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Les Européens réclament plus de certitudes sur le Brexit

Vers une campagne d'information désordonnée



Les ministres européens ont réclamé vendredi plus de "certitudes" aux Britanniques sur le Brexit, affichant une certaine "nervosité" face au risque d'absence d'accord, avant une réunion sur l'état d'avancement des négociations avec le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier.
"Je resterai optimiste, mais il est difficile d'être optimiste en ces temps difficiles", a lancé à son arrivée le ministre allemand chargé des Affaires européennes, Michael Roth, se disant même "un peu nerveux" face à l'enlisement des discussions avec Londres.
"Le Brexit montre de façon dramatique que le retrait de l'Union européenne ne résout pas un seul problème, mais en crée de nombreux autres beaucoup plus importants", a ajouté M. Roth.
Londres et Bruxelles sont censés parvenir à un accord d'ici octobre pour organiser leur divorce et jeter les bases de leur relation future. Mais les Européens s'inquiètent de l'état des discussions et des remises en cause constantes en interne de la stratégie de la Première ministre britannique, Theresa May.
La Commission européenne a invité jeudi "les Etats membres et les acteurs privés à intensifier leurs préparatifs" en anticipant tous les scénarios possibles, y compris celui qualifié de "rupture brutale", c'est-à-dire sans accord de retrait ratifié.
"Il faut se préparer à une absence d'accord: personne ne le souhaite mais c'est notre responsabilité", a souligné vendredi la ministre française des Affaires européennes, Nathalie Loiseau.
Elle a réclamé "des certitudes" aux Britanniques, en particulier sur l'épineuse question de la frontière irlandaise, le principal point d'achoppement des discussions sur l'accord de retrait. "L'heure tourne, il est déjà tard", a insisté Mme Loiseau.
"Sur ce que sera la relation future, il est trop tôt pour le dire", a ajouté la ministre française.
Dans un récent "Livre blanc" sur la relation future entre le Royaume-Uni et l'UE, Theresa May propose notamment une nouvelle "zone de libre-échange" qui reposerait sur un ensemble de règles communes concernant les biens et le secteur agroalimentaire.
Les projets de la dirigeante conservatrice, contestés dans ses propres rangs, sont reçus avec scepticisme à Bruxelles.
"On n'est pas d'accord avec tout, évidemment, mais même les Britanniques ne sont pas tous d'accord", a résumé vendredi le chef de la diplomatie du Luxembourg Jean Asselborn, estimant que les négociations étaient entrées dans "une phase critique".
"Au moins, c'est quelque chose de palpable sur la table", a observé M. Asselborn.
L'Allemand Michael Roth juge pour sa part qu'il existe "une contradiction" dans ce Livre blanc avec les lignes directrices fixées par l'Union européenne.
"Mais des lignes directrices ne sont pas des lignes rouges", a-t-il ajouté, ouvrant une marge de négociation.
Par ailleurs, les Britanniques vont recevoir à partir de la semaine prochaine des bulletins d'information hebdomadaires du gouvernement portant sur les moyens de se préparer au mieux à un éventuel Brexit sans accord, rapporte vendredi le Times.
Ce bulletin sera adressé aux consommateurs et aux entreprises, alors que le Royaume-Uni se rapproche de la date de sa sortie de l'Union européenne, prévue le 29 mars 2019.
Le plan de la Première ministre britannique Theresa May sur le Brexit propose de négocier les liens commerciaux les plus étroits possibles avec l'Union européenne, mais même si elle réussit à rallier suffisamment de soutiens à ses idées en Grande-Bretagne, elle doit encore obtenir l'assentiment de l'UE, avec laquelle subsistent des points d'accroc sérieux comme celui de la frontière nord-irlandaise.
Cela signifie qu'un Brexit désordonné (sans accord) n'est pas exclu.
En vertu de la campagne d'information à venir, explique le Times, le gouvernement va adresser aux entreprises des informations sur la manière de faire les déclarations de douane. Les vacanciers britanniques souhaitant partir à l'étranger se verront quant à eux conseiller, entre autres, de prendre une assurance-santé pour le cas où les accords actuels avec les pays de l'UE prendraient fin.

Libé
Samedi 21 Juillet 2018

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