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Les exportations nationales accumulent les contre-performances

U “ ne situation résultant, particulièrement, des contributions négatives de tous les secteurs, en lien avec l’impact de la crise sanitaire du Covid-19




Les exportations de biens se sont limitées à 140 milliards de dirhams à fin juillet 2020, a annoncé la Direction des études et prévisions financières (DEPF) soulignant une baisse de 17% sur un an.

A en croire l’institution publique, relevant du ministère de l’Economie, des Finances et de Réforme de l’Administration, «cette évolution a résulté, particulièrement, des contributions négatives de tous les secteurs, en lien avec l’impact de la crise sanitaire du Covid-19».

Selon la dernière note de conjoncture de la DEPF (N°283), l’automobile s’est hissé au premier rang des secteurs fortement impactés par la crise sanitaire, avec un chiffre d’affaires à l’export qui s’est rétracté de 28,7% à 32,8 milliards de dirhams.

«Cette évolution résulte, essentiellement, du recul des ventes des segments de la construction automobile (-35,3%), du câblage (-35%) et de l’intérieur véhicules et sièges (- 23,3%)», a expliqué la Direction précisant que la part de ce secteur dans le total des exportations des biens s’est ainsi repliée à 23,4% contre 27,2% un an auparavant.

En dépit de ce recul, il ressort tout de même des analyses des économistes de la DEPF que ce secteur a connu une reprise durant le mois de juillet dernier, illustrée par un accroissement de ses exportations de 18,2% en glissement annuel.

Affectées parla baisse des ventes des vêtements confectionnés (- 34,7%), de celle des articles de bonneterie (-32,3%) et des chaussures (-20,8%), les ventes à l’étranger du secteur du textile et cuir ont, pour leur part, accusé un recul de 29,5% pour s’établir à 15,9 milliards de dirhams.

Il importe de noter que les exportations du secteur de l’agriculture et agroalimentaire ont, de leur côté, accusé une baisse de 4,7% à fin juillet 2020, pour s’établir à 36,5 milliards de dirhams.

Cette contre-performance est liée essentiellement au recul des ventes de l’industrie alimentaire de 6,4%, a expliqué la DEPF faisant savoir, en revanche, que la part de ce secteur dans le total des exportations a gagné 3,4 points passant de 22,7% à 26,1% à fin juillet 2020. Et de constater qu’elle dépasse ainsi le secteur automobile. S’agissant des ventes de phosphates et dérivés, les économistes de la DEPF ont relevé un recul de 4,2% à 28,8 milliards de dirhams, en raison principalement de la baisse des prix internationaux de phosphate.

Il est à souligner que «le secteur de l’aéronautique a vu ses expéditions fléchir de 21,2% à 7,6 milliards de dirhams, sur fond de recul des exportations relatives à l’EWIS (-37,2%) et à l’assemblage (-8,7%)», selon les chiffres publiés dans la note de conjoncture.

La même source relève également que «les exportations des secteurs de l’électronique et des autres extractions minières ont reculé respectivement de 5,6% et 31,2% pour s’établir à 5,6 et 1,7 milliards de dirhams». Tandis que celles des autres industries ont connu une baisse de 18,9% pourse situer à 11 milliards de dirhams.

Comme l’a relevé la DEPF dans sa note,«la conjoncture économique nationale demeure impactée, d’une part, par les implications négatives de la sécheresse et, d’autre part, par la persistance des incertitudes liées à l’évolution de la crise sanitaire qui a frappé de plein fouet la plupart des secteurs économiques et des échanges extérieurs».

Commentant la situation des exportations marocaines à l'ère de Covid-19, le président de l'Association marocaine des exportations (ASMEX), Hassan Sentissi El Idrissi, confiait dans une interview à l’agence MAP : «Nos exportations représentent uniquement 0,15% dans le commerce mondial» soulignant que «deux pays(Espagne et France)s'accaparent la part du lion de nos échanges extérieurs».

Selon les résultats d’une étude sur l'offre exportable réalisée par l'ASMEX, en partenariat avec le ministère de l'Industrie, du Commerce, de l'Economie verte et numérique et l'Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), le Maroc n’est pas présent «sur les grands marchés importateurs bien que nous ayons un grand potentiel dormant principalement au niveau des régions et secteurs», soulignait-il.

Dans cet entretien, réalisé il y a une dizaine de jours, le président de l’ASMEX faisait également remarquer qu’«actuellement, il y a un manque de visibilité certain sur l'ensemble des marchés mondiaux». Et d’ajouter : «Notre principal client, l'Union européenne (UE), est en crise, ce qui a impacté gravement des secteurs comme l'automobile, l'aéronautique, le textile-habillement, le tourisme dont une grande partie est totalement liée à cette région».

Pour Hicham Boudraa, directeur général par intérim de l'Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), «la crise sanitaire Covid19, que nous traversons actuellement, présente de très nombreuses opportunités que notre économie ainsi que nos opérateurs gagneraient à saisir».

Egalement interrogé parla MAP, ce dernier notait : «Les répercussions de la crise du coronavirus ont entraîné une refonte globale des chaînes de valeur partout dans le monde et en particulier dans la région méditerranéenne. C'est le cas des pays de l'Union européenne qui pourraient bientôt commencer à revoir certaines de leurs positions et alliances économiques sur la scène internationale. Dans ce contexte, le Maroc continue de revendiquer un certain nombre d'avantages pour les opérateurs européens».

Selon lui, «malgré des coûts de production assez élevés par rapport aux autres pays asiatiques, le Royaume offre une proximité géographique et une efficacité logistique imbattables». Grâce à son très vaste réseau d'accords de libre-échange (accès direct à plus de 1,3 milliard de consommateurs dans 56 pays), le Maroc se présente comme une plateforme de réexportation vers plusieurs autres pays à travers les cinq continents».

Alain Bouithy

Alain Bouithy
Dimanche 27 Septembre 2020

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