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Les atouts majeurs du Maroc en matière d’énergies renouvelables

Autofinancement des différents projets et programmes et multiplication des bailleurs de fonds


Les atouts majeurs du Maroc en matière d’énergies renouvelables
La crise diplomatique entre le Maroc et l’Allemagne aura-t-elle un impact sur les investissements en matière d’énergies renouvelables ? Oui, à en croire Aziz Rabbah, ministre de l’Energie, des Mines et de l’Environnement, qui a insinué l’existence de cet effet sans clairement l’expliciter.

En réponse à une question orale posée par le groupe socialiste à la Chambre des conseillers sur l’impact des conflits diplomatiques avec nos partenaires européens sur leur  participation dans le secteur de l’énergie, il a déclaré que les circonstances de la pandémie de Covid-19 additionnées à certaines problématiques à caractère politique et diplomatique ont certainement des conséquences. «Mais rien n'est gravé dans le marbre», a-t-il affirmé.

Le Maroc dispose de plusieurs issues et bénéficie de nombreux et divers partenariats », a-t-il affirmé tout en précisant qu’actuellement 12 pays investissent dans le Royaume via 45 entreprises dont 5 marocaines et que des dizaines de pays et des centaines de sociétés cherchent à investir dans notre pays pour différentes raisons (position du Maroc au classement Doing Business, stabilité et sécurité, position géographique, facteurs climatiques).

Qu’en est-il vraiment de la présence allemande au Maroc dans le secteur des  énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique ? «La coopération maroco-allemande remonte aux année 60. Notre pays a été considéré comme une  priorité pour Berlin s’agissant de la coopération technique. Cette présence s’est concrétisée dans les années 90 avec le soutien à notre politique nationale ayant trait à la préservation de l’environnement. 

Il s’agissait d’un soutien institutionnel et juridique en plus de la gestion rationnelle des ressources naturelles (ressources hydrauliques, gestion des déchets, pollution industrielle…)», nous a indiqué une source en sollicitant l’anonymat.  Cet accompagnement s’est effectué grâce à la mise à disposition, par la Banque publique d’investissement KfW, de moyens financiers et de crédits à taux d’intérêt avantageux dans le cadre de la coopération financière allemande. La  concertation avec la coopération allemande au développement durable par le biais de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH, quant à elle, a permis la mise en place d’un réseau regroupant des experts aussi bien allemands que marocains.

Les deux pays ont conclu plusieurs accords dans ce sens. En 2012, il y a eu la mise en place de PAREMA, une plateforme centrale pour le dialogue politique institutionnalisé autour de la coopération énergétique entre les deux pays visant la transition énergétique, notamment en soutenant les efforts du Maroc dans ce domaine afin d’assurer un avenir durable essentiellement basé sur les énergies renouvelables d'ici 2050.

Les thèmes clés du PAREMA ont été le développement des sources de production d'énergie, notamment les énergies renouvelables, les interconnexions électriques, l'extension du réseau ainsi que la stabilité et l'intégration des marchés de l'électricité, l'implication et la coopération des acteurs économiques et l'amélioration de l'efficacité énergétique. Le PAREMA a été reconduit en 2016.

En 2019, un Partenariat énergétique bilatéral a été signé mettant en place quatre groupes de travail assistés par un secrétariat permanent des domaines clés de la sécurité énergétique du Maroc ainsi que la possibilité d’exportation de l’énergie solaire vers l’Europe.

L’ensemble de ces accords a permis de mettre en œuvre divers projets énergétiques, touchant en particulier les ouvrages d’hydroélectricité, les parcs éoliens, l’électrification décentralisée par systèmes solaires, ou encore les programmes d’appui à la vulgarisation en matière d’énergies renouvelables.

«La présence allemande a été observée également au niveau de la région de Souss-Massa où la coopération allemande fournit un appui important. Cette présence dure depuis 40 ans et elle a permis la réalisation de plusieurs projets qui concernent en priorité la population locale », nous a révélé notre source. Et de poursuivre : «Dernièrement, la coopération allemande a joué un rôle important dans la conception et la finalisation du plan territorial de lutte contre le réchauffement climatique dans le Souss-Massa qui vise à atténuer l’impact des gaz à effet de serre et l'adaptation au changement climatique, notamment en déterminant les moyens à mettre en œuvre localement».

