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Les cryptomonnaies sous le feu des projecteurs

Les escrocs pullulent, prêts à doubler vos Bitcoins plus vite que leur ombre




Les cryptomonnaies sous le feu des projecteurs
Le coronavirus a mis à mal l’économie mondiale. Selon le FMI, nous allons au-devant d’une récession historique en 2020 avec une croissance inférieure aux 2,9% de 2019. Du jamais-vu en temps de paix, nous explique-t-on. D’autant que cette escalade de la décroissance s’accompagne d’une dépréciation de la monnaie et d’une chute libre des cours de pétrole entre autres matières premières. Structurellement ébranlé, des spécialistes des quatre coins de la planète prédisent la fin du modèle économique actuel. Surtout que le système bancaire est à l’agonie.

La cryptomonnaie 
apparentée à une 
arche de Noé


Décriée, stigmatisée et même interdite dans certains pays, la cryptomonnaie tente de se frayer un chemin dans ce chaos économique dont le coronavirus est probablement l’étincelle qui a mis le feu aux poudres. Appelée aussi cybermonnaie, la cryptomonnaie fait de plus en plus d’adeptes à travers le monde, appâtés par la promesse de bénéfices exceptionnels et surtout par l’effet bouclier qu’elle pourrait avoir au cas où le système bancaire tel que nous le connaissons aujourd’hui s’effondre. En prédisant la mort du cash, autrement dit, une dévaluation de la monnaie au point qu’elle ne vaudrait plus rien, les partisans de la cryptomonnaie l’apparentent à une arche de Noé. Pourquoi une telle confiance ? 
Contrairement à l’argent, la cybermonnaie n’est pas créée à chaque fois que quelqu’un veut emprunter comme c’est le cas dans une banque. Le Bitcoin par exemple (8744 dollars US), cryptomonnaie phare et pionnière de l’ère des cryptomonnaies qui a pour vocation de faciliter les échanges de capitaux internationaux sans intermédiaires, permettant des transactions plus rapides et plus sécurisées grâce à la technologie blockchain, est créé selon un protocole garantissant qu’il n’y aura jamais plus de 21 millions d’unités. En clair, sa dévaluation est chimérique car il est impossible d’imprimer ne serait-ce qu’un bitcoin de plus que ce qui était prévu au départ à l’inverse du système monétaire actuel inflationniste. Au Liban, à force d’injecter de l’argent pour contrer les effets de la crise sanitaire sur l’économie, la livre libanaise a fortement été dévaluée. Du coup, pour faire simple, les prix de certains produits ont doublé voire triplé. Un désastre économique accentué par la pandémie résultant sur des manifestations et des aides alimentaires distribuées par l’armée. 

Banalisation de l’usage 
de la cryptomonnaie 


A la lumière de ses éléments, il n’est pas étonnant que la cryptomonnaie se trouve sous le feu des projecteurs. Plusieurs gouvernements y prêtent une attention particulière. En Chine, on se prépare à expérimenter une « cryptomonnaie » officielle. Le ministère de l’Energie ukrainien envisage, quant à lui, d’exploiter l’excès d’énergie produit par ses centrales en ces temps de confinement en le convertissant en cryptomonnaie. Mais si le continent crypto est fascinant, malheur aux naïfs. Les escrocs y pullulent, prêts à doubler vos Bitcoins plus vite que leur ombre ou à vous faire miroiter des profits improbables et supposément garantis. Si bien qu’à l’instar de plusieurs pays, le Maroc a déclaré la guerre aux Bitcoins et autres monnaies virtuelles. Mais cette interdiction n’empêche pas une banalisation de l’usage de la cryptomonnaie dans le pays.
Dans un rapport publié en août 2018, la plateforme Local Bitcoin classe le Royaume à la 36e place mondiale avec un volume de transactions de plus de 6 millions de dollars, depuis l’apparition du Bitcoin en 2009. Au niveau du monde arabe, le Royaume occupe la troisième place avec un volume de transactions important derrière les Emirats Arabes Unis (34 millions de dollars) et l’Arabie Saoudite (24 millions de dollars). D’un point de vue continental, le Maroc est quatrième derrière le Nigeria (258 millions de dollars), l’Afrique du Sud et le Kenya (25 millions de dollars). Mais comment cela est-il possible alors que la cryptomonnaie y est interdite ? 
Qualifiées d’occultes par l’Office national des changes, l’interdiction des cryptomonnaies implique qu’elles ne peuvent pas servir de moyen de paiement. En revanche, elles peuvent s’échanger via la Blockchain. D’ailleurs, cette dernière, élément incontournable dans l’univers de la crypto, est lorgnée par le Royaume et notamment ses projets à usage professionnel. 
D’abord, il faut savoir que la Blockchain est une technologie dont le but est de stocker et transmettre des informations de manière transparente, sécurisée et sans organe central de contrôle. Pas étonnant qu’elle soit l’hôte des cryptomonnaies. Sa grande particularité ? Une architecture décentralisée, hébergée non pas par un serveur unique mais par une partie des utilisateurs. Sans intermédiaire, chacun peut vérifier la validité de la chaîne. Les informations sont protégées par des procédés cryptographiques qui empêchent les utilisateurs de les modifier a posteriori. Plus intéressant encore, la Blockchain permet non seulement le transfert d'actifs (monnaie, titres, actions…) mais aussi la traçabilité des aliments. La chaîne Carrefour est un des précurseurs avec son QR code apposé sur plusieurs types d'aliments (poulet, tomate, oeuf...). Il permet de tout savoir sur l'origine du produit (provenance, nom du producteur, date d'empaquetage...). Et si le Maroc lorgne cette technologie, c’est principalement en termes d’inclusion financière ou dans le secteur de la logistique.  
En tout cas, la cryptomonnaie et donc la Blockchain sont à surveiller à l’avenir. Même si faute de régulation claire, c’est à la communauté d’exposer les projets suspects. Sachant, et encore faut-il le rappeler, que le Maroc a déclaré la guerre aux monnaies virtuelles.

Chady Chaabi
Mercredi 13 Mai 2020

Lu 1217 fois


1.Posté par Omari le 23/05/2020 19:52
Pour associer le "Sestrelle" ( qui se nomme Sestrel en réalité, une Cryptomonnaie politico-spéculative purement francaise) et le Zynecoin c'est que nous n'avez absolument rien compris à ce qu'est en réalité le zynecoin et ses projets,Je me demande si vous avez pris la peine de discuter avec les porteurs du projet zynecoin avant d'associer cela à de l'escroquerie.A mon avis non.

2.Posté par Sestrel3 le 24/05/2020 21:41
Le Sestrel est bien un scam : https://www.sestrel.fr
Le Zynecoin aussi : https://www.zeencoin.com

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