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Les enseignants s'organisent en réseau contre la peine de mort

Propager les principes abolitionnistes et ancrer les valeurs d'égalité, de préservation de la dignité humaine et de rejet de la violence





Le Réseau des enseignantes et enseignants contre la peine de mort a été lancé, samedi, lors d'une assemblée constitutive tenue à distance, en présence d'une pléiade de personnalités politiques et associatives. Au cours de cette assemblée générale constitutive placée sous le thème "Cadres de l'éducation et de l'enseignement au service de la culture des droits humains et de l'abolition de la peine de mort", l’accent a été porté sur le rôle de l’enseignement et de l’éducation dans la promotion des valeurs des droits de l’Homme chez les jeunes. A l’instar des réseaux des parlementaires, des journalistes et des avocats contre la peine de mort, le Réseau des enseignants a pour ambition d’ancrer les valeurs d’humanité et d’humanisme, d’œuvrer aux niveaux national, régional et international pour la lutte contre la peine capitale et de soutenir tous les efforts dans ce sens. Le nouveau réseau entend agir en faveur de la consécration du moratoire sur les exécutions, observé par le Maroc depuis 1993, et de la mise en place d'un arsenal juridique conforme à l’article 20 de la Constitution stipulant que "le droit à la vie est le droit premier de tout être humain. La loi protège ce droit". Il s'agit en substance de propager les principes abolitionnistes et d’ancrer les valeurs d'égalité, de préservation de la dignité humaine et de rejet de la violence. S'exprimant lors de l’assemblée générale constitutive du Réseau des enseignants contre la peine de mort, la présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) Amina Bouayach, a réitéré l'attachement et l'engagement du Conseil à défendre le droit à la vie par tous les moyens légaux, saluant les initiatives nationales contre la peine capitale menées en collaboration avec divers acteurs de la société civile.

Elle a rendu hommage aux cadres de l’enseignement pour leur engagement contre la peine capitale, espérant que davantage de départements et de secteurs intègrent la culture des droits humains et de lutte contre la peine de mort. De son côté, la coordinatrice du Réseau des parlementaires contre la peine de mort, Nouzha Skalli a affirmé que "l’application de la peine capitale n’est pas un acte de justice" et qu’il s’agit "d’un acte révélateur d'un esprit de vengeance et d’une promotion de la violence". Elle a insisté sur le rôle primordial de la famille de l’éducation nationale en faveur de la lutte contre la peine de mort et le renforcement de la culture abolitionniste chez les jeunes, évoquant dans ce sens l’œuvre de Victor Hugo étudiée en première année du baccalauréat "Le dernier jour d’un condamné" qui offre une réflexion approfondie à ce sujet. Nouzha Skalli a dans ce contexte mis en évidence les efforts fournis par le Royaume dans ce domaine, rappelant que la peine de mort n’a pas été appliquée depuis 1993 et que quelque 119 condamnés à mort ont bénéficié de la grâce Royale entre 2000 et 2019. Le coordinateur du Réseau des avocats contre la peine de mort et ancien bâtonnier, Me Abderrahim Jamaï, a quant à lui relevé que l’abolition de la peine de mort nécessite une implication de tous les acteurs concernés, mettant en lumière le rôle de la jeunesse marocaine dans cette dynamique sociétale d’envergure.

Selon l’ancien bâtonnier, la mise en place d'un réseau parlementaire contre la peine de mort a été un évènement historique dans le combat de lutte contre la peine capitale, une initiative qui illustre l’engagement des députés marocains dans la consécration juridique des droits de l'Homme. Pour sa part, le directeur des programmes de l’organisation Ensemble contre la peine de mort (ECPM), Nicolas Perron, s'est félicité des efforts entrepris par la société civile marocaine dans la lutte contre la peine capitale, notamment à travers la création de réseaux de parlementaires, de journalistes, d'avocats et d'enseignants contre la peine de mort. "Le rôle des enseignants et du secteur de l’éducation demeure primordial pour la promotion des valeurs humaines et des droits de l’Homme", a affirmé Nicolas Perron qui a salué la tenue de cette assemblée générale constitutive du réseau des enseignantes et enseignants. "L’abolition de la peine de mort n’est jamais acquise", a-t-il affirmé, notant qu’une grande partie de la population mondiale vit toujours dans un pays dont le système pénal comporte la peine de mort et que "dans les pays abolitionnistes, l’opinion publique doit sans cesse être informée et sensibilisée". Nicolas Perron a souligné que la Coalition marocaine contre la peine de mort (CMCPM) œuvre sans relâche auprès de l’organisation ECPM pour la sensibilisation des jeunes du Maroc à la question de l'abolition de la peine de mort. A l’issue de l'assemblée, l’inspectrice de l'enseignement secondaire Malika Ghabbar qui a été élue coordinatrice du Réseau des enseignantes et enseignants contre la peine de mort, s'est félicitée de la dynamique que connaît la famille de l’enseignement dans le combat de l’abolition de la peine de mort. Dans le monde, 70% des Etats (142) ont aboli la peine capitale de leur législation pénale ou ne l'appliquent plus dans la pratique. De même, huit Etats ne prévoient désormais la peine de mort que pour des crimes exceptionnels, tels que les crimes de guerre ou les infractions au droit militaire, 28 Etats ont aboli la peine de mort en pratique mais pas en droit.

Libé
Dimanche 15 Novembre 2020

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