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Le gouvernement déclare vouloir interagir avec les doléances des syndicats

Les responsables syndicaux réclament la reprise du dialogue social




Le gouvernement fera ce qui est dans son possible pour interagir positivement avec les doléances formulées par les syndicats dans le cadre du dialogue social, a indiqué, jeudi, le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et la Société civile, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi.
Le gouvernement planche actuellement sur la mise en œuvre des Hautes orientations Royales concernant la nécessité de relancer le dialogue social, a-t-il affirmé lors d'un point de presse tenu à l'issue du Conseil de gouvernement, soulignant la volonté de l'Exécutif de s'ouvrir encore plus sur les questions soulevées par les syndicats.
Le ministre a, en outre, ajouté que le gouvernement est conscient de la nécessité de soutenir le pouvoir d'achat, de rendre justice aux franges sociales démunies et de prendre des mesures audacieuses en faveur de la classe ouvrière, car cela aura des retombées sur l'ensemble du cycle économique.
Il a également formé le souhait de voir les partenaires sociaux partager cette volonté pour parvenir à un accord, relevant à ce propos que la relation du gouvernement avec les syndicats n'est ni conjoncturelle ni saisonnière, mais une relation fondée sur le respect et la conviction du rôle des syndicats en matière de médiation sociale. Le gouvernement est concerné pour préserver et renforcer ce rôle, a-t-il dit.
Il convient de rappeler à ce propos que le gouvernement a déjà lié langue avec l’un des partenaires sociaux, à savoir le patronat, sans faire de même avec les syndicats.
Lors de la réunion qu’il a tenue le 7 du mois courant avec la CGEM en présence de plusieurs ministres, et ministres délégués dont ceux de l’Economie et des Finances, de l'Emploi et de l’Insertion professionnelle, des Affaires générales et de la Gouvernance ainsi que du secrétaire d’Etat chargé de l’Investissement, les deux parties ont convenu d’arrêter des mécanismes de travail commun notamment les groupes de travail, présidés par des responsables de la CGEM et du gouvernement, chargés d’assurer le suivi et l’aboutissement des dossiers prioritaires.
En outre et dans le cadre de l’élaboration du projet de loi de Finances 2019, il a été également procédé à la mise en place d’un premier groupe de travail conjoint, devant s’atteler à l’examen des propositions de mesures en faveur de l’entreprise et du climat des affaires.  
Par contre, rien de tel n’a été décidé concernant une éventuelle réunion avec les syndicats pour recueillir leur point de vue et propositions à propos du même PLF. Ce qui a fait réagir certains de leurs dirigeants dont Sadek Rghioui, secrétaire général adjoint de la FDT.
« Le dialogue social est tripartite, à savoir le gouvernement, le patronat et les syndicats. Le gouvernement ne doit pas seulement tenir des réunions avec le représentant des patronats, mais également avec les centrales syndicales avant de préparer le projet de loi de Finances 2019 pour aborder les questions sociales », a-t-il  souligné dans une déclaration à Libé que nous avons publiée dans notre édition du 12 septembre 2018. Et d’ajouter : « Nous voulons que cette année soit exceptionnelle surtout après le discours du Trône », en précisant que la FDT, en concertation avec les autres centrales syndicales, « recourra à toutes les formes de lutte légale pour faire entendre la voix des travailleurs et des fonctionnaires et défendre leurs revendications ».
Dans son discours à la Nation à l’occasion de la Fête du Trône de cette année, S.M le Roi Mohammed VI avait, en effet, invité le gouvernement à instaurer et maintenir «dans la durée et sans aucune interruption» le dialogue social, affirmant que la question sociale retient toute son attention et « l’interpelle vivement à la fois en tant que Roi et en tant qu’homme».
«Je le dis au gouvernement : le dialogue social est un devoir et une nécessité ; il convient de l’instaurer et de le maintenir dans la durée et sans aucune interruption. Et je lui dis également qu’il doit rencontrer régulièrement les syndicats et communiquer constamment avec eux, indépendamment de l’issue éventuelle de ce dialogue’’, a souligné le Souverain.
Pour sa part, le secrétaire général adjoint de la Confédération démocratique du travail (CDT), Abdelkader Zair, a affirmé, dans ce même cadre, que sa centrale attend du gouvernement l'exécution des orientations Royales portant sur l’ouverture du dialogue social avec les partenaires sociaux.
« Le discours du Trône, qui illustre l'intérêt particulier qu’accorde S.M le Roi Mohammed VI aux préoccupations de la classe ouvrière, a lancé un appel au gouvernement pour ouvrir et faire réussir le dialogue social avec les syndicats », a précisé Abdelkader Zair en rappelant que la CDT est « prête » à reprendre le dialogue et une lettre sera adressée au chef du gouvernement autour de la tenue d’une rencontre tripartite, incluant le patronat représenté par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).
 « Jusqu'à présent, nous n'avons reçu aucun signal nous assurant que les Hautes orientations Royales seront exécutées », a-t-il, cependant, fait observer.
« Les salariés attendent avec impatience la rentrée sociale. La situation actuelle est intenable, compte tenu des conditions financières difficiles des familles dues à la coïncidence des vacances d'été avec la fête du sacrifice et la rentrée scolaire", a-t-il noté, ajoutant que cette succession d'événements engageant des dépenses particulières a poussé de nombreux ménages à l'endettement.
L'atmosphère sociale « aurait pu être différente si les revendications des salariés étaient satisfaites », a-t-il poursuivi, en affirmant que « répondre aux revendications matérielles des salariés ne profite pas uniquement à la classe ouvrière mais aussi à l'économie du pays ».

H.T
Samedi 15 Septembre 2018

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