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Les envois de fonds vers la région MENA devraient baisser de 8% en 2020 et 2021


Alain Bouithy
Mercredi 4 Novembre 2020

C’ est une des conséquences de la pandémie de coronavirus. Selon la Banque mondiale, les envois de fonds des travailleurs migrants vers leurs pays d’origine devraient reculer de 14% d’ici 2021 par rapport aux niveaux d’avant la pandémie en 2019. Un coup dur pour de nombreuses familles qui en dépendent. «Les transferts d’argent vers les pays à revenu faible et intermédiaire devraient se replier à 508 milliards de dollars en 2020, en recul de 7%, avant de connaître un nouvel effondrement en 2021, à 470 milliards de dollars (-7,5%)», estime l’institution financière internationale soutenant que les envois de fonds devraient reculer dans toutes les régions en 2020 et 2021. Si l’on en croit la Banque mondiale, le repli serait particulièrement marqué en Europe et en Asie centrale respectivement de 16 et 8%, devant l’Asie de l’Est et le Pacifique (11 et 4%). Mais pas que. Déjà en forte baisse, les envois de fonds vers la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) devraient, de leur côté, baisser d’environ 8% en 2020 et autant en 2021, indique-t-elle dans sa note d’information n° 33 sur les migrations et le développement. La baisse attendue des envois devrait également toucher l’Afrique subsaharienne (9 et 6%), l’Asie du Sud (4 et 11%) et l’Amérique latine et les Caraïbes (0,2 et 8%), souligne le document qui propose une analyse régionale et internationale approfondie. Comme le relèvent les économistes de la Banque mondiale, le déclin des envois de fonds s’explique en grande partie par «l’atonie de la croissance économique, l’insuffisance des niveaux d’emploi dans les pays d’accueil des migrants, la faiblesse des cours du pétrole et la dépréciation des monnaies des pays d’origine des transferts d’argent par rapport au dollar». S’agissant de la région MENA, la baisse prévue des envois de fonds vers cette partie du monde «peut être attribuée à la persistance projetée du ralentissement mondial dû au coronavirus», précise l’institution soulignant que les principaux pays destinataires de fonds connaîtront probablement une baisse des envois de fonds. L’occasion pour la Banque mondiale d’attirer l’attention sur le fait que certaines économies de la région devraient enregistrer une décroissance, à l’instar de l’Egypte (-9%), du Liban (-7%), de la Jordanie (-12%), du Maroc (-5%) et de la Tunisie (-15%). Tout n’est pas pour autant sombre, si l’on en croit les économistes de la Banque mondiale. En dépit du recul attendu des envois de fonds, «les remises migratoires devraient constituer une source de financement extérieur encore plus importante pour les pays à revenu faible et intermédiaire en 2020», affirment-ils dans une note d’information qui dresse un bilan des évolutions par rapport aux cibles des ODD en lien avec la migration. L’institution de Brettons Woods relève à ce propos que «ces transferts ont atteint un niveau record de 548 milliards de dollars en 2019, dépassant les investissements directs étrangers (534 milliards) et l’aide publique au développement (environ 166 milliards)», précisant que les IDE étant appelés à se contracter encore plus nettement, l’écart avec les envois de fonds devrait continuer de se creuser. Dans sa note, la Banque mondiale explore aussi le coût des envois de fonds. S’appuyant sur sa base de données, elle relève que le coût moyen d’un transfert de 200 dollars à l’échelle mondiale s’établit à 6,8% au troisième trimestre 2020, soit à peu près au niveau du premier trimestre 2019 - mais plus du double de l’objectif de 3% à l’horizon 2030 fixé par les Objectifs de développement durable (ODD). Précisons que «le tarif moyen pour l’envoi de 200 dollars vers la région MENA a augmenté au troisième trimestre 2020, à 7,5%, contre 6,8% un an auparavant. Les écarts d’un couloir à l’autre sont très importants : le coût des transferts d’argent en provenance des pays de l’OCDE à revenu élevé vers le Liban continue de dépasser la barre des 10%», selon les chiffres analysés. Plus généralement, l’analyse des données montre que l’Asie du Sud continue d’être la région la moins chère (5%), contrairement à l’Afrique subsaharienne qui détient toujours le record (8,5%). Avec un tarif moyen de 10,9%, les banques restent le canal le plus coûteux devant les bureaux de poste (8,6%), les organismes de transfert de fonds (5,8 %) et les opérateurs de téléphonie mobile (2,8%), constate l’institution financière. Bien qu’ils soient les moins chers, poursuit la Banque mondiale, «les opérateurs de transfert de fonds et les opérateurs mobiles rencontrent des difficultés croissantes, les banques fermant leurs comptes pour réduire les risques de non-respect des mesures de lutte contre le blanchiment d’argent et des normes contre le financement du terrorisme». Enfin, comme le relève Mamta Murthi, vice-présidente de la Banque mondiale pour le développement humain et présidente du comité directeur sur les migrations, «la pandémie de Covid-19 a des effets généralisés, puisqu’elle touche à la fois les migrants et les familles qui dépendent de ces envois de fonds». Face à cette situation, assure-telle, l’institution poursuivra sa collaboration avec ses partenaires et les Etats afin de préserver cette véritable planche de salut et de contribuer au développement du capital humain. 


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