Le polisario visé et avisé : Washington met en garde contre toute entrave au processus de paix


Mohamed Jaouad Kanabi
Mercredi 20 Mai 2026

Les séparatistes infléchissent leur position concernant le Plan d’autonomie. Et pour cause !

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Le débat autour du Sahara marocain connaît une nouvelle évolution. Le front polisario a récemment reconnu la possibilité de discuter de l’initiative marocaine d’autonomie, une position qui marque une rupture notable avec son discours traditionnel, historiquement centré sur l’organisation d’un référendum d’autodétermination.
Même si le mouvement séparatiste ne parle pas officiellement d’acceptation du plan marocain, le simple fait d’évoquer cette proposition comme sujet de discussion constitue, pour de nombreux observateurs, un signal politique important dans un dossier longtemps figé.

Depuis plusieurs années, Rabat mène une offensive diplomatique méthodique autour de son initiative d’autonomie présentée en 2007 sous l’égide des Nations unies. Le Maroc défend une solution accordant de larges prérogatives locales aux provinces du Sud tout en maintenant la souveraineté marocaine sur le territoire.
Et progressivement, cette approche gagne du terrain sur la scène internationale.
 
Une dynamique internationale de plus en plus favorable à Rabat
 
Les soutiens internationaux au plan marocain se sont multipliés ces dernières années. Les Etats-Unis, la France, l’Espagne, l’Allemagne ou encore plusieurs pays africains et arabes considèrent désormais l’initiative marocaine comme la solution la plus sérieuse et la plus crédible pour clore définitivement ce différend régional.
Cette évolution diplomatique a profondément modifié les équilibres autour du dossier.

A l’ONU également, les résolutions successives du Conseil de sécurité insistent davantage sur une solution politique réaliste, pragmatique et durable, des termes régulièrement interprétés comme un appui indirect à l’option marocaine.
Dans ce contexte, le polisario se retrouve confronté à une réalité diplomatique de plus en plus complexe. Le mouvement séparatiste peine à maintenir son discours historique alors que plusieurs capitales occidentales renforcent ouvertement leur soutien à Rabat.
 
Le poids du contexte régional
 
Cette évolution intervient aussi dans un climat régional particulièrement tendu entre le Maroc et l’Algérie, principal soutien politique et militaire du Polisario.
La fermeture des frontières, la rupture des relations diplomatiques entre Rabat et Alger ainsi que la compétition d’influence au Maghreb continuent d’alimenter les tensions autour du dossier saharien.
Mais parallèlement, plusieurs analystes estiment que le conflit entre progressivement dans une nouvelle phase diplomatique, où les équilibres internationaux pèsent davantage que les anciens schémas idéologiques.
Le développement économique et infrastructurel des provinces du Sud, les investissements massifs réalisés par le Maroc à Laâyoune et Dakhla, ainsi que l’ouverture de nombreux consulats africains et arabes dans la région participent également à cette nouvelle dynamique.
 
Une bataille diplomatique loin d’être terminée
 
Malgré cette évolution du discours du polisario, le dossier reste loin d’être réglé.
Le mouvement séparatiste continue officiellement de défendre le principe de l’autodétermination et rejette toujours la souveraineté marocaine sur le Sahara. De son côté, Rabat considère désormais l’autonomie comme la seule base possible de négociation.
Mais une chose semble aujourd’hui se confirmer : le centre de gravité diplomatique du dossier évolue progressivement en faveur du Maroc.
Et dans les cercles diplomatiques internationaux, l’idée d’une solution politique construite autour du plan d’autonomie marocain apparaît de plus en plus comme le scénario privilégié pour sortir d’un conflit qui dure depuis près d’un demi-siècle.
 
L’ambassadeur américain réaffirme le soutien de Washington au plan d’autonomie marocain
 
Les Etats-Unis ont haussé le ton à l’égard du front polisario après les récents tirs de projectiles ayant visé la ville de Smara, dans le sud du Maroc. A travers plusieurs déclarations officielles, Washington a dénoncé des actes susceptibles de compromettre les efforts diplomatiques engagés sous l’égide des Nations unies pour parvenir à une solution durable au conflit du Sahara marocain.

L’ambassadeur américain au Maroc, Duke Buchan, a annoncé avoir mené des consultations avec le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU et chef de la MINURSO, Alexander Ivanko, autour du processus de paix dans la région.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le diplomate américain a indiqué que les violences récentes attribuées au polisario avaient suscité une large condamnation internationale. Il a également estimé que « le refus persistant de s’engager sérieusement sur l’avenir du peuple sahraoui menace les avancées du processus politique ».
 
Le plan d’autonomie présenté comme unique voie vers la paix
 
Washington a de nouveau réaffirmé son attachement à une solution politique fondée sur l’initiative marocaine d’autonomie, considérée par les autorités américaines comme une base crédible et réaliste de règlement du conflit.
L’ambassadeur américain a insisté sur le fait que «la paix nécessite des partenaires prêts à négocier pour construire un avenir meilleur», un message interprété comme une pression directe sur le polisario afin qu’il s’inscrive davantage dans le cadre des discussions politiques menées par l’ONU.
Cette position s’inscrit dans la continuité du soutien américain exprimé ces dernières années en faveur du plan marocain, notamment depuis la reconnaissance par Washington de la souveraineté du Maroc sur le Sahara.
 
Une condamnation américaine ferme après l’attaque de Smara
 
La mission américaine auprès des Nations unies avait déjà condamné avec fermeté l’attaque menée contre Smara le 5 mai dernier, estimant que ce type d’action «menace la stabilité régionale et les progrès réalisés vers la paix».
Dans un communiqué diffusé sur la plateforme X, la représentation américaine a déclaré que «ces actes sont contraires à l’esprit des discussions récentes» et appelé à mettre fin à un conflit qui dure depuis près de cinquante ans.
Washington a également rappelé que la résolution 2797 du Conseil de sécurité considère l’initiative marocaine d’autonomie comme une base sérieuse pour avancer vers une solution politique durable au Sahara.
 
Une pression diplomatique croissante autour du dossier
 
De son côté, Massad Boulos a affirmé, lors d’un entretien accordé à Sky News Arabia, que la condamnation des tirs visant Smara faisait l’objet d’un consensus international, arabe et africain.
Le responsable américain a averti que de telles actions risquaient de ralentir les efforts diplomatiques en cours dans la région et de compliquer davantage le processus de paix.
Il a également qualifié la résolution 2797 du Conseil de sécurité de «décision historique» concernant le dossier du Sahara marocain, ajoutant que les Etats-Unis espèrent désormais voir des avancées concrètes conformément aux orientations définies par les Nations unies.
 
Un climat diplomatique de plus en plus favorable à Rabat
 
Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par le renforcement progressif des soutiens internationaux à la position marocaine sur le Sahara.
Au fil des derniers mois, plusieurs puissances occidentales et africaines ont réaffirmé leur appui au plan d’autonomie proposé par Rabat, accentuant l’isolement diplomatique du polisario sur la scène internationale.

Pour de nombreux observateurs, le ton adopté aujourd’hui par Washington traduit une volonté de consolider la dynamique politique actuelle autour d’une solution négociée basée sur l’initiative marocaine, tout en marginalisant les approches susceptibles de raviver les tensions militaires dans la région.

Mohamed Jaouad Kanabi

Mohamed Jaouad Kanabi
Mercredi 20 Mai 2026
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