A combien s’élèvent les investissements allemands au Maroc ayant trait aux énergies renouvelables ?  L’ambassadeur de la République fédérale d'Allemagne, Götz Schmidt-Bremme, a déclaré,  lors d’un atelier sur le thème "Le rôle des médias dans un futur renouvelable" organisé le 7 novembre 2019 à Rabat, que l’Allemagne a soutenu le Maroc à hauteur de plus de 8,5 milliards de dirhams pour la seule mise en place du Plan solaire national.

A cela s’ajoutent, entre autres, les enveloppes financières pour la réalisation du programme éolien. Il a également révélé que deux milliards d’euros, soit près de 20 milliards de dirhams, ont été alloués à notre pays dans le cadre du soutien de la coopération étroite entre les deux pays en matière d'énergies renouvelables, d'eau et d'économie durable.

En juillet 2020, trois accords d’une enveloppe globale de 701,3 millions d’euros (7,7 milliards de dirhams) ont été paraphés par le ministre de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration, Mohamed Benchaâboun, et l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne à Rabat, Götz Schmidt-Bremme. Ils ciblent  les secteurs prioritaires de développement du Maroc, notamment la promotion des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, le développement économique durable et la gestion des ressources en eau.

Selon le site d’information Hespress s’appuyant sur des données fournies par le ministère des Affaires étrangères allemand, les aides financières allemandes allouées au Maroc sont estimées   à 1,4 milliard d’euros (soit 14,8 milliards de DH). Ces aides sont aujourd’hui gelées à cause de la crise diplomatique entre les deux pays.

A noter que la KreditanstaltfürWiederaufbau (KfW) et la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) demeurent des bailleurs bilatéraux qui apportent un soutien financier considérable au Royaume dans ses efforts de lutte contre les effets du changement climatique. Par ailleurs, la GIZ offre un appui important à notre politique nationale climatique.

Pourquoi l’Allemagne mise-t-elle tant sur le Maroc ?
Selon un document de Konrad Adenauer Stiftung, trois éléments conditionnent le partenariat énergétique maroco-allemand.

Premièrement,  l’emplacement géographique avantageux dont est pourvu le Royaume qui bénéficie, en outre, d’un ensoleillement maximal et de conditions très favorables pour le développement de l’énergie éolienne.

Deuxièmement, de par sa position géostratégique au carrefour de deux continents et de son emplacement avantageux sur les routes commerciales mondiales, le Royaume est bien positionné pour jouer un rôle de hub régional.

Le troisième point, c’est la nécessité d’accompagner l’industrie dans son élan de transformation par une démarche participative qui inclut tous les acteurs, en gardant l’esprit ouvert et en prenant en compte tous les aspects concernés. 

Pourtant, notre source estime que la coopération allemande est motivée par des raisons stratégiques. «Ces dernières années, la question du changement climatique et celle de la migration sont devenues stratégiques pour les pays de l’UE dont l’Allemagne. Ces derniers considèrent depuis 2012 le réchauffement planétaire comme une menace pour leur sécurité nationale. Ils soutiennent que la rareté des ressources  comme l’eau potable ou les terres cultivables pourraient devenir des sources de conflit. Des risques qui peuvent provoquer des déplacements massifs de populations pouvant engendrer la déstabilisation de la paix et de la sécurité notamment dans des régions comme l’Afrique et le Moyen-Orient», nous a-t-elle expliqué. Et de conclure : «Et c’est pourquoi Berlin comme d’autres pays de l’UE tentent via plusieurs projets de participer aux efforts d’adaptation au changement climatique afin de contenir  les menaces potentielles.  Mais ces efforts s’avèrent insuffisants au regard de leur niveau de financement et de transfert des technologies.

A ce propos, il faut noter que le Maroc finance, avec ses propres moyens,  les mesures, programmes et autres projets en matière d’atténuation et d’adaptation.  L’aide extérieure demeure limitée malgré les effets d’annonce dont ceux provenant de l’Allemagne. Ainsi, l’avenir des énergies renouvelables au Maroc est loin de dépendre de la contribution d’un bailleur de fonds unique».

Hassan Bentaleb

Libé
Jeudi 1 Juillet 2021

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