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Les arts et la culture au Québec Une success story structurelle

Une success story structurelle


Libé
Vendredi 26 Novembre 2021

Jeune nation d’environ 8 millions d’habitants, répartis sur une vaste étendue dont plusieurs zones pratiquement inhabitées, le Québec a pourtant réussi le pari de créer un secteur artistique structurellement fort et qui jouit d’une remarquable créativité. A tel point qu’elle ne laisse pas insensible son voisin américain. Preuve en est, Daniel Wakin, journaliste du New York Times, ébahi par le chef d’orchestre québécois Yannick Nézet-Séguin, auquel il a consacré un article pour le moins élogieux, où il vante la capacité du Québec à produire des talents musicaux à l’infini.

Ce tour de force n'est en rien le fruit du hasard. Dans le seul État à majorité francophone du continent nord-américain, le secteur de la culture est roi, érigé comme priorité par le gouvernement Québécois. Dans les faits, la responsabilité du soutien public aux arts et à la culture est partagée entre les administrations publiques fédérale, provinciale et municipale. Plus d’un milliard de dollars par an, soit environ 1 % de son budget total, sont injectés par le gouvernement pour soutenir les arts et la culture.

Ce niveau d’appui financier est quasiment unique en Amérique du Nord. Sa rentabilité sur le long terme n’est pas étrangère à cet état de fait. Les appuis financiers à la culture sont avant tout perçus outre atlantique comme des investissements. Et pour cause, au Québec, la culture est considérée comme une composante essentielle du développement de la société.
Elle est par conséquent intégrée aux dimensions sociale, économique, environnementale et territoriale, de telle manière qu’elle améliore inévitablement la qualité de vie des citoyens.
Au Québec donc, la créativité, le talent et l’imagination des artistes constituent un capital fondamental, par leurs capacités à exceller dans l’innovation, la réflexion et la découverte.

Des recherches et des travaux d’expérimentation et de création qui ont d’une part, de grandes chances d'amorcer des révolutions technologiques, et d’autre part, créer des entreprises qui à terme contribueront à l’économie du Québec. Un plan clair et limpide en trois étapes et qui ne souffre d’aucune approximation. Il faut remonter aux années 1920 pour en connaître la genèse. 

Si la culture est aussi développée au Québec, c’est grâce au premier programme culturel gouvernemental, le plus souvent décrit comme une politique culturelle, porté par Athanase David. Un responsable politique qui croyait dur comme fer à l’apport de la culture dans une société. La politique qu’il défendait avait pour objectif de non seulement institutionnaliser le patrimoine et l’enseignement des beaux-arts, mais aussi la création de musées et le développement de programmes de bourses.

Des décennies plus tard, cette vision a fini par avoir raison des sceptiques qui y croyaient peu ou pas à l’époque. La seconde étape résidait dans la création du ministère des Affaires culturelles par Georges-Émile Lapalme sur le modèle français lancé par André Malraux, en 1961. Le but était de mettre l’accent sur le développement d’infrastructures de diffusion nationales (musées et télévision éducative) et la valorisation des créateurs par divers prix nationaux.

Enfin, la dernière étape, en 1992, passait par l’adoption de la politique culturelle intitulée “Notre culture, notre avenir”. L’adoption de cette politique sur le terrain a permis une meilleure structuration de l’intervention gouvernementale, notamment au niveau du soutien à la création et à la production d'œuvres artistiques et littéraires. Sans oublier d’accorder une grande place à la démocratisation et à la décentralisation de la culture.

C’est ainsi que de nos jours, le secteur culturel québécois est plus que jamais en bonne santé, en dépit d’une crise sanitaire qui n’a que trop duré. La politique culturelle de 1992 a eu pour effet de rendre fondamentale la reconnaissance du mérite artistique et l’amélioration des conditions socio-économiques des artistes et des travailleurs culturels. Une gageure qui ne s’est pas perdue dans les méandres du passé et de l’histoire. Elle est toujours d’actualité.
 
C.C


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