semaine après le début de l'offensive, le Commandement conjoint des opérations (JOC), qui coordonne la lutte anti-EI en Irak, annonçait que les forces irakiennes tenaient désormais "94% de la ville", soit 27 des 29 quartiers du dernier fief du groupe Etat islamique (EI) dans la province de Ninive (nord).
C'est dans cette même province que les jihadistes ont perdu début juillet Mossoul, la deuxième ville d'Irak et leur plus gros bastion urbain dans le pays, située à 70 kilomètres à l'est de Tal Afar.
Après la prise du centre de Tal Afar et sa citadelle ottomane, sur laquelle les forces anti-EI ont aussitôt hissé le drapeau irakien, mettant symboliquement à bas tous les drapeaux noirs des jihadistes qu'elles ont trouvés sur leur passage, les combats se poursuivent.
L'objectif est désormais de reconquérir al-Ayadieh, une localité à 15 km au nord de Tal Afar. Cette bourgade est importante pour les forces anti-EI car elle se trouve sur la seule voie, depuis Tal Afar, que peuvent emprunter les jihadistes pour fuir en Syrie.
Dans le pays voisin en guerre civile, les jihadistes sont présents dans les provinces de Deir Ezzor et de Raqa, leur "capitale" en Syrie dont ils ont déjà perdu plus de la moitié au profit d'une alliance arabo-kurde soutenue par les Etats-Unis.
Samedi en fin de journée, sur l'ensemble de la région de Tal Afar, "1.155 km carrés avaient été repris sur 1.655 km carrés, soient 70% de la zone", a indiqué le JOC.
Dans leur progression, rapide, les forces irakiennes sont aidées par les avions irakiens et de la coalition internationale anti-EI qui pilonnent la région depuis des semaines.
L'avancée à Tal Afar est sans commune mesure avec celle à Mossoul, énorme centre urbain qui était encore densément peuplé à l'entrée des troupes en novembre 2016. Là-bas, les combats, une sanglante guérilla urbaine, ont duré neuf longs mois.
A Tal Afar, au moins dix fois moins peuplée que Mossoul, avec 200.000 habitants avant l'entrée des jihadistes en 2014, la victoire devrait être annoncée, selon des commandants militaires, avant l'Aïd al-Adha, la grande fête musulmane qui sera célébrée le 2 septembre en Irak.
Ces 200.000 habitants, en majorité Turkmènes chiites, ont pour beaucoup fui l'occupation jihadiste à partir de l'été 2014. Alors que les humanitaires se préparaient à un nouvel exode de civils au fur et à mesure de l'avancée des troupes, jusqu'ici le flux de déplacés est ténu, assurent combattants et humanitaires.
Les troupes irakiennes avancent dans une ville fantôme, où ils ne rencontrent qu'une faible résistance des jihadistes, qui répliquent majoritairement par des tirs de snipers à l'arrivée des blindés irakiens, a rapporté un journaliste de l'AFP.
Seules les unités de l'armée, appuyées par les unités paramilitaires du Hachd al-Chaabi --dominé par les milices chiites- combattent encore, tandis que la police fédérale et les unités du contre-terrorisme (CTS) ont annoncé avoir repris toutes les zones qui leur avaient été assignées.
Mais alors que se dessine la fin des opérations à Tal Afar, les forces anti-EI en Irak ont encore deux objectifs.
D'un côté, Hawija, à près de 300 km au nord de Bagdad, dans la province de Kirkouk que Bagdad et le Kurdistan se disputent. De l'autre, trois localités de l'ouest désertique frontalier de la Syrie: al-Qaïm, Rawa et Anna, tenues par l'EI.
Lors d'une offensive fulgurante en 2014, l'EI s'était emparé de près d'un tiers de l'Irak mais il a ensuite perdu beaucoup de terrain.
Mais cette organisation ultraradicale, également en perte de vitesse en Syrie, parvient encore à frapper. Elle a récemment revendiqué des attentats meurtriers en Espagne, en Belgique et en Russie.

Libé
Lundi 28 Août 2017

Lu 722 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